Instruction en famille et parentalité positive

Cet article a été écrit par Marion Billon, du blog Les Enfants Avenir.

Je me présente

Je suis maman de deux petits unschooleurs : Tilouann 7ans et Loon 3 ans. J’ai une formation de professeur des écoles, une formation en pédagogie Montessori et j’ai fait un cycle de parentalité créative. Je suis également accompagnante en instruction en famille, blogueuse professionnelle et bergère. Si vous voulez en savoir plus, c’est par là !

Instruction en famille et parentalité positive

Ce n’est pas parce que nous choisissons de déscolariser nos enfants que nous avons tous les outils pour être des parents bienveillants.

En effet, cela peut être très déstabilisant de se retrouver sans cesse avec ses enfants, de s’occuper d’eux en permanence. On se retrouve confronté à des situations qui réveillent en nous des émotions fortes telles que la colère, la tristesse, la frustration. Le sentiment d’impuissance face à une situation peut entraîner ces émotions.

Qui de mieux que nos enfants pour appuyer sur les boutons qui nous font « virer dans le rouge », « péter un câble » ?

C’est pourquoi il ne faut pas négliger la dimension émotionnelle de l’instruction en famille. En effet, il est très dur de donner ce qu’on n’a pas eu à nos enfants ! Rares sont les parents qui n’ont pas été à l’école.

Pourquoi l’instruction en famille ?

Quand le choix de l’instruction en famille est devenu une évidence pour nous, c’est qu’en fait nous avions reconnu que nos besoins d’enfant n’avaient pas été pris en compte. Nous n’avions pas été écoutés. Et ça, je peux vous assurer que ça remue !

Je me souviens le matin, lorsque j’étais enfant, c’était une véritable torture pour moi de me réveiller ! Et puis de me forcer à manger alors que je n’avais absolument pas faim : «Allez, mange un peu ! ». Et quand enfin arrivait midi, quelle angoisse de rentrer dans cette cantine bruyante, avec des dames qui nous hurlaient dessus toutes les cinq minutes !

Je me souviens également de cet instituteur qui attrapait ce pied que je mettais constamment sous mes fesses et me soulevait par ce dernier. Et de ces interminables heures à rester assise pour écouter des choses que je n’ai pas retenues et qui ne m’ont jamais servie !

Que dire de ces cours de récré bondées, bruyantes, où il fallait rivaliser pour se faire des amis, ou encore des toilettes où les autres enfants regardaient sous les portes pendant que j’y étais…

Tous ces souvenirs sont remontés, petit à petit, à la surface, comme pour me mettre face à l’évidence : mes enfants n’iront pas à l’école ! Et moi, je quitte mon travail ! (J’étais professeur des écoles, oups… )

Guérir nos maux d’enfants

Ça, c’était la première étape. Puis est venue la deuxième (forcément) ! Avec la fatigue, l’arrivée du deuxième bébé, mes peurs face à la déscolarisation et au choix d’unschooling que nous avions fait (avec ma formation ou plutôt mon formatage, j’ai été la plus dure à déscolariser !), je ne me reconnaissais plus par moment. J’étais comme une cocotte minute : à la moindre occasion, contrariété, je criais, je pleurais…

Je me suis alors demandé si nous avions fait le bon choix, si ce n’était pas pire pour mes enfants que l’école !

Et puis j’avais ce sentiment de me sacrifier, de m’oublier, de ne plus avoir de temps pour moi. J’ai conscience que ces termes sont un peu durs, mais c’est vraiment ce que je ressentais. Je faisais la forte, la convaincue, mais au fond de moi je ne me sentais pas bien.

J’ai alors commencé à travailler sur moi. Au fil des rencontres (rien ne se fait par hasard) j’ai pris conscience de certaines choses. J’ai fait un cycle de formation en parentalité créative. Je me suis découverte, j’ai appris à voir ma vulnérabilité. J’ai reconnu mes besoins et j’ai pris conscience que dans la famille, tout le monde est important. Tous les membres ont le droit à une place. Les besoins de chacun doivent être pris en compte. La communication non violente peut s’appliquer à tout le monde. Et la parentalité positive également : ainsi nous prenons soin de nos enfants et également de notre enfant intérieur ! Je développe un peu plus ce point dans cet article.

