Lou et Lili

Lou et sa petite soeur Lili

Ca y est, la petite Lili vient de faire son entrée dans la famille ! Nous en profitons donc pour vous faire part de nos recherches sur les chamboulements que l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur représente pour le ou les ainé(e)s… et pour vous dévoiler quelques astuces qui permettent de passer cette étape en douceur.

Si pour nous les adultes, devenir « grand frère » ou « grande sœur » ne peut être qu’une joie et une fierté, l’idée de devoir désormais tout partager (l’amour et le temps des parents, les jouets etc.) est au contraire bien souvent une source d’angoisse pour les ainés. Malgré leur impatience de découvrir ce nouveau-né dont ont leur a tant parlé, ils sont souvent déçus face à ce bébé qui « ne sert à rien », qui crie toute la journée, ne sait même pas jouer et accapare l’attention de ses parents.

Pour le plus grand en effet, ce qu’on donne au bébé, on lui a pris à lui ! Du coup, tous les moyens sont bons pour attirer votre attention : régression, jalousie et agressivité envers le nouveau-né sont fréquentes et sont des réactions tout à fait normales. Il faut généralement de 4 à 6 mois pour que chacun trouve sa « nouvelle place » dans la famille. Il faudra donc vous armer de patiente et surtout faire comprendre au plus grand que votre cœur ne se partage pas entre lui et son petit frère ou sa petite sœur : il s’est agrandit pour pouvoir donner autant d’amour à l’un comme à l’autre.

Notez bien que les conseils proposés dans cet article sont principalement destinés aux parents dont le ou les ainé(e)s ont entre 2 et 4 ans au moment de l’arrivée du nouveau-né dans la famille.

 

Avant l’arrivée du petit frère ou de la petite sœur :

Quand le lui annoncer ?

Entre 2 et 4 ans, votre enfant maîtrise mal le concept de temps et il ne sert à rien de lui annoncer la nouvelle trop à l’avance. Inutile cependant de lui mentir s’il sent que « quelque chose a changé ». Il risquerait d’ailleurs de se sentir trahi s’il l’apprenait par quelqu’un d’autre que vous ou à travers une « gaffe » (vous entendre en parler au téléphone par exemple). Lui en parler au début du second trimestre de grossesse est un bon compromis.

Comment le lui annoncer ?

Choisissez un moment calme et expliquez-lui les choses le plus simplement possible : « papa et maman ont fait un bébé, tu vas bientôt avoir un petit frère/une petite sœur ». A nouveau, sa notion du temps n’étant pas très précise, aidez-le en lui donnant des repères du type « le bébé arrivera un peu avant Noël » ou « à la fin des grandes vacances »…
D’autre part, la croissance du fœtus dans le ventre de maman étant un concept difficile à concevoir pour lui, inutile de l’emmenez aux échographies. Parlez-lui de son futur petit frère ou de sa petite sœur comme d’un véritable bébé (il en a forcément déjà vu) dont il va pouvoir s’occuper, avec qui il pourra jouer.

Comment le préparer ?

En lui lisant des histoires sur le sujet, en discutant avec lui de son copain ou de sa copine « qui a déjà un petit frère » ou « qui va bientôt avoir une petite sœur » ou en côtoyant un bébé de votre entourage : les enfants comprennent mieux les choses s’ils peuvent les relier à la réalité.
N’oubliez pas que chaque enfant réagit différemment : certains seront très enthousiastes alors que d’autres seront totalement indifférents. Tous comprendront en tout cas que leur quotidien va changer et auront tendance à ressentir un sentiment d’abandon à vous voir vous affairer pour préparer l’arrivée du bébé. Sentiment qui se renforcera quand le bébé sera vraiment là. A vous de le rassurer en lui expliquant qu’il y a au moins une chose qui ne changera pas : votre amour pour lui !
Un moyen ludique de l’aider à assumer son futur rôle d’ainé(e) est de l’impliquer dans les préparatifs de la chambre du petit frère ou de la petite sœur : vous pouvez par exemple le laisser décorer la pièce ou ranger les jouets du bébé.

