Apprendre à distinguer les besoins et désirs… pour responsabiliser et favoriser l’autonomie de vos enfants !

Voici nouvel article d’Anaïs qui explique parfaitement la différence entre besoins et désirs… et l’importance d’apprendre à nos enfants à les distinguer !

 À la fin de l’article, Anaïs vous propose aussi un super outil pour les aider (et vous aider aussi) à « prendre soin des désirs »… un outil génial que personnellement, nous allons nous empresser de mettre en place !!

 

Parmi toutes les demandes et les sollicitations que nous font nos enfants, il n’est pas toujours simple de savoir quelle attitude adopter en tant que parent.

Je vous propose de découvrir une règle d’hygiène relationnelle issue de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, qui consiste à faire une distinction entre désir et besoin. La mise en œuvre de ce critère pour répondre aux demandes des enfants permet aux parents de se positionner plus facilement face à leurs sollicitations et de proposer un véritable accompagnement vers l’autonomie.

Qu’est-ce qu’un besoin ?

Le besoin concerne la survie et le combler nous permet tout simplement d’être en vie.

Les enfants, jusqu’à un certain âge ne peuvent combler par eux-mêmes leurs besoins, ce sont donc leurs parents qui sont chargés d’y répondre.

Les besoins sont de plusieurs ordres, en voici des exemples :

  • besoins physiologiques : manger, boire, dormir…
  • besoins affectifs : attention, câlins, tendresse…
  • besoins relationnels : se dire, être entendu, être reconnu valorisé.

Le rôle des parents est de combler les besoins de leurs enfants, jusqu’à ce qu’ils soient en mesure d’y parvenir par eux-mêmes. C’est l’apprentissage de l’autonomie : tous les actes de l’éducation parentale visent à ce que l’enfant puisse un jour subvenir par lui-même à ses besoins.

Donc face à un besoin de notre enfant que nous identifions comme tel, il y a nécessité d’y répondre dans un délai assez bref.

(À lire sur le sujet l’article « Les 16 besoins fondamentaux de tous les enfants »)

Qu’est-ce qu’un désir ?

Le désir a une dynamique bien différente. Il est moteur de notre existence, sa présence est nécessaire, mais pour autant il n’exige par d’être comblé.

En effet, je vous invite à réfléchir quelques instants à vos désirs : de quoi rêvez-vous ? Un voyage, une voiture, un nouveau travail, un projet ? Ces désirs sont porteurs de croissance, ils nous poussent à vivre plus loin. Pourtant, nous ne réaliserons sans doute pas tous nos désirs. Il peut y avoir des désirs non réalisables ou simplement certains que nous n’inscrirons pas dans la réalité.

Pour nos enfants, c’est bien sûr la même chose. Il est bien normal et signe de bonne santé que nos enfants aient plein de désirs. Et, vous l’aurez compris, contrairement aux besoins, les parents ne sont pas en charge des désirs de leurs enfants. Il n’est donc pas nécessaire ni souhaitable de répondre favorablement à tous leurs désirs.

différence Besoins et désirs

Les désirs ont avant tout besoin d’être entendus ! Si ma fille souhaite que je lui achète ce jouet très cher, et que ce désir provoque chez moi un malaise, le risque est grand de disqualifier son désir en disant « tu n’en as pas besoin, tu as déjà plein de jouets comme celui-ci, c’est beaucoup trop cher. » En réagissant ainsi, je dévalorise son désir, comme s’il n’était pas légitime… alors qu’en réalité c’est moi qui suis mal à l’aise. Ce n’est pas parce que ce désir ne me plaît pas ou que je ne suis pas en mesure de le combler qu’il est mauvais.

Face à un désir formulé par votre enfant, je vous invite à :

1) Proposer votre écoute et à témoigner ainsi du respect envers ce qu’il exprime : « oui, j’entends que tu as le désir de ce jouet ».

