10 astuces pour que les devoirs se passent bien

Elodie, du blog Conseils éducatifs revient sur la question des devoirs cette semaine, en proposant quelques astuces pour que les devoirs se passent au mieux, dans une ambiance légère mais sérieuse. Cet article fait suite au précédent “les devoirs à la maison, ça sert à quoi ?

Il y a des familles où chacun fait tranquillement ses devoirs dans sa chambre, sans que les parents n’aient à le demander. Si si, ça existe, j’en ai vu à la télé.

Mais dans la vraie vie, c’est souvent un moment compliqué à gérer, et ce quel que soit l’âge des enfants. Petits, ils manquent d’autonomie, et plus grands, ils manquent de motivation !

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Ne pas reproduire l’ambiance de l’école

La première idée à laquelle on peut réfléchir, c’est comment travailler sans reproduire les conditions de travail de l’école. Les enfants passent en moyenne 24h par semaine assis sur une chaise face à une petite table sans pouvoir bouger, sauf pour aller tailler son crayon et en silence. Alors, à la maison, on peut essayer de faire différemment :

La posture de l’écolier

  • On peut lire ou réviser une leçon allongé sur le ventre sur un tapis au sol, ou dans son lit allongé sur le dos avec un coussin sous la tête. On peut même lire affalé dans le canapé pour apprendre sa poésie. On sait bien maintenant que la posture assise est loin d’être la meilleure pour le dos, un enfant est fait pour être au sol. Alors profitons-en pour changer un peu.
  • Pour écrire un texte, on peut se mettre à genoux devant la table basse, avec un petit coussin sous les jambes s’il n’y a pas de tapis. Ou encore adossé à un mur avec un support bien rigide sur les genoux pour être stable, ce que les ados adorent.
  • En CP et même après, rien de tel que le moment du bain pour apprendre une poésie. Avec ma fille qui est en CE1, je m’assieds à côté de la baignoire, et elle répète après moi 3 fois chaque phrase, puis les phrases deux par deux, ensuite une strophe entière, et ça va beaucoup plus vite que dans des conditions plus scolaires !

Vous trouverez ici un document en ligne du Ministère de l’éducation nationale sur la bonne posture de l’écolier et le poids du cartable. Sur un site de mobilier scolaire, on explique qu’on a progressivement abandonné les plans inclinés et les tables rehaussées qui donnaient aux enfants une bonne posture, au profit des tables horizontales et chaises à 90°, sur les conseils d’un orthopédiste (Staeffel). Très curieusement ce type de mobilier n’est pas remis en question !

bonne posture

(Source : hephaistos.fr, historique du mobilier scolaire)

Le grignotage

Même si l’enfant a déjà pris son gouter avant, on peut tout à fait lui laisser à portée de main quelques petites choses à grignoter, à condition que ça ne lui salisse ni les mains, ni ses affaires d’école ! Voici quelques exemples, à adapter selon les goûts de votre enfant :

  • Un verre d’eau avec une paille, ou une petit bouteille, ou encore une gourde, c’est le moins risqué
  • Des petits morceaux de pomme avec un petit pic pour les attraper
  • Des morceaux de carotte
  • Ou encore des cubes de fromage de brebis

Bien évidemment, il n’est pas question d’en proposer en grande quantité, pour ne pas lui couper l’appétit avant le diner. Mais ça permet à l’enfant d’avoir une petite pause, une petite distraction entre deux exercices.

La musique

A la place du bruit permanent dans la classe, ou du silence complet, on peut tout à fait travailler en écoutant un peu de musique. Bien sûr, toutes les musiques ne sont pas adaptées, et tant que les enfants sont en élémentaire, il vaut mieux de la musique sans paroles. Vous trouverez ici un article du site psychologie.com qui explique les bienfaits de la musique sur le travail et la concentration.

musique classique

Collection Musique classique pour les enfants, éditions Philips, plusieurs volumes

Au collège, les adolescents arrivent très bien à travailler en musique, et ça leur permet même parfois de mieux s’isoler avec un casque sur les oreilles !

Chanter ses leçons

Une bonne technique pour apprendre par cœur est de chanter sa leçon, sur un air qu’on connait bien, ou sur un air inventé ! Pour pas mal de poésies à apprendre, on trouve souvent une version chantée sur youtube.

