Travailler à la maison avec des enfants : 10 conseils de parents confinés

 

Travailler à la maison avec des enfants

 

Travailler chez soi ressemble plus à une lutte qu’à de la danse…

On lutte :

  • pour se concentrer… puis se déconnecter…
  • contre la chaise qui nous déplace les lombaires…
  • contre le frigo qui nous fait de l’oeil…

Les collègues nous manquent…

Les frontières entre le privé et le professionnel sont encore plus floues.

En 2020, le télétravail est devenu une réalité pour beaucoup.

Et cette tendance n’est pas prête de disparaître.

Après tout, les entreprises ont réalisé que le travail continuait d’être fait. Pourquoi louer des locaux au prix exorbitant?

La bonne nouvelle? Le télétravail délibéré vous permettra de continuer à travailler tout en étant plus proche de vos enfants…

Début 2021, Julien, créateur du site Organisologie.com a décidé de créer un guide pour travailler chez soi et est allé à la rencontre de plusieurs parents qui avaient vécu le télétravail confiné avec toute la famille…

Dans les lignes qui suivent, il nous partage leurs recommandations qui vous permettront d’être plus efficace et serein, en travaillant à la maison avec vos enfants.

En avant !

Travailler à la maison avec des enfants : 10 conseils de parents confinés

Quand je le jugerais pertinent, j’ajouterais des conseils et des remarques.

Si vous avez d’autres conseils, utilisez les commentaires pour les partager avec les autres Supers Parents.

Avant de commencer avec le premier conseil, jetez un coup d’oeil aux principales difficultés rencontrés par les parents en télétravail:

Les principales difficultés des parents confinés

Dans les témoignages que j’ai récoltés, la difficulté pour les hommes est de réussir à se concentrer, à s’isoler… alors que pour les mamans, il s’agit de réussir à tout gérer (comme souvent) sans s’oublier elles-mêmes.

Voici quelques passages des témoignages reçus…

“La grosse difficulté (comme souvent) ne vient pas des enfants mais de soi même et de son organisation…être à la maison ne signifie pas : lancer la machine à laver, faire une galette des rois pour le goûter, s’occuper des devoirs…on n’oublie pas qu’on travaille !!!!” – Céline

“La difficulté réside très clairement dans la capacité à s’isoler pour garder un bon niveau de concentration, mais également réussir à réduire les interférences imprévisibles d’un petit enfant.” – Laure

“La plus grande difficulté est d’avoir un temps de travail ininterrompu. Que ce soit l’enfant qui se mette en danger, qui a besoin d’attention, ou juste l’inquiétude parentale qui me pousse à checker si tout va bien (c’est plus puissant que la tentation d’aller voir Facebook ou mes mails, c’est dire !).” – Sébastien

Cela vous parle? J’imagine bien.

Maintenant que le décor est posé, qu’est-ce qui a été mis en place par ces (supers) parents pour les aider à travailler depuis le domicile?

1. Savoir exactement ce que vous devez faire

Pour Sébastien, chef d’orchestre, compositeur et papa d’un enfant de 3 ans, son premier conseil est de savoir exactement quoi faire afin de profiter du temps libre qui est fragmenté.

C’est un conseil qui concerne également ceux qui ont des problèmes de procrastination: si la première chose à faire est de décider entre tout ce qui doit être fait, il n’est pas étonnant de se surprendre à faire d’autres tâches plus faciles…

Comme regarder ses emails et tomber dans les priorités des autres.

Ou faire un tour sur les réseaux sociaux et se retrouver englué bien trop longtemps.

Ma recommandation ?

Le soir, avant de déconnecter, listez dans votre agenda les 3 tâches prioritaires du jour suivant… et assurez-vous de les faire le plus tôt possible dans votre journée. Faites en sorte que ces 3 tâches vous fassent avancer sur les 3 objectifs de la semaine à atteindre.

Vous serez surpris de voir ce qu’une idée simple, appliquée avec régularité et sérieux, peut apporter comme résultat.

2. Organisez vos réunions sur les temps calmes/sieste

Richard, cadre commercial et papa de 3 enfants (dont 1 de 20 mois) semble considérer le rythme circadien de son petit dernier. Il le dit: organiser ses réunions sur les temps calmes/sieste des enfants en bas âge pour assurer la plus grande efficacité de productivité dans les interactions avec l’extérieur.

