Hypersensibilité : et si ça parlait AUSSI de vous ?

Bonjour, ici Camille, sans Olivier pour cette fois

J’ai découvert ce terme “d’Hypersensibilité” au détour d’articles sur le net, alors que je cherchais encore de nouveaux outils, de nouveaux trucs pour mieux comprendre et aider ma fille aînée, Lou.

Je me demandais sans cesse comment l’aider, l’accompagner encore mieux, elle que je pouvais souvent juger de trop «sensible », « affective », « émotionnelle », « impulsive », « anxieuse », « trop énergique »…

Mais je faisais un gros blocage avec tous ces termes : hypersensible, hyperactif… qui pour moi étiquettent, comparent, emprisonnent, séparent les personnes.

Hypersensibilité et étiquettes

D’un côté il y a le point de vue de ceux qui font de ces termes là une maladie, prêts à vous anesthésier avec diverses molécules chimiques…comme s’il y avait un niveau de « sensibilité » ou d’ « activité » normalisable, universalisable… Est-ce Lou qui est trop sensible ou les autres pas assez ? Est-ce Lou qui est trop active et en mouvement ou moi pas assez ? etc

ET de l’autre le point de vue de ceux qui en font « un don », un truc en plus que l’autre n’a pas, ou une grande qualité … « ah oui mais je suis doté d’une grande sensibilité, je suis mieux que les autres, je sais et comprends mieux que les autres », « Ta sensibilité est un grande qualité, c’est un don »… et là, soit j’entends l’égo qui parle, qui a besoin de se rassurer, soit je ris jaune devant ce « cadeau » empoisonné dont je ne sais que faire.

Jusqu’à prendre le temps de regarder ce qu’il se passait pour moi : « Pourquoi bloques-tu tant et t’enflammes-tu tant quand tu entends parler d’hyper sensibilité ? »,  « Pourquoi cherches-tu tant à calmer la sensibilité, les émotions de Lou? », « En quoi ses émotions, sa sensibilité t’affectent? », « Qu’est ce qu’ils reflètent de tes propres émotions, sensibilité ? ».

Il y a un peu plus d’un an, nous avions commencé à vous partager les magnifiques textes de notre amie Carol Pirotte. L’histoire de Nadia, et de son fils Nathan. Et c’est là que j’ai compris ce qu’il se passait pour moi. Voici un extrait du premier article qui exprime justement ce que je pouvais alors ressentir.

 « Le problème c’est qu’elle a oublié. Elle a fini par occulter ce qui était dur pour elle lorsqu’elle était petite. Cette sensation d’être différente, à l’écart des autres, de ne jamais faire vraiment partie d’un groupe, de ne pas comprendre au juste pourquoi les gens fonctionnent comme ils le font. Pensant qu’elle était bizarre, anormale, voir, dans ses pires jours, totalement folle…
Nadia a occulté toute cette souffrance et elle s’est construit une vie on ne peut plus « normale » tentant de cacher sous des couches et des couches sa différence et la souffrance de se sentir si étrangère aux autres et au monde. Nathan, par l’expression de sa propre manière d’être au monde « haute en couleurs », la confronte dans ses choix et la ramène inexorablement à son propre passé non intégré»
.

C’est pour cela que je bloquais. Parce que pour moi, cette sensibilité, avec laquelle je dois faire, je dois être, depuis ma naissance, était un handicap. Je me sentais, je me voyais comme différente. J’étais traitée et vue comme différente… On ne me racontait pas les choses tristes parce que j’étais trop sensible…On ne me racontait pas certains problèmes ou événements de peur que je réagisse trop fortement… Et j’en étais très affectée, oscillant entre rage et désespoir.

Aujourd’hui je sais que c’est parce que j’étais différente. Je suis différente. J’ai ma façon d’être au monde. Comme chacun a sa propre façon d’être au monde. Aucune n’est moins bien, trop ou moins que l’autre.

Hypersensibilité et acceptation de soi

Je me rappelle avoir longtemps demandé à Carol : « Comment je peux aider ma fille à être moins affectée par sa sensibilité ??! », « Pourquoi je réagis si fortement à sa sensibilité, tantôt exaspérée tantôt trop attendrie, trop protectrice ??! » .

Prendre soin de moi était l’idée principale de ce que je pouvais ressortir de nos nombreux échanges. Prendre soin de ma propre sensibilité.

