Les clés pour comprendre les dessins des enfants

Cet article a été rédigé par Roy Pallas, auteur du blog le dessin et expert en “dessin du cerveau droit” !

Lorsqu’on nous dit que l’on dessine comme un enfant c’est très souvent un signe de moquerie : « mon gamin de 4 ans peut faire pareil ». Pourtant si l’on accorde un peu d’attention aux dessins des enfants on va s’apercevoir qu’ils sont géniaux !

Les petits dessinent sans contraintes et sont dépourvus de censure et ne se critiquent pas comme le font les adultes. Ils expérimentent, apprécient l’activité et ne recherchent pas le résultat. Ayant étudié l’art pendant 5 ans à l’université, je peux dire qu’il y a beaucoup à apprendre des dessins d’enfant. Franchement les petits chérubins n’ont pas leur pareil pour réaliser des dessins remplis de fraîcheur et de spontanéité. Mais je ne suis pas là pour faire un cours sur l’art.

Je me suis donné comme mission de vous faire prendre conscience (si vous ne le savez pas déjà) à quel point les dessins des enfants sont profonds, qu’ils ne sont pas que de simples gribouillages et qu’ils possèdent un univers très riche. Sachez que chaque dessin d’enfant est un mélange d’expérimentation, d’émotions et de perception de son environnement.

Dans cet article je vais segmenter l’évolution des dessins dans différentes tranches d’âge puis vous livrer quelques pistes d’interprétation. L’enfant s’exprime avec le dessin (la manière dont il remplit la feuille, les couleurs qu’il utilise, la force avec laquelle il appuie), d’avoir conscience de cela vous permettra d’éviter de passer à côté de la richesse de ses intérêts et humeurs qu’il ne peut exprimer avec des mots.

Grant BarrettCrédit photo : Grant Barrett

Il ne s’agit pas de faire une analyse précise mais plutôt de déceler des tendances. En vous intéressant à l’évolution des dessins du bébé vous allez mieux voir comment se construit sa personnalité au fil du temps.

À la fin de cet article, vous aurez quelques clés de lecture des dessins de vos enfants, vous saurez pourquoi il est important de leur mettre un crayon dans les mains dès leur plus jeune âge (en évitant qu’il le mette dans la bouche).

Autre importance de cette activité, sachez que le dessin permet de développer la motricité, la perception, la tactile, la perception cognitive.

Comprendre les dessins des enfants

Je m’intéresse aux dessins d’enfants depuis que j’ai lu le livre « dessiner grâce au cerveau droit » de Betty Edwards. Cette auteure a une approche du dessin révolutionnaire que je peux résumer de cette manière : dessiner est avant tout un mode de perception et non de talent. Son ouvrage a permis à des personnes pensant n’avoir aucune habileté pour le dessin de réaliser des portraits ressemblants.

Son ouvrage en est à sa 4eme édition cette année. J’en ai rédigé un article qui le résume : dessiner grâce au cerveau droit.

En plus d’être une artiste, professeure, elle est particulièrement sensible à l’éducation des enfants et leur réussite scolaire. Le dernier chapitre de son livre est consacré à une réflexion sur l’enseignement dans les écoles qui est formaté pour les élèves fonctionnant sur le mode cerveau gauche et qui ne prend pas en compte les modes d’apprentissages spécifiques aux élèves fonctionnant sur le cerveau droit. Ces derniers se sentant peu doués, cela entraine des échecs scolaires et du mal-être alors que c’est simplement qu’ils n’ont pas reçu le bon mode d’apprentissage.

C’est à ce moment que je me suis intéressé à la question du dessin chez l’enfant. Je ne suis pas pour autant psychologue donc prenez les informations que je vous donne avec des pincettes car celles-ci viennent d’un artiste passionné et soucieux des autres.

Voici deux citations d’illustres inconnus pour vous montrer à quel point les dessins d’enfants ont de la valeur :

« L’enfant qui dessine va droit à l’essentiel. Il suit la perspective du cœur qui dessine ce qui n’est pas, pour mieux voir ce qui est.  »
Christian Bobin

« J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant.  »
Pablo Picasso

GordonCrédit photo : Gordon

Quelles sont les habiletés que développe le dessin ?

  • L’habilité motrice : le dessin permet de s’habituer à la tenue d’un crayon. L’enfant apprend à contrôler son geste et à diriger sa main. Cette activité est préparatoire à l’apprentissage de l’écriture.
  • L’habilité de perception : le dessin aide à mieux percevoir l’espace. Plus cette perception est claire et précise chez l’enfant, plus son dessin sera organisé. Une bonne perception aide à se créer une carte mentale des lieux visités.
  • La perception tactile : c’est savoir entre autre exercer une pression et reconnaître les matières.
  • Les habiletés cognitives : le dessin permet à l’enfant de reproduire ce qu’il connait du monde et exprime ses émotions. C’est donc autant une exploration interne qu’externe que lui prodigue cette activité.

Dessiner est le résultat des perceptions de l’enfant et des expériences qu’il a emmagasiné dans ses premières années de vie.

Kimon Nicolaides l’auteur du livre «the natural way to draw » base ses exercices de dessins sur ces aspects. Il accorde de l’importance à l’expérience plus qu’au résultat. Comme lui je pense que l’objectif ne doit pas se voir sur le papier mais dans l’amélioration de la perception du monde. Un dessin de qualité vient d’une perception de qualité. Par exemple un golfeur qui n’aura jamais pris de cours de dessin sera capable de représenter un club de golf car il aura eu une expérience sensorielle suffisamment profonde avec l’objet. C’est cette appropriation par l’expérience que l’on retrouve chez l’