Varier les moments de travail

Le temps de l’organisation

Avant de poser des questions et de regarder dans les cahiers, on doit essayer en tant que parents, de laisser notre enfant s’organiser matériellement : où il s’installe, les cahiers dont il a besoin, revoir dans son cahier de texte ou son agenda ce qu’il a à faire.

Faire des pauses

Pendant les devoirs, on peut accorder des pauses de 5 minutes, pas plus sinon l’enfant risque de ne plus se souvenir de ce qu’il a commencé. Pendant ces petites pauses, on a le droit de courir, sauter, chanter, bref de se défouler. A la fin de la pause, on prend une minute pour se recentrer et se souvenir de ce qu’on était en train de faire. Puis on s’y remet.

En moyenne, un enfant de 6 ans peut rester concentré et attentif 15 à 20 minutes, mais bien sûr ça dépend de ce sur quoi il doit porter son attention !

Fractionner le temps des devoirs

On n’est pas obligé de faire ses devoirs immédiatement après le gouter, pour s’en débarrasser au plus vite. On peut tout à fait faire les maths après le gouter, puis se doucher et faire le français, et  seulement après le diner revoir la leçon d’histoire. Et on peut aussi relire ses leçons ou sa poésie dans son lit au moment du coucher, tout détendu dans son lit.

Etaler le travail dans le temps

A partir du CE2, les enseignants annoncent souvent les devoirs à l’avance, un peu comme au collège. Ça permet de s’organiser non plus sur une soirée, mais sur une semaine, et donc d’adapter son temps de travail à son propre rythme.

Il est bien plus facile d’apprendre 2 vers d’une poésie tous les jours, plutôt que tout d’un coup le même soir.

Si ça ne vient pas de l’enseignant, pourquoi ne pas le lui demander lors de la réunion de début d’année, ou même lors d’un entretien entre parent et prof en cours d’année ?

Favoriser l’autonomie de l’enfant

Pendant le moment des devoirs, les parents ne doivent pas se transformer en prof du soir ! L’idée, c’est que les enfants doivent tout pouvoir faire seul, mis à part les enfants en difficulté. Mais même pour ces enfants, les devoirs doivent être adaptés à leurs capacités.

Une distance saine

L’objectif est qu’en 6ème les enfants soient complètement autonomes dans la gestion et la réalisation des devoirs.

Bien sûr, en CP, on reste à proximité, ne serait-ce que pour trouver la page où les devoirs sont notés ! Puis petit à petit on s’éloigne, et on intervient seulement à la demande.

Ma fille aînée, maintenant en CM1, était devenue une experte pour me faire lire les consignes à sa place, sans que je m’en aperçoive ! « Mais j’ai pas compris !!! » Ben oui, c’est normal si tu ne lis pas la consigne J

Quand ça devient trop dur à gérer

Evidemment, ce ne sont pas ces petits conseils qui permettront de résoudre les gros conflits liés aux devoirs. Tout ce que je peux conseiller, si ça devient une source de conflit qui a des conséquences négatives sur la vie de famille, c’est d’abord de feuilleter un de ces 3 livres, qui peuvent devenir un très bon support pour aborder l’école et les apprentissages d’une autre façon.

(Si vous souhaitez vous procurer un de ces ouvrages, vous pouvez cliquez sur les couvertures ci-dessous pour être rediriger vers la page Amzon.fr)

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Si ça ne suffit pas, on peut demander l’avis  du psychologue scolaire, souvent très calé dans ce domaine. Il ou elle connait déjà votre enfant à l’école, donc ça peut-être un bon conseil. Et il n’y aura aucune trace de cet entretien dans le dossier scolaire de votre enfant, tout reste confidentiel.

En dernier recours, et si vous pouvez vous le permettre, un prof particulier ou un étudiant pour l’aide aux devoirs peut permettre de désamorcer les conflits au sein de la famille.


Un dernier mot !

N’hésitez pas à découvrir la méthode extraordinaire de notre ami Matthieu
qui a permis à notre Léo de connaitre « sur le bout des doigts »
toutes ses tables de multiplication… en 2 semaines !!