2) Permettre à l’enfant de verbaliser son imaginaire : les désirs font partie de l’imaginaire, très fertile chez les enfants. Ils ont besoin d’être entendus. Pouvoir demander à son enfant : « comment tu imagines que ce serait d’avoir ce jouet ? » est un vrai cadeau à faire. Laissez lui dire tout ce qu’il imagine. Ce qui est assez incroyable (et je vous invite vraiment à tester cette écoute), c’est que le simple fait d’être entendu dans son désir est parfois suffisant pour l’enfant. Il est possible qu’il ne vous réclame plus le jouet.

Parfois, les désirs de nos enfants sont seulement une manière pour eux d’attirer notre attention, de demander notre écoute et de tester notre capacité à nous positionner. Parfois aussi, le désir vient simplement d’un besoin de rêver. C’est d’ailleurs pour cette raison que, lorsque nous répondons rapidement au désir de notre enfant en le comblant (par exemple, en achetant immédiatement ce jouet), nous constatons parfois que l’enfant s’en désintéresse très vite.

Avoir un désir ne signifie pas obligatoirement vouloir sa réalisation !

3) Si ce désir est vraiment important pour lui, demander à l’enfant et ce qu’il serait prêt à faire pour le réaliser : Nous apprenons ainsi à l’enfant que c’est bien lui qui est en charge de ses désirs, tout en étant encadré et aidé par ses parents le cas échéant pour passer à l’étape réalisation.

Cela signifie que nous pouvons en tant que parents combler certains souhaits de nos enfants, à certaines occasions (Noël, anniversaires…), mais que nous ne satisferons pas tous leurs désirs.

Plus l’enfant grandit, plus il va être capable de combler par lui-même ses désirs, en économisant son argent de poche par exemple. Pour les plus petits, ce sera plus difficile, mais nous pouvons tout de même les impliquer dans la réalisation de leurs désirs : « Qu’est-ce que tu serais prêt à faire, toi, pour ton désir de chat ? » Vous constaterez par vous-même que cette façon de responsabiliser l’enfant va lui permettre de mettre toute sa créativité et ses ressources en marche vers son désir.

Un outil pour prendre soin des désirs : la boîte à désirs

Je vous invite à proposer à vos enfants et à faire également pour vous-même une « boîte à désirs ».

Dans cette boîte personnelle, l’enfant pourra écrire ou dessiner tous ses désirs. Il leur fera ainsi une place. De temps en temps, vous pouvez proposer à votre enfant de regarder dans sa boîte à désirs, afin de savoir si tous ceux qui sont dans la boîte y ont toujours leur place. En effet, le propre d’un désir est qu’il est éphémère. Certains désirs sont comblés, d’autres passent et disparaissent. Cela est valable pour les adultes aussi, c’est pourquoi je vous recommande de vous faire votre propre boîte à désirs.

Pour les désirs qui demeurent présents, alors vous pouvez aider votre enfant à savoir ce qu’il serait prêt à faire pour les réaliser… au cas où il souhaite les concrétiser, et lui donner le coup de pouce nécessaire, si vous êtes en accord avec ce projet.

Je vous invite à expliquer cette différence désir/besoin à vos enfants et à leur apprendre à s’occuper de leurs désirs grâce à la boîte à désirs. Vous les guiderez ainsi vers l’autonomie et la responsabilisation et leur permettrez d’avoir confiance en eux.

Ici, nous avons décider de se créer une boite à désir « commune », que chacun peut venir consulter quand bon lui semble… Non seulement on pourra, comme l’explique Anaïs, faire le trie parmi nos propres désirs, mais aussi jeter un œil aux désirs des autres… histoire de voir si on ne peut pas contribuer à en combler quelques-uns.

Du coup, nous avons transformé la jolie boite à mouchoir qu’a récemment confectionnée Lou pour sa maman… en notre nouvelle « Boite à désir » :

Boite à désirs

Cet article a été rédigé par Anaïs EUVERTE, Consultante et formatrice en relations humaines et auteur du blog http://www.blog-espere.com/. Retrouvez tous les articles d’Anaïs en cliquant ICI !