Son conseil se base sur un élément important à garder en tête: il est important de faire les bonnes choses au bon moment. “Timing is everything”. Et ce bon moment change avec le temps.

Il y a des moments dans votre journée où vous aurez de l’énergie, d’autres moments où vous serez distrait ou fatigué. Apprenez à vous observer, à observer ceux qui partagent votre espace de travail et trouvez le rythme.

Les gens ne changeront pas parce que vous leur demandez. Que ce soit vos collègues ou vos enfants… vous avez beaucoup plus d’influence sur vos comportements.

Si vous devez absolument avancer sur un projet important pour vous, par exemple, la rédaction d’un livre, pourquoi ne pas décider de vous lever avant tout le monde pour écrire 30 ou 60 minutes ?

Mises bout à bout, ces minutes vous permettront d’avancer avec régularité.

3. Élaborez les règles de télétravail ensemble

Ce conseil revient régulièrement à travers les parents qui ont témoigné. Que ce soit Richard… ou Sarah (maman d’un enfant de 7 ans) qui dit : “avoir un planning, le dire et l’expliquer puis le respecter : par exemple, je travaille de 15h à 17h, de 17h à 18h une collation / jeu avec toi, puis je retravaille de 18h à 19h.

Ce conseil ne s’applique évidemment pas à votre bambin de 8 mois… mais vous comprenez l’idée.

Philippe (papa de 3 enfants de 10, 6 et 4 ans) rajoute “il faut mettre en place une bonne communication entre les membres de la famille”.

Que vous le vouliez ou non, c’est dans la nature des systèmes de s’organiser. Si vous ne faites rien, l’organisation par défaut peut vous desservir.

Il est donc important de prendre un moment pour mettre en place des règles et de faire respecter ces règles en le montrant avec vos comportements.

Quand j’étais en collocation (avec 4 adultes), nous avions mis en place un tableau blanc pour gérer le ménage des lieux communs de l’appartement. Dans chaque pièce, il y avait une check-liste expliquant ce qui devait être fait.

Un peu trop militaire?

Un peu trop suisse?

En 2 ans, nous avons eu une seule discussion concernant le ménage mal fait.

4. Gardez des moments pour vous

“Bien sûr, de 17h à 18h mon planning collaboratif affiche non disponible. puis garder des moments d’adulte à soi : yoga, instrument, pot avec des copines, etc.” Sarah, maman d’un enfant de 7 ans.

En temps normal, l’un des effets négatifs du télétravail est l’isolement. Cela pousse des gens à renoncer à ce mode de travail pour retrouver les open-spaces si bruyants. C’est dire !

Mais avec le confinement, là on atteint des sommets ! Il est important de réaliser que c’est encore plus important de trouver des moments pour vous.

De la distance naît le désir. Je le vois dans mon couple. Si vous êtes 24 /24 et 7/7 avec les membres de votre famille… leurs comportements peuvent aussi vous fatiguer.

Pensez à prendre du temps pour vous. En prenant soin de vous, vous pourrez être disponible à 100% pour les autres.

5. Travaillez en mode “deep work”

Pour Philippe, il est important d’avoir dans sa journée des séances de Deep Work.

Une séance de deep work, c’est un moment où l’on va réussir à plonger dans son travail, un moment où l’on ne voit pas le temps passer.

C’est un terme qui a été popularisé par Cal Newport, mais qui est semblable à celui de Mihaly Csikszentmihalyi quand il parle de “FLOW”.

Comment plonger dans une séance de deep work?

  1. Avoir une tâche à réaliser (ni trop facile, ni trop difficile)
  2. S’isoler des distractions (avoir une pièce dédiée, un casque antibruit, les notifications désactivées)
  3. Se mettre au travail pour une durée prédéfinie (par exemple 25 minutes, ou 60 minutes).

Il est important de souligner qu’en mode “deep work” vous faites bien plus de travail qu’une personne qui se fait constamment déranger. C’est la loi de Carlson qui dit “qu’un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois”.

Il est possible de faire en 3 heures de deep work, ce qu’une personne peu disciplinée (ou constamment dérangée) arrive à faire en 8 heures de travail.

