Devenir une belle-mère parfaite …

Ou un beau-père parfait !

Elodie, qui a déjà parlé ici et ici de l’école et des devoirs, nous parle aujourd’hui du beau-parent, son statut dans la famille, sa mission, son engagement vis à vis des enfants.

Bon, vous l’avez bien deviné en lisant ce titre, il n’est pas possible de devenir un beau-parent parfait, pas plus qu’un parent parfait. Comme le dit Bruno Bettelheim, on peut essayer de devenir un beau-parent « acceptable », et ce sera déjà pas mal. Acceptable, c’est-à-dire qu’on va faire de notre mieux, avec notre personnalité, celle des beaux-enfants, et celle de notre conjoint.

famille-recomposee

Attitude du beau-parent face à l’enfant

Quand on commence à devenir un beau-parent, on doit se poser avec son conjoint la question de l’attitude à avoir vis-à-vis des enfants, et ça dépend surtout de leur âge :

– Co-éducation, en accord avec le conjoint
– Accompagnement sans rôle éducatif
– Distance saine

Souvent, on commence par une distance saine, le temps de cerner toutes les personnalités, et les attentes des enfants et du conjoint, et puis ensuite, ça évolue, ou pas !

La co-éducation

Lorsqu’on devient beau-parent et qu’on vit à temps plein avec des beaux-enfants en bas âge, on peut se retrouver rapidement dans un rôle de parent de substitution. Les enfants de moins de 3 ans sont souvent très demandeur, et il s’agit de trouver sa place sans prendre pour autant la place du parent absent. Plus l’ex de votre conjoint est distant, plus vous aurez de place dans la vie de l’enfant, et inversement.

Quand l’autre parent est complètement absent de la vie de l’enfant, les choses sont plus évidentes. Si on en a envie, on peut vite devenir un vrai parent de substitution. C’est le cas chez moi, où mon conjoint participe à l’éducation de mes 2 filles, alors que leur père est complètement démissionnaire. Dans la même idée, j’ai un ami qui vient d’adopter son beau-fils, alors qu’il attend un enfant avec sa compagne. Il s’agit là d’une adoption plénière, puisque l’enfant n’a pas été reconnu par son père biologique. (Vous trouverez ici un lien qui explique la différence entre adoption simple et plénière).

Quand les enfants sont plus grands, ce rôle est le plus compliqué, et il ne peut se produire que lorsqu’une grande intimité s’installe avec les enfants, ou que le conjoint ne s’en sort plus avec ses propres enfants.

France-un-enfant-sur-dix-vivait-dans-une-famille-recomposee-en-2011_article_main

source : Insee / AFP pour La croix

L’accompagnement, sans rôle éducatif

Je dirais que c’est le cas le plus courant. Le beau-parent est présent, et disponible, et agit selon les demandes des enfants. Parfois ils ont besoin de temps pour accepter la présence de ce nouvel adulte, d’autres fois ils sont vite en demande de lien. Mais ce lien est un lien non-parental : le beau-parent se retrouve à mi-chemin entre un mai et un membre de la famille. Il se noue alors souvent un lien de complicité avec l’enfant.
C’est aussi souvent compliqué pour le beau-parent de garder de la distance et de ne pas intervenir dans l’éducation de l’enfant. Toutefois, je crois qu’il ne faut pas hésiter à discuter avec son conjoint quand on constate un vrai dysfonctionnement dans la relation parent-enfant.

La distance saine

Plus les enfants sont grands, et plus on se retrouve dans ce type de relation. On essaie d’instaurer, avec beaucoup de patience et de bienveillance, une relation de respect et de courtoisie avec les enfants. Et le conjoint se doit alors d’être vigilent à ce respect, surtout avec des ados !
Malheureusement, parfois, on voit des situations se dégrader, et la distance peut devenir malsaine, avec une absence de respect l’un envers l’autre, et là je crois que le conjoint a à nouveau un grand rôle à jouer : à la fois le médiateur, et celui qui impose les règles et fixe les limites, aussi bien auprès du beau-parent que des enfants.