Le nouveau-né doit-il, à la naissance, « apporter un cadeau » à son ainé ?

Après l’accouchement, famille et amis viennent généralement les bras chargés de cadeaux pour le bébé, ce qui n’est pas forcément évident pour le ou les ainé(e)s. Les avis divergent sur l’attitude à adopter :
- Certains préconisent d’expliquer au plus grand que c’est « chacun son tour », que ce n’est pas parce que les uns ont des cadeaux que les autres doivent systématiquement en avoir aussi.
- D’autres proposent que le bébé apporte un petit cadeau à son ainé(e), qui lui-même aura pu lui faire un dessin (voir la vidéo du Docteur Lionel Rossant plus bas).
Pour l’arrivée de Lou puis de Lili nous avons optés pour la seconde… et vous ?

 

Quand le bébé est là :

Comment gérer ses régressions :

Au retour de maman et de son nouveau-né, votre aîné(e) angoisse : il a peur de « perdre sa place »… dans la famille comme dans votre cœur. Pour ne pas qu’on l’oublie, il va donc tout faire pour attirer votre attention, face à ce bébé qui l’accapare presque totalement. Il va transgresser les règles, faire plus de bêtises que d’habitude et bien souvent il va régresser, persuadé que vous n’aimez plus que les bébés. Ces attitudes, qui généralement ne durent pas, sont une sorte d’appel : « Hé ho je suis là ! Moi aussi je sais faire le bébé. Regardez moi, occupez-vous de moi ! ».
La régression se traduit généralement par un retour au biberon, à la tétine, au pouce, par la demande incessante « des bras » ou par des accidents au niveau de la propreté, si elle avait déjà été acquise (pipi au lit etc.).

 

Ce qu’il est conseillé de faire

- Ne paniquez pas, régresser est une réaction parfaitement normale !

- Ne le grondez pas, soyez compréhensifs et patients : en s’apercevant que vous êtes toujours comme avant, ces comportements cesseront d’eux même.

- Vous pouvez donc le laisser régresser pendant quelques temps : redonnez-lui par exemple biberon et/ou tétine en lui faisant bien comprendre que c’est un jeu, qu’il « joue à être un bébé », mais que le jeu ne durera pas.

- Ne cédez cependant pas à tout : soyez ferme par exemple s’il veut dormir dans votre lit ou téter au sein de maman.

- Montrez lui des photos de lui bébé, racontez lui sa naissance. Cela l’aidera à comprendre sa place dans la famille et à réaliser qu’il est désormais « le grand ».

- Valorisez-le en lui expliquant que, contrairement à lui, le bébé ne sait que crier et pleurer pour s’exprimer, mais que dans quelques temps il deviendra un petit garçon ou une petite fille avec qui il pourra jouer… et qui a beaucoup de chance d’avoir un grand frère comme lui / une grande sœur comme elle.

- Si l’aîné(e) n’est pas encore propre, attendez encore un peu avant de passer de la couche au pot, il a beau être « le grand », il ne peut pas tout faire en même temps Sourire!

 

Comment gérer sa jalousie et son agressivité :

La jalousie de l’aîné(e) est elle aussi parfaitement normale : le bébé, cet intrus, accapare toute l’énergie de maman et papa alors qu’il ne sait faire que dormir et manger ! Pire : il ne sait même pas jouer… alors que vous lui aviez promis un futur compagnon de jeu.
L’ainé(e) expérimente à ce moment de sa vie, souvent pour la première fois, le sentiment de « colère », qui se traduit souvent par de l’agressivité envers le bébé : les « je n’aime pas le bébé » ou « tu ne t’occupe plus que du bébé, je le déteste » sont fréquents.
Sachez aussi que la jalousie et l’agressivité ne s’expriment pas forcément dès les premières semaines; elles peuvent n’arriver qu’au bout de quelques mois. Restez vigilent et rappelez-vous qu’il finira par aimer naturellement son petit frère ou sa petite sœur, quand il découvrira que vous n’avez pas changé à son égard et que vous l’aimez toujours autant.