Alors comment se réconcilier avec soi même pour se réconcilier avec son enfant ? La suite au prochain article dans quelques jours !

Prenez soin de vous…

Camille

 

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7 Comments

  • MALBRON

    Reply Reply 14 juin 2018

    Merci pour cet article intéressant

  • Celine LVS

    Reply Reply 14 juin 2018

    Je me retrouve dans cet article… Je me souviens, à l’époque du primaire et du collège, avoir pensé que j’étais “à part”, “trop sensible”, “différente” des autres…
    Lors de mes premiers déplacements professionnels en avion, j’avais honte de pleurer ou rire en regardant un film… Je m’en voulais d’être aussi émotive et j’avais un peu peur qu’on me regarde de travers… Et puis un jour, j’ai décidé de laisser les larmes couler et les rires sortir. Personne ne m’a regardé de travers (ou alors, je n’y ai pas prêté attention…) et mon voisin, à la fin du voyage, m’a dit : “ça avait l’air bien votre film, je vous ai entendue rire !” ^_^
    Serais-je hypersensible ? Peut-être… En tout cas, j’essaie de vivre avec et d’accepter mes émotions.

    Merci pour cet article ! J’attends le prochain et je vais de suite aller voir la chaîne Youtube de Carol 🙂

    • Oui, osons! Osons le rire. Osons les larmes. Osons nos émotions. Osons nos ressentis. Osons être qui nous sommes!
      Merci Céline pour votre témoignage!!!!

  • Clarisse Baron

    Reply Reply 14 juin 2018

    Merci pour ce chemin vers l’hypersensibilité. De mon côté je ne me reconnais pas dans l’hypersensibilité mais ma petite dernière est une hypersensible à plein régime. Que c’est dur de respecter ses tempêtes émotionnelles qui semblent tellement exagérées. Heureusement ma nièce qui a aujourd’hui 10 ans est elle aussi hyper sensible et cela m’a aidé à respecter et faire respecter la sensibilité particulière de ma puce. Encore du chemin à faire pour que chacun soit et se sente accepté avec sa façon d’être au monde.

    • Bonjour Clarisse,

      Merci pour ton retour. <3
      Cette phrase me parle beaucoup. "Que c’est dur de respecter ses tempêtes émotionnelles qui semblent tellement exagérées". Je me rends compte que si cela a pu m'être difficile parfois d'accepter les tempêtes de Lou, il m'était encore plus difficile d'accepter et de respecter les miennes. Que je ne comprenais pas plus.

      Oui, notre mental a bien du mal à accepter, respecter, quelque chose qu'il ne comprend pas, ou quelque chose qui ne s'active pas en nous... Et pourtant, cela ne veut pas dire que ce n'est pas réel pour l'autre! Souvent, quand ça bouillonne à l'intérieur de moi, je vois bien qu'il ne se passe pas la même chose pour l'autre. Et pourtant, ce qu'il se passe dans mon corps, en moi, est bien réel!
      Au fur et à mesure de mon "travail" sur moi, j'observe que ces tempêtes, sont de moins en moins "destructrices" et "brouillonnes". Je peux de mieux en mieux identifier et exprimer ce qu'il se passe, ce qui s'active en moi, ce que je capte dans ces moments là...Je suis toujours aussi sensible, mais j'en suis moins affectée. Je suis moins "victime" de ma sensibilité! 🙂

      Il y a encore du chemin pour que chacun soit et se sente accepté, relié à l'autre... mais aujourd'hui, au moins, je vois qu'il y a un chemin... et que nous sommes nombreux à le parcourir... et cela me remplit d'espoir!!

  • joelle

    Reply Reply 15 juin 2018

    Bonjour,
    J’ai l’impression que j’aurais pu écrire votre article! car il y a un an, moi aussi je lisais sur votre blog l’histoire de Nadia et de son fils Nathan en faisant des recherches pour essayer de comprendre ma file de 3.5 ans maintenant.Et cette phrase “un enfant hors norme est souvent le miroir d’un parent en souffrance” m’a fait tilt et j’ai tellement pleuré… j’ai compris que non seulement elle était différente, mais que j’étais différente. et qu’on se renvoyait l’ascenseur…émotionnel. Bref, si c’est un peu mieux maintenant, il y a encore du chemin.Je lirais vos articles avec attention!
    De votre côté, avez-vous mis en place des choses particulières?
    Merci à vous !

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