Comment évaluer la situation avant de réagir

Cet article est le deuxième article de notre série « Éduquer Zen ». Après avoir abordé dans le premier article le principe de prévention, nous allons aujourd’hui vous parler de l’importance de savoir « évaluer la situation » avant de réagir.

maman qui crie sur son enfant

 

 

Pourquoi prendre le temps d’évaluer la situation ?

 

Ce que nous (les adultes, les parents) interprétons comme des « bêtises » ou des « mauvaises attitudes » ne sont en fait bien souvent que d’innocentes erreurs de la part de nos enfants. Même si leur intelligence et la vitesse à laquelle ils grandissent nous impressionne, rappelons-nous qu’ils sont dans une phase d’apprentissage permanent… et que c’est notre job, en tant que parents, de leur fournir les informations dont ils ont besoin pour comprendre et évitez ces petites erreurs.

En réagissant trop vite lorsque notre enfant fait une « bêtise », ou qu’il a un « mauvais comportement », nous ratons l’opportunité de découvrir les raisons sous-jacentes de ce comportement. Prendre un moment pour analyser et pour évaluer la situation, nous aidera bien souvent à découvrir ces causes sous-jacentes… et à trouver des solutions pour les résoudre.

La première chose à faire, dans ces moments où nous aurions habituellement pesté, crié ou puni notre enfant, est donc de prendre une grande inspiration et de se poser un petit moment pour « évaluer la situation ».

Prenons un exemple : Votre petit dernier, qui a un an, s’amuse (pour la première fois) à verser du jus d’orange sur le sol. Si vous le « punissez » en vous fâchant, en criant ou en lui mettant une tape ; tout ce que vous obtiendrez, c’est un enfant blessé et désemparé, qui ne comprend pas ce qui a causé votre colère. D’une part il ne sait pas encore que verser du jus d’orange par terre est quelque chose qui ne se fait pas, d’autre part il est trop jeune pour comprendre le concept de la gravité terrestre.

Souvent, lorsqu’ils font ce que nous appelons une « bêtise », les jeunes enfants ne font en fait que répondre à leur curiosité naturelle, à leur besoin de comprendre et d’explorer le monde qui les entoure. Et que ce passe-t-il quand un enfant, en pleine « exploration de son monde », voit sa curiosité réprimandée ? C’est simple, il va se mettre à trouver dangereux ce monde dans lequel il vit ! Ne se sentant pas en sécurité pour explorer, jouer et apprendre, il deviendra moins confiant et plus craintif. Il se sentira aussi soudainement déconnecté de la personne qui d’habitude s’occupe de lui avec amour et le protège : son parent. Quel dommage !

Afin d «évaluer la situation » de manière plus efficace, nous pouvons commencer par offrir à notre enfant le bénéfice du doute ! La prochaine fois qu’il fera quelque chose qui nous dérange, essayons de nous dire qu’il n’a « rien fait de mal », puis prenons un petit temps de réflexion pour essayer de trouver les véritables raisons de son comportement. Dans le cas de l’enfant qui verse du jus d’orange sur le sol, un petit temps de réflexion vous permettrait certainement de vous dire : « Mon enfant est jeune, il semble qu’il soit en train de faire une expérience. Il n’est clairement pas en train de chercher à m’énerver ou de me provoquer “.

bebeCompoteMR

Evaluer la situation pour déchiffrer les causes du comportement

 

Si vous êtes parents de jeunes enfants vous serez surement d’accord avec nous : leurs expériences pour découvrir le monde qui les entoure sont souvent, pour nous, sources d’agacement et d’énervement. Il faut pourtant être conscient qu’ils n’ont généralement aucune mauvaise intention.

Afin que nos enfants deviennent autonomes et sûr d’eux, il est important de leur apprendre qu’il n’y a rien de dangereux à explorer et à expérimenter. Ne leur donnons surtout pas le sentiment qu’ils sont mauvais ou méchant lorsqu’ils expérimentent, même lorsqu’ils font des erreurs. Aidons-les plutôt à trouver des solutions pour réparer ces « erreurs de parcours », et pour leur éviter de les reproduire.

Il est essentiel de s’entraîner à prendre du recul et à évaluer la situation avant de réagir à une attitude qui nous dérange. Car c’est lorsque nous réagissons avec nos émotions, souvent de manière impulsive, que nous regrettons après coup ce que nous avons dit ou fait. Qui n’en a jamais fait l’expérience ? Nos réactions émotionnelles (et impulsives) sont pourtant souvent basée des suppositions : nous supposons que notre enfant essaye de nous « provoquer » et nous réagissons avant même d’avoir pris le temps d’observer la situation de SON point de vue. A réagir trop impulsivement, nous n’avons pas le temps de réaliser que la chose qu’il a faite, et qui nous dérange, n’est souvent que la réponse à son besoin d’apprentissage.