Ce qu’il est conseillé de faire

- Aidez-le à exprimer son hostilité, posez « des mots sur ses maux » (ça vous rappel quelqu’un? J) : « tu es en colère contre le bébé parce que tu crois que nous l’aimons plus que toi, mais tu n’as pas à t’inquiéter : nous vous aimons tous les deux ».

- Faites lui bien comprendre qu’il a le droit de ne pas être content de l’arrivée de ce bébé, qu’il a le droit de ne pas l’aimer, mais qu’il n’a pas le droit de lui faire du mal. Là aussi, mettez des mots sur ses émotions : « Tu as le droit d’être en colère, nous comprenons que tu trouves ça moins bien qu’avant, mais tu ne dois pas faire de mal au bébé, nous ne l’accepterons pas. »

- Si vous sentez qu’il a besoin de « taper», choisissez avec lui une « poupée souffre douleur » sur laquelle il pourra se défouler (même si c’est un garçon).

- Dans le même esprit, pour l’aider à décharger les tensions non exprimées, proposez-lui une bataille de coussins où il pourra se défouler en les lançant avec « toute sa colère ».

- S’il fait un « faux pas », ne lui dites pas « tu es méchant » ou « tu n’es pas gentil », cela risquerait de le conforter dans l’idée que vous ne l’aimez plus, ou moins qu’avant. Expliquez-lui que le bébé est fragile et que certains gestes risquent de lui faire mal.

- Tout en protégeant le bébé, valorisez-le lui, l’aîné, afin qu’il comprenne que vous ne l’avez pas remplacé : « toi tu es le grand maintenant, il y a plein de choses que tu sais faire et que tu pourras lui apprendre. Il a de la chance de t’avoir comme modèle ».

- Bien entendu, même si votre aîné(e) semble très gentil avec le bébé, ne les laissez jamais seuls sans surveillance. Le grand pourrait faire mal au bébé sans s’en rendre compte. Il n’est pas à l’abri non plus d’une pulsion d’agressivité.

- Valorisez son nouveau rôle de « grand » en lui rappelant les choses que lui peut faire alors que le bébé est trop petit pour les faire : manger à table avec papa et maman, jouer au parc avec ses copains, aller au cinéma avec papi etc.…

- Profitez de chaque occasion (quand bébé dort, que ses grands-parents s’occupent de lui etc.) pour vous retrouver en « tête à tête » avec lui et lui montrer que vous l’aimez toujours autant et de la même façon.

- Echangez-vous les rôles pour passer tout les deux des moments privilégiés avec lui : quand maman s’occupe du bébé, papa peut emmener l’aîné(e) au parc ou en promenade ; quand c’est papa qui pouponne le petit dernier, maman peut aller faire du manège avec le « grand » ou l’emmener au cinéma etc.

Faut-il mettre le bébé dans la chambre de l’aîné ?

Si le bébé est amené à partager la chambre de son ainé, il est préconisé d’attendre qu’il fasse ses nuits pour l’installer dans la chambre du « grand ». Le rythme du nouveau-né (réveils toutes les 2 ou 3 heures) peut être en effet éprouvant pour l’aîné(e) qui a encore besoin de bonnes nuits de sommeil (11 heures par nuit en moyenne).

 

Voila donc de nombreux conseils à mettre en pratique pour l’arrivée de votre petit(e) dernier(e). Nous ne les avons pas tous mis en pratique avec Léo lors de l’arrivée de sa petite sœur Lou, mais allons les tester avec l’arrivée de la petite Lili. Nous espérons qu’ils vous seront utiles.

N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience, de vos conseils ou de vos anecdotes… qui seront aussi certainement très utiles à d’autres parents.

 

Pour clore cet article, voici une interview du Docteur Lionel Rossant sur le sujet :

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