Que faire à la suite d’une séance de Deep work?

6. Faites de courtes pauses

Pour Philippe (Papa de 3 enfants), il est important de prendre des pauses pour aller voir ses enfants. Mais même sans avoir d’enfant, il est essentiel de prendre des pauses.

La durée idéale varie en fonction du contexte, du métier, de l’âge. Si vous suivez la méthode pomodoro, l’idée est de travailler sur une seule tâche durant 25 minutes, puis de prendre une pause durant 5 minutes, et de répéter cela 4 fois pour terminer un cycle complet.

Dans une étude de DeskTime, les travailleurs du savoir les plus productifs prenaient en moyenne une pause de 17 minutes après 52 minutes de travail assidu.

Ce qu’il faut retenir ?

Il est important de prendre de VRAIES pauses. Durant ces moments-là, vous pouvez aller voir vos enfants comme le conseille Philippe, mais vous pouvez aussi aller marcher au vert, faire quelques exercices physiques ou simplement flâner.

Mais déconnectez vos neurones.

7. Faites-vous aider

Pas besoin d’être à la tête d’une entreprise ou d’une équipe pour apprendre à déléguer. Et pas besoin d’avoir un revenu mirobolant. Céline, maman célibataire, s’est fait aider par sa maman pour s’occuper de ses enfants.

Et même si vous n’avez pas des membres de votre famille qui peuvent vous aider, il y a toujours moyen de se faire aider par d’autres amis maman… ou papa qui ont des enfants du même âge.

  • Que feriez-vous du temps économisé à ne pas devoir amener vos enfants à l’école une semaine sur deux?
  • Que feriez-vous de l’attention disponible en plus si votre voisin pouvait garder vos enfants quelques heures chaque semaine?

Souvent il suffit de demander, mais beaucoup n’osent pas. Pour vous aider à faire le pas, pensez valeur. Apportez une contrepartie pour les gens qui vous aident.

8. Acceptez que cela ne soit pas parfait

Le perfectionnisme a encore de beaux jours devant lui. Mais c’est quoi le perfectionnisme?

C’est une disposition à ne tolérer aucune imperfection.

Maintenant, si vous chopez des boutons rien qu’à l’idée de faire des erreurs, souvenez-vous de ceci:

  1. Une critique en dit bien plus sur le critiqueur que l’objet de la critique (Nassim Taleb l’a dit).

Si vous doutez de ce que je viens de dire, allez voir les vidéos de votre youtubeur favoris et vous réaliserez que dans les commentaires, il y a des gens qui ADORENT et des gens qui DÉTESTENT. C’est ainsi.

Ainsi, il est important de réaliser que l’erreur est parfois une question de perception.

  1. Dans d’autres cas, l’erreur vous permet d’avancer.

C’est en faisant des erreurs (non fatales) que vous pouvez déterminer si ce que vous faites est juste ou faux.

Prenons un exemple personnel: quand j’étais salarié, je devais fournir au patron de la boîte un compte rendu hebdomadaire de ce que j’avais fait, les obstacles, et les points à discuter lors de notre prochaine réunion.

Un jour, j’ai fait une erreur: j’ai oublié de lui envoyer le compte-rendu hebdomadaire…

Que s’est-il passé?
Rien justement.

Aucun retour.

La semaine suivante, je m’attendais à avoir une remarque de mon patron.

Que s’est-il passé?

Rien étrangement.

Cette erreur m’a fait comprendre que le compte-rendu n’était pas si important…

Depuis que j’ai fait cette erreur, je n’ai plus jamais envoyé de compte-rendu et je n’en ai plus jamais entendu parler.

Pourtant cela faisait des mois que je prenais 2 heures chaque semaine pour écrire ce compte-rendu…

 

Les erreurs ont du bon pour ceux qui savent en tirer profit.

Par rapport aux enfants, comme Laure le dit “Accepter que ce ne soit pas parfait : hé oui, on est des parents qui travaillent. Et on fait au mieux avec les enfants. “Mamannnnnnnnnnnnnnnnn” – “heu chérie, je suis en réunion là !” ça nous arrive tous un jour ou l’autre. Ça apprend la tolérance.”

Et surtout, on ne contrôle pas les autres, que ce soit nos enfants, nos collègues ou nos voisins. On les influence, et cette influence a des limites.