Rappelons nous aussi que ce dont nos enfants ont besoin, avant tout autre chose, c’est de notre amour et notre approbation. Cet amour et cette approbation, ils la mesurent en fonction de « l’attention » que nous leur portons. La raison sous jacente de nombreuses de leurs « bêtises » ou « mauvaises attitudes » est donc aussi, bien souvent, d’essayer d’attirer notre attention.

 

Pour en revenir à l’enfant qui verse du jus d’orange par terre : nous l’avons vu, le gronder ou essayer de lui expliquer le concept de la gravité seraient inutile : il est trop jeune pour comprendre. Une alternative intéressante serait plutôt de le mettre dans la baignoire ou dans le jardin, avec un récipient rempli d’eau (bol, verre ou bouteille en plastique). Il pourra y poursuivre son exploration et découvrir les joies des liquides et de la gravité dans un environnement où il ne risquera pas de vous causer du stress. Ce qui nous ramène d’ailleurs au principe de prévention que nous avons évoqué précédemment. Vous pourriez par exemple lui dire : “Et bien, on dirait que tu es en train de découvrir quelque chose d’intéressant. Et si nous poursuivions ton exploration dehors (ou dans la baignoire) pour que maman ne soit pas obligée de nettoyer le sol à chaque fois ? »

Prendre un moment pour évaluer la situation au lieu de réagir impulsivement peut donc vous permettre de comprendre les causes du comportement de votre enfant (il expérimente quelque chose ou cherche à attirer votre attention dans la plupart des cas)… et vous donne le temps de réfléchir à la meilleure façon de réagir.

Maman Zen

Le principe de l’évaluation en 4 étapes

Apprendre à « évaluer la situation avant de réagir » n’a donc que du positif. Soyez cependant bien conscient que tout ne se fait pas en un jour et qu’il faut du temps et de la patience pour apprendre à maitriser nos réactions impulsives (surtout si, comme nous, vous êtes de nature « sanguine »). Une chose est claire en tout cas : plus vous serez calme et posé… plus vos enfants le seront aussi. N’oubliez pas que nous sommes leurs modèles et que bien souvent, leurs attitudes ne sont que le reflet des nôtres !

Alors la prochaine fois que vous serez tenté de crier, de gronder ou de punir votre enfant, pourquoi ne pas essayer d’appliquer ces quatre étapes :

1- Respirez un grand coup avant de réagir et prenez un moment pour évaluer la situation.

2- Faites preuve d’empathie : essayez de vous mettre à la place de votre enfant et de comprendre la raison qui l’a poussé à faire ce qu’il fait (cherche-t-il à explorer quelque chose qu’il ne connaît pas, à attirer votre attention etc.). Rappelez-vous que tout est nouveau pour lui, qu’il est jeune, innocent, et que tout ce qu’il souhaite c’est votre amour et votre attention.

3- Si c’est d’attention dont il a besoin, lui en donner. S’il expérimente quelque chose, lui proposer de poursuive son exploration d’une manière qui ne risquera pas de vous causer du stress.

4- Dans les deux cas, expliquez-lui calmement qu’il a fait quelque chose que vous ne voulez pas qu’il fasse, et pourquoi vous ne voulez pas qu’il le fasse.

 

En ce qui nous concerne, nous essayons au maximum d’appliquer ce principe. Mais pour être honnête avec vous, quand le plus grand embête sa sœur, que celle-ci pique une cirse et que la petite dernière de quelques semaines se met à pleurer parce qu’elle a faim… c’est parfois compliqué ! Tenter de déchiffrer les raisons qui ont poussées nos enfants à faire certaines choses est en tout cas un automatisme que nous avons pris et qui nous permet de gérer plus sereinement bien des situations.

Nous espérons en tout cas que vous testerez cette méthode et que vous nous ferez part de vos expériences en laissant un commentaire ci-dessous.

 

A propos des Auteurs de ce blog :

Camille et Olivier sont les heureux parents de 3 merveilleux bambins. Ils se sont donné pour mission de leur proposer le meilleur en termes d’éveil et d’éducation… et de devenir des “Supers Parents”.
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19 Comments

  • Rémi

    Reply Reply 30 octobre 2011

    Merci pour cet article.

    Pour les enfants comme pour tout d’ailleurs, i lest important de comprendre ce qu’i lse passe, le pourquoi du comment avant d’agir et .. faire n’importe quoi :).

    A bientôt.

  • Camille et Olivier

    Reply Reply 2 novembre 2011

    En effet Rémi ! Pourtant cela demande de l’entrainement à bon nombre d’entre nous 🙂
    Avec le temps et l’expérience (de la vie), on apprend à moins réagir impulsivement.
    Merci de votre contribution.