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12 Comments

  • Christelle

    Reply Reply 14 septembre 2013

    Cet article est vraiment très intéressant. J’essaierai de faire attention à faire la différence entre ces deux notions si proches! L’idée de la boite à désirs est formidable, je vais la mettre en application.
    Merci Anaïs

  • J’ajouterais que derrière chaque désir il y a un ou des besoin(s) à combler. Si je découvre le ou les besoin(s) cachés derrière le désir, je pourrai ainsi les combler sans nécessairement répondre directement au besoin. Le désir risque alors fortement de disparaître, car l’essentiel sera comblé.

  • Camille et Olivier

    Reply Reply 24 septembre 2013

    Merci pour cette précision Stéphane ! Nous serions ravis d’avoir quelques précisions.
    Que cache comme besoin un désir de jouet lorsqu’on passe a coté du rayon au super marché, ou de bonbons lorsqu’on va à la boulangerie acheter du pain ?
    Merci par avance et à très bientôt

    • Sophie

      Reply Reply 5 octobre 2013

      Bonjour,

      Je me permets de répondre, non pas au nom de Stéphane, mais parce que je me sens en accord avec Stéphane. Avec une nuance tout de même, dans la mesure où chaque désir ne comble pas OBLIGATOIREMENT un besoin mais qu’il est toujours intéressant de vérifier.
      Comment le vérifier? En se posant la question: “comment je vais me sentir quand j’aurais ce que je désire? Avoir ou faire ceci ou cela, me permettra d’ÊTRE quoi?”, et si ça fait WAOUW en dedans, c’est un besoin. Si ça ne fait rien de spécial, il s’agit d’un simple caprice (et donc l’objet du désir, une fois obtenu n’aura plus d’intérêt pour longtemps, car un caprice est passagé).
      Donc, pour répondre à Camille et Olivier, on ne peut pas directement répondre à votre question, dans la mesure où le désir (de jouet) appartient à l’enfant et par conséquent, on ne peut savoir s’il répond à un besoin ou à un simple désir, ou désir-caprice. Entendez que quand j’emploie le terme de caprice, ce n’est pas péjoratif où on l’entend à tout bout de champ quand l’enfant pleure un peu trop au goût des adultes…Je l’emploie simplement pour apporter encore une nuance au désir et signifier que l’on a droit à assouvir nos caprices, il faut juste être conscient qu’ils ne répondent pas à un besoin réel.
      Sophie

    • Ça dépend de plusieurs facteurs. Par exemple, ça peut être un besoin de contrôle, de pouvoir. L’enfant teste son contrôle sur ses parents. Je demande (ou j’exige) et j’obtiens ou non. Besoin d’amour et l’objet représente pour l’enfant un gage d’amour. Ou encore un besoin d’identification, d’appartenance: ses amis ont le même. besoin de stimuli chez un jeune enfant: le jouet est attrayant, couleurs vives. Besoins de s’imaginer, décortiquer le monde: un dinausaure-jouet… On pourrait sûrement relier le jouet à plusieurs autres besoins en cherchant un peu. On peut même faire le même cheminement avec un adulte: Celui qui veut une voiture comme son voisin ou plus luxueuse que son voisin, c’est pas un caprice, c’est un besoin de pouvoir, d’identification, d’appartenance. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est le besoin, c’est lui qu’il faut combler. Bonne journée.

      Stéphane Vincelette – Estimedesoi.net

      • Sophie

        Reply Reply 6 octobre 2013

        BOnjour Stéphane,

        J’ai été étonnée à la lecture de votre commentaire. C’est intéressant d’échanger car cela permet de s’enrichir et de connaître les différents points de vue. Etonnée car en réalité, selon mon point de vue, le pouvoir et le contrôle ne sont pas des besoins. Je pense personnellement, qu’ils traduisent des peurs non exprimées et donc cachent des besoins (ETRE) non comblés.
        Le besoin d’identification et d’appartenance sont fondamentales, c’est sûr.
        Au plaisir d’échanger nos pensées.