Sur le site de psychologies.fr, vous trouverez plein d’informations complémentaires :

On ne devient pas le beau-père ou la belle-mère d’un enfant dès lors que l’on décide de faire sa vie avec l’un de ses parents. « C’est la vie commune du nouveau couple qui instaure la place de beau-parent, explique Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste. Mais sur le plan psychique, l’on devient beau-parent tout comme l’on devient parent : avec l’expérience de cette nouvelle situation. »

Beau-père et belle-mère, l’injustice

Et oui, c’est un constat difficile à avaler, mais être beau-père c’est souvent moins compliqué !

Preuve n°1 : il n’existe pas d’équivalent à « marâtre » ou « belle-doche » et autre noms charmants …

Preuve n°2 : dans les contes de fée, il n’y a que des vilaines marâtres, et de pauvres pères naïfs mais repentants, et MajorMarmotte en parle très bien ici.

Alors, quelle explication à ce phénomène étrange mais pourtant observé ?

Quand on parle à son conjoint

Evidemment, quel que soit le positionnement du beau parent face à l’enfant, ça va demander beaucoup de communication entre les deux adultes, beaucoup de compromis et d’ouverture d’esprit.

Je crois que, en général, il vaut mieux s’abstenir d’intervenir dans les conflits ou les discussions entre les enfants et leur parent. Bien sûr, si le conflit dégénère, on peut essayer d’apaiser les choses, avec un peu d’humour et de dérision, ou en faisant une diversion.

Puis, on peut prendre le temps de discuter tranquillement avec son conjoint, quand la colère est retombée. Et là, il faut prendre de grandes précautions :

sur le jugement qu’on porte sur l’éducation donnée aux enfants : on ne remet pas en question l’éducation, mais on discute de quelques petits points qu’on pourrait peut-être améliorer. Bref, beaucoup de diplomatie !

sur les termes que l’on emploie pour parler des enfants : même s’ils sont horribles, seul le parent biologique a le « droit » de dire du mal de ses enfants. Le beau-parent, lui, doit faire attention à tout ce qu’il dit, surtout pendant les premiers temps d’une relation.

7765942690_la-repartition-selon-l-age-de-l-enfant

source : Insee pour RTL.fr

Quelques adresses de blogs

On trouve beaucoup de blogs de belles-mères, souvent pas très drôles, pleines d’amertumes.

Parce que forcément, quand tout va bien, on n’a pas forcément l’idée de créer un blog pour dire youplaboum mes familles recomposées c’est trop chouette !

beauxparents.fr : un site complet, plein de bons conseils et d’articles variés. des témoignages, un forum, des conseils, et un endroit pour se lâcher quand c’est trop dur ! Et même des petits gadgets comme ceux-là !

badge02 mug02

belle mam’ : mère et belle-mère : Belle-mam’ c’est une fille de 28 ans qui a rencontré son prince charmant et ça l’a transformée en belle-maman. Ensuite, elle est devenue maman. Du coup, elle a eu envie d’écrire pour raconter tous ces bouleversements.

Sur le site des Vendredis intellos, on trouve un article de carpediem qui ne parle pas de beau-parent, mais de non parent, un point de vue très intéressant !

Et ici le récit d’une “heureuse marâtre” pleine d’humour et de joie de vivre !

 

Et vous, vous êtes belle-mère ou beau-père ? Comment ça se passe chez vous ?

Laisser un commentaire via Facebook

6 Comments

  • Marc

    Reply Reply 9 juin 2015

    Une de mes amies me parlait justement du fait qu’elle voulait vraiment être la belle-mère idéale. Je pense qu’elle sera ravie de découvrir ce blog !

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 8 février 2017

    Il est vrai que c’est très compliqué de trouver sa place en tant que beau-parent.

    D’ailleurs si quelqu’un avait la réponse à cette question: “Pourquoi dit-on beau-père ou belle-mère?” Ça m’intrigue.

    Surtout avec des adolescents. Et je me met à la place des couples qui sont obligés de se séparer parce que leurs enfants ne s’entendent pas.

    Ça doit être terrible à vivre. :-/

Leave A Response

* Denotes Required Field