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23 Comments

  • Merci pour ces conseils, Elodie;
    J’en ajouterai un qui me semble très important et qui est souvent négligé, c’est la lumière.
    L’idéal est de travailler avec son cahier éclairé par la lumière du soleil ou par une ampoule qui imite le spectre solaire (6000°K).
    Cela permet de mieux mémoriser et voir “plus clair”, mieux comprendre.
    Le docteur Lefebure est ainsi passé de cancre quand il était petit à premier de classe, simplement par le fait d’avoir déménagé d’un appartement sombre à un appartement situé plein Sud.
    Etonnant, non?

    • Elodie Bougas

      Reply Reply 3 mars 2015

      Merci Valérie, pour cet apport précieux que j’ignorais complètement ! Et mon appartement étant orienté plein nord, c’est vrai que je suis très sensible à la luminosité que j’y apporte.

    • mél

      Reply Reply 4 mars 2015

      Oui ou simplement aussi parce qu’il avait changé d’école et donc de méthode d’enseignement.

      • Valérie

        Reply Reply 5 mars 2015

        Non, c’était la même école,la même classe et la même année…

  • Emilie Lagoeyte

    Reply Reply 3 mars 2015

    Excellents conseils! Je suis votre blog depuis quelques temps et j’apprécie beaucoup votre démarche, vos points de vue!
    Je crois que je pourrais faire lire votre article aux parents de certains de mes élèves…
    La nature et la quantité de devoirs à la maison sont loin d’être consensuels chez les prof des écoles. Mais côté parents, (et enfants) pas le choix!

    Petit apport personnel: il est prouvé que l’on réalise un travail de meilleure qualité lorsqu’on a un point de vue agréable et si possible sur la nature. Bien entendu, lors des devoirs du soir il fait souvent nuit et on peut alors jouer sur l’ambiance intérieure, ce que vous expliquez parfaitement, mais quand cela est possible, une vue sympa, sur un parc, un jardin, une balconnière fleurie, aide à se sentir mieux pour travailler. Cela est vrai pour les adultes comme pour les enfants!

    A bientôt de vous lire!
    Emilie

  • amepapillon

    Reply Reply 3 mars 2015

    Très bon conseils, on oublie souvent que nous ne devons pas reproduire l’ambiance de l’école au moment des devoirs.
    Surement due au fait que nous souhaitons qu’ils réussissent nos loulous et nous cherchons a faire tellement bien sauf que trop pressions n’aide pas a mieux travailler !!!
    Très bon post. merci

    • Elodie Bougas

      Reply Reply 3 mars 2015

      Et puis les enseignants ne savent pas forcément quels conseils nous donner !

  • nadia

    Reply Reply 6 mars 2015

    ET bien pour mon fils je pense que c un peu tard il est deja au college 1annee il travaille difficilement avec moiet presq pas seul .la psy ne m est pas d un grand secour aucune amelioration apres 4 seances.quels conseils me donnerez vous pour le motiver et favoriser son autonomie& merci

    • Elodie Bougas

      Reply Reply 7 mars 2015

      C’est difficle de vous conseiller comme ça ! D’une part je dirai que 4 séances chez le psy c’est peu, surtout pour un pré-ado. Qu’en pensent les profs ? Quel est son niveau scolaire ?

  • Benel

    Reply Reply 8 mars 2015

    Les vacances sont finies et elle s aperçoit si celle a perdu son cahier d anglais alors que ça fait 2j qu elle se dit travailler ds sa chambre . Je suis partagée entre je contrôle et j enlevé l’ordinateur ou je la laisse faire elle est en 4ème et elle ne sait tjs pas travailler seule !!!

  • Catherine

    Reply Reply 9 mars 2015

    Je suis dans l’ensemble tout a fait d’accord avec ce qui est écrit dans ce post. Un bémol tout de même par rapport au psychologue scolaire. Nous n’avons pas une expérience très heureuse dans ce domaine. Dans l’ancienne école de mon fils, elle le connaissait pour lui avoir fait passer des tests. Face a ses difficultés, elle ne cessait de lui faire la morale, de lui reprocher de ne pas aller à l’école avec entrain puisque de toute façon il n’y avait pas d’autre solution… Elle n’a jamais parlé avec les enseignants malgré mon insistance. Nous avons changé mon fils d’école pour une petite école privée. La psychologue scolaire y est débordée et ne voit que les “cas les plus lourds”… Mon enfant semble ne pas en faire partie et nous voyons un psychologue à l’extérieur essentiellement pour des difficultés scolaires. Les psy scolaires sont en effet débordés, et celle que j’ai rencontrée n’était pas du tout aidante pour mon enfant en grande difficulté… Nous sommes à la limite de la déscolarisation. Aujourd’hui même j’ai vu la directrice et pas de psychologue scolaire en vue…