L’importance de la place de chacun

Ce n’est pas parce que les enfants ne vont pas à l’école qu’ils ont une place privilégiée dans la famille. Bien sûr, en tant que parents, nous sommes là pour répondre à leurs besoins. Oui, mais tout en écoutant les nôtres également. Sinon un déséquilibre se crée, une frustration et un mal-être. Et c’est à ce moment-là que nous pouvons devenir blessants, humiliants envers l’autre, envers ses enfants.

Je pense qu’il est important de définir un cadre à l’intérieur duquel chaque membre de la famille à la place d’évoluer, d’être entendu et écouté.

En ce qui nous concerne, nous avons tenu un conseil de famille, ou chacun a énoncé ses besoins. En tant qu’adultes nous avons veillés à ce que les besoins de nos enfants soient tous énoncés, même ceux auxquels ils ne pensaient pas.

En résumé :

  • Notre grand a besoin de voir des copains. Il ne veut pas dormir tout seul. Il aime qu’on lui lise des histoires. Il a besoin de passer des moments sans sa sœur. Il n’aime pas être séparé de ses parents (il est hypersensible et ça l’angoisse).
  • La plus petite a besoin de dormir avec un de ses deux parents, elle adore être avec son frère. Elle aime passer un maximum de temps dehors. Elle commence à demander de voir des amis. Elle a un grand besoin de câlins et veux participer à tout ce qu’on fait ! (La cuisine, la douche, aller aux toilettes avec moi :op, aller chercher le pain, s’occuper des animaux…)
  • Rico (le papa) a besoin de moments passés en couple. Il a besoin d’écoute. Il lui faut du temps pour faire les travaux et n’aime pas qu’on lui dise comment faire les choses.
  • Moi j’ai besoin d’indépendance, de temps pour travailler. J’aime aussi partager des choses avec mes enfants. J’ai besoin de retrouver mon corps rien que pour moi (la petite tète encore) de temps en temps.

Nous avons mis un planning en place avec des couleurs, des noms… Nous faisons garder les enfants de temps en temps, je dors deux nuits par semaine seule… Bref je ne vais pas tout vous énumérer, mais il y a du temps et de la place pour chacun. Ça demande une organisation au départ, puis ça devient plus naturel de prendre soin de chacun.

Les conseils de famille peuvent ainsi avoir lieu dès qu’un membre sent un besoin non assouvi ou dès que des tensions ont lieu.

Par moment les enfants passent avant nous et puis à d’autres moments c’est l’inverse. Quand nous travaillons l’été en bergers, il leur arrive de devoir se réveiller seuls et de prendre leur petit déjeuner seuls pendant que nous soignons les brebis (nous sommes juste à côté, quand même !).

Le réservoir affectif : à remplir régulièrement !

Ainsi, nous prenons garde à toujours avoir notre réservoir affectif plein, en tout cas pas complètement vide. De plus pour les enfants c’est un véritable apprentissage : ils voient leurs parents faire de leur mieux pour prendre soin d’eux-mêmes et ainsi se rendent compte que s’aimer soi-même et se respecter est la base de tout.

Quand il m’arrive de me mettre en colère, j’ai conscience que c’est une partie de moi qui est blessée et que ça ne vient pas de l’extérieur et du coup pas du comportement de mes enfants. J’arrive à le leur expliquer et ainsi ils en prennent conscience également et leur confiance en eux n’est pas entamée. Bien sûr ça ne m’empêche pas de faire attention à ne pas diriger ma colère vers eux ou à m’éloigner si besoin, mais je trouve que c’est déjà très important dans notre relation.

Pour moi, la parentalité positive est une composante de l’ief, je dirais même plus, il me semble que la parentalité positive est un prérequis pour une vie sans école harmonieuse.

Et inversement : il me semble que lorsqu’on se penche sur la bienveillance, l’écoute des besoins physiologiques de nos enfants, il arrive un moment où l’on se questionne sur le système scolaire et où l’on pense à une éducation différente pour nos enfants... mais ça Camille et Olivier sont bien mieux placés que moi pour y répondre.

Marion, Les Enfants Avenir

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