  • D’excellents conseils comme d’habitude.
    On les retrouve dans les derniers livres que nous lisons aussi de notre côté.
    Pour rebondir sur votre conclusion, en effet, lorsque nos 3 “crisent” en même temps de réagir “correctement”.
    D’autant plus qu’en ce moment nous sommes très fatigués, irrités et sans patience (heureusement pas tout le temps) et forcément on s’en veut une fois que le ton à monté ou que les punitions sont tombées, car en y repensant on se dit “étais-ce si grave que cela ?”.

    Tiens pendant que je vous tiens, comment gérez-vous les situation de “le grand embête tout le temps le moyen” (6ans/3ans) et ça pleure tout le temps… et inversement. C’est “je t’aime moi non plus”. Ils peuvent jouer ensemble sans rien faire puis tout à coup c’est l’escalade à celui qui embêtera le plus l’autre. C’est très très fatiguant à terme, et ça se termine toujours en remontarance, cris et punitions. Pourtant on les coach tout le temps.

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 13 novembre 2011

      Ho oui que c’est fatiguant ces chamailleries incessantes entre frères et sœurs. Et encore, nous ne les vivons pas au quotidien, Léo, le grand (demi) frère de Lou et Lili, n’étant avec nous que pour les vacances et quelques week-ends.
      Pour être franc Franck, nous n’avons pas encore trouvé de solutions; mais c’est clairement un des sujets auxquels nous souhaitons nous attaquer très prochainement. Stay Tuned 😉

  • Tiens je lis en ce moment “J’arrête de ra^ler”, j’en ferais une fiche de lecture sous peu.

  • maigrir

    Reply Reply 15 novembre 2011

    Les conseils donnés sont géniaux. Mais soyons réalistes, dans le feu de l’action il est parfois dur de prendre le temps d’analyser la situation et de réagir en gardant “la tête froide” 🙂

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 7 novembre 2012

      C’est une question d’entrainement et de volonté… avec le temps on y arrive de mieux en mieux. Pas à tout les coup 😉 mais de mieux en mieux.

  • Biovalam

    Reply Reply 15 octobre 2012

    Bonjour,

    Je viens de découvri mon site. Il est très bien et j’adore votre style. Pour réagir sur le sujet, moi mon problème c’est que j’ai CONSCIENCE que ce n’est pas fait pour m’énerver ou me provoquer quand ma puce de 2ans renverse son jus le matin avant de partit. je SAIS que c’est un accident mais le résultat est le mène la colère pointe son nez… Donc j’ai trouvé une solution (testé une seule fois pour le moment) : avant de passer à table, je rapelle qu’on tient son verre à 2 mains et ensuite, je positionne une lavette de microfibres sèche près de chacune de mes puces. Si l’une d’elles renverse, elle frotte. Quand je les vois si désireuse de réparer, ma colère s’envole et je termine de nettoyer…

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 7 novembre 2012

      Non seulement les enfants ADORENT réparer eux-mêmes leurs “bêtises”, mais en les laissant faire, vous renforcez aussi considérablement l’estime qu’ils ont d’eux même (ce qui est de nos rôles les plus importants, en tant que parents) !
      Votre solution est donc aussi astucieuse qu’elle est bienveillante (envers vos enfants)… bravo !

  • marie anne

    Reply Reply 21 avril 2013

    Juste un petit reglage a mon gout, dans votre article vous dites “pour que maman ne soit pas obligée de nettoyer le sol à chaque fois ?” mais l’enfant qui a eu un geste maladroit, ou une aventure miraculeuse avec un verre d’eau ou encore un apprenti chimiste dans la cuisine, je lui explique que peut etre il ne sait pas mais ça ne se fait pas, que la prochaine fois il saura que c’est une “betise” et que dans tous les cas on reparera ENSEMBLE son erreur!pour moi ça marche tres bien et avec mes enfants et avec ceux que je garde!pas de grands maux ni de grands mots, juste un moyen de “reparer”…j’espere etre sur la bonne voie!

  • Mélanie

    Reply Reply 12 mai 2013

    alors pour un enfant de 1 an qui met ses mains dans l’eau du chien pour clapoter, on lui amène une bassine d’eau dehors ok ça c’est fait. Mais si il recommence à mettre les mains dans l’eau du chien quand il pleut dehors, faut quand même lui interdire non ? Parce que là ma fille est en phase de découverte et sa mamie n’est pas fan de super parents elle voudrait que moi je gueule, que je fasse des non définitifs sans explication, que je la félicite pas quand elle découvre un truc alors ça m’aide pas tout ça, please help

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 31 août 2013

      Hello Mélanie,
      Souvent en effet, le regard des autres (proches, famille etc.) est lourd à supporter… surtout lorsqu’il n’adhèrent pas à notre philosophie de la parentalité.
      Nous devrions prochainement écrire un article proposant plusieurs pistes. pour mieux vivre ces situations.
      A très vite

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 7 février 2017

    L’exemple du jus d’orange est vraiment intéressant!
    Décidément on n’arrête pas d’apprendre des tas de choses sur ce blog. 🙂

    Merci beaucoup Camille et Olivier! 🙂

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