  • Fufulette

    Reply Reply 17 avril 2015

    Je suis tout à fait d’accord avec Amepapillon qui dit qu’on oublie souvent de ne pas reproduire à la maison l’installation de l’école.
    Pour ma part, il ne m’est jamais venu à l’esprit de faire autrement. 🙁 Je râle parfois après mon fils en CM1 qui se met à genou devant la table basse pour faire ses devoir. Je lui ai dit à plusieurs reprises qu’il avait un bureau dans sa chambre ou qu’il pouvait au moins s’installer sur la grande table du salon…
    Les devoirs ne posent aucun problème à la maison, mais votre texte me fait tout de même réfléchir. C’est vrai finalement, pourquoi serait-il mieux à la grande table qu’agenouillé sur la table basse ? C’est sûr, je réagirai autrement maintenant.
    Les devoirs ont été difficiles à accepter pour lui en CP et CE1. On a essayé plusieurs manières de faire et finalement celle qui lui convient le mieux à lui (et à moi aussi donc le monde est parfait) c’est de goûter juste en rentrant de l’école puis de faire ses devoirs juste après (il n’a jamais beaucoup de choses à faire, ça dure au grand maximum 15 minutes). On a essayé de les faire plus tard dans la journée, mais il ne voulait pas arrêter ses jeux et avait énormément de mal à s’y mettre.
    Merci en tout cas pour cet article qui m’ouvre les yeux.

  • Marcus D

    Reply Reply 14 mai 2015

    J’adore ta publication qui va m’être très utile pour aider mes filles avec leurs devoirs scolaires.

  • Sylvie

    Reply Reply 31 mai 2015

    Salut tout le monde,
    Je suis nouvelle sur ce site qui m’intéresse beaucoup en tant que prof. Mes enfants sont adultes maintenant et ma fille a eu de grosses difficutés scolaires puisque dislexique…Mon fils était très actif comme tout garçon qui se respecte. Ils ont tous les deux très bien réussi à l’université. Nous n’étions absolumnet pas omnubilés par les notes mon mari et moi, mais conscients de leur besoin de jouer et de l’importance du processus d’apprentissage et non juste du résultat.
    Je pense qu’avant de parler de devoirs nous devrions parler de jeu. En rentrant de l’école passer au moins une heure dehors me semble primordial. Jouer en liberté au parc ou dans son jardin. Plus de régles à suivre, ni d’attentes particulières des adultes pendant au moins une heure. Courir, sauter, danser, crier,et l’air frais vont contibuer à produire des endorphines et vos enfants seront calmes et en forme avant de faire les devoirs que la maitresse a donné…ce qui est très différent de “leurs devoirs”. Le jeu et le bien-être ont de grands pouvoirs réparateurs. Il est important d’être à l’écoute et de savoir ce qui s’est passé à l’école pendant la journée. Posez des questions sur la récré, le déjeuner, les amis..le reste sortira dans la conversation. Si quelque chose de négatif s’est produit l’enfant a besoin de réconfort, de se sentir aimé et apprécié comme il est…Il n’y a malheureusement aucune recette miracle. Le plus important est d’accepter nos enfants comme ils sont et de mettre l’accent sur ce qu’ils font de bien un peu tous les jours et de leur montrer que vous croyez en eux.

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 8 février 2017

    C’est certain qu’avec le temps passé à l’école qui est énorme à mon goût (presqu’un temps plein!)

    Le moins qu’on puisse faire c’est ne pas reproduire son ambiance à la maison!

    Ma mère quand elle était petite, préférait faire tous ses devoirs avant le dîner, de cette manière, elle se sentait libérée après, et pouvait profiter de ses soirées.

    En ce qui me concerne, j’ai des souvenirs très pénibles de mes devoirs le soir, car j’avais pas mal de difficultés, et ma mère me grondait très fort, tant le temps qu’elle passait à essayer de me faire comprendre les exercices était long.

    C’était aussi éprouvant pour elle que pour moi. Depuis ce jour, les devoirs sont devenus pour moi une vraie corvée désagréable à faire.

    Et même avec mes futurs enfants, l’idée de les faire me rebute. 🙁

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