9. Mettre en place des routines

Travailler à la maison avec des enfants

Les routines vous permettent de MONTRER aux autres ce qui est important pour vous. Ce point est souvent revenu dans les différents retours que j’ai récoltés. Les routines créent du rythme en créant une sensation de sécurité (c’est connu familier).

Les routines, ce sont les règles discutées et implémentées dans la réalité.

En plus d’aider les gens avec qui vous vivez à savoir s’ils peuvent venir vous parler ou non, cela permet également de rentrer plus facilement dans un état de concentration adéquat.

Vos routines doivent se trouver entre le besoin de vos proches et vos propres besoins. Cela nécessite donc de l’observation, des tests, un peu de recherche, quelques moments de frustration, mais une fois que tout le monde est synchronisé, tout le monde s’en sort plutôt bien.

Gardez à l’esprit que les routines changent avec le temps qui passe… il faut ainsi les mettre à jour, les adapter, et c’est une caractéristique de la vie en commun: plus vous êtes nombreux, plus cela nécessite des consensus.

Maintenant il y a toujours plusieurs manières de voir la situation: vous pouvez vous plaindre et espérer que la situation s’améliore, ou vous adapter… voire même créer un blog pour expliquer comment vous gérez toute la petite famille en mode télétravail.

Maintenant vous vous demandez peut-être: comment créer des routines qui durent?

Pour ma part, il est important de réaliser que les routines qui apportent le plus de bénéfices ne sont pas forcément celles qui sont le plus visibles.

Je m’explique: certaines routines semblent anodines, mais elles vous permettent de rester stable et serein… par exemple, la routine qui m’a le plus aidée est de déconnecter des écrans à 18h.

J’utilise le logiciel Cold Turkey et je le règle pour qu’il bloque mes ordinateurs à 18h.

Cela me permet ensuite de profiter de mes proches (en soirée) et de m’éloigner des écrans…

Mon sommeil ainsi est d’une meilleure qualité, ce qui me permet d’avoir plus d’énergie le matin… et d’arriver à faire en 3 heures ce que d’autres feraient en 4 ou 5 heures.

L’organisation personnelle ne se trouve pas, elle se crée.

10. Ayez votre lieu dédié au travail

Emmanuelle, Sophrologue et maman de deux enfants (7 et 11 ans) le dit: “Avoir, autant que faire se peut, un lieu dédié. Si une pièce n’est pas disponible, un coin dans le salon, peut être avec un tapis au sol qui délimite l’espace, un endroit que tous les membres de la famille respectent comme spécifique à l’activité professionnelle d’une personne. Et si les 2 sont en télétravail, idéalement avoir un lieu chacun, même dans une pièce commune, mais chacun son espace.”

Avoir un lieu dédié n’est pas synonyme de chambre dédiée. Comme Emmanuelle le raconte, vous pouvez acquérir une table ajustable afin de pouvoir travailler debout, quelques panneaux pour entourer celle-ci et bien délimiter votre zone de travail.

Ajoutez-y un casque antibruit et le tour est joué.

Votre bulle de travail est créée.

Budget? 300 euros (y compris le tapis de sol anti-fatigue, très pratique quand on travaille debout).

Et même si vos enfants sont à l’école, créer un espace de la sorte est une bonne pratique quand on travaille chez soi: cela indique à vous et votre partenaire que vous passez en mode “je tire des lasers par les yeux et je soulève des montagnes“.

Cela rejoint Laure qui dit: “je crois que créer des espaces de travail qu’ils soient “physiques” et “temporels” est la clé. La seule façon de vivre “normalement” est de cloisonner les parties de sa vie même si on est 100% à la maison.”

Travailler à la maison avec ses enfants, douce utopie?

Est-ce possible de travailler à la maison avec ses enfants…?

Pour certains, il s’agit d’une utopie, pour d’autres, un équilibre dynamique qui se construit.

Mon avis ? Les deux camps ont raison.

Mais je suis curieux d’avoir les conseils des supers parents qui travaillent à la maison avec leurs enfants…

Les commentaires sont à vous !

 

Images : Unsplash.com

Laisser un commentaire via Facebook

Leave A Response

* Denotes Required Field