        Belle journée à tous
        Sophie

        • Effectivement le pouvoir et le contrôle sur autrui sont reliés à un besoin de sécurité (donc malgré tout reliés à un besoin). Par contre, le pouvoir et le contrôle sont de réels besoins selon William Glasser (thérapie de la réalité). Il s’agit à ce moment d’un besoin de pouvoir et de contrôle sur sa propre vie et non sur celle des autres. C’est directement relié à la responsabilisation de soi. Il demeure plus facile de se responsabiliser et d’assumer ses gestes lorsque j’ai le sentiment d’être d’en être l’auteur que lorsque j’ai le sentiment que c’est “les autres” qui dominent ma vie, mes choix et les événements qui m’arrivent.

          Pour y arriver, je dois “tester” ce pouvoir, ce contrôle. L’enfant le fera en premier avec ses parents. D’où l’importance pour les parents d’apprendre à bien se positionner et ainsi faire cheminer son enfant dans la bonne direction.

          • Sophie

            6 octobre 2013

            MERCI pour ces apports! Je ne connaissais pas. Je vais m’intéresser à cet auteur et ce que vous nommer comme thérapie réaliste.

            Belle soirée.
            Sophie

  • Charlotte

    Reply Reply 14 janvier 2017

    Ce que l’enfant teste et qui correspond bien à un besoin (de sécurité) c’est la solidité du monde des adultes, et la possibilité de leur faire confiance. Ce monde adulte met des tonnes de jouets et de bonbons exprès là où les enfants passent avec leurs parents, les tentant en permanence, leur imposant l’apparence d’un monde régi par les désirs. Les parents doivent être fortiches pour affirmer, en mots mais surtout par leurs comportements, que non les désirs ne sont pas des besoins et qu’ils ont raison et sont plus forts que les supermarchés etc… Bon courage et au plaisir d’échanger avec vous

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 6 février 2017

    J’ai remarqué que les désirs des enfants sont parfois (voir souvent) des “caprices” pour tester leurs parents, et voir justement jusqu’où ils seraient prêts à aller pour satisfaire leurs désirs.

    Malheureusement quand les parents comblent toujours très vite leurs désirs, les enfants en redemandent alors tout le temps après.

    Ils demandent même des choses dont ils se fichent complètement parfois. :-/

    C’est une manière pour eux de dire à leurs parents: “Hé ho! Mais tu ne t’en rend même pas compte que je m’en fiche de ce que tu m’offre!”

    J’avais entendu cela dans l’émission “Super Nanny” avec Cathy. 🙂
    Et ça devient un cercle vicieux, parce que plus l’enfant demande en espérant ouvrir les yeux de ses parents, plus les parents obtempèrent pour faire cesser les “caprices” de leurs enfants. 🙁

  • Julien BLEEN

    Reply Reply 11 mai 2018

    Bonjour et merci pour cet article qui soulève un point important, qui je pense entraine forcément une meilleure éducation s’il est bien compris par les parents (et évidement c’est encore mieux si les parents arrivent à bien le faire comprendre à leurs enfants).

    Pour revenir à cette distinction désir/besoin: je dirais que le désir est à la fin ce que le besoin est au moyen. Un enfant désire rester en vie (même s’il n’en a pas conscience) et a besoin de manger (boire, etc.) pour y parvenir. Je vous invite à lire cet article (ça sort du contexte « enfant » mais le principe est là): https://penser-pour-evoluer.fr/articles/le-besoin-au-service-du-desir.php

    Un désir peut aussi servir à combler un besoin, dans le sens où il peut y avoir des moyens plaisants d’y parvenir (exemple : un enfant qui demande à ses parents de faire des frites au repas). Mais même dans ce genre de cas, il y a toujours un désir-fin qui justifie l’existence de ce désir-moyen.

    Julien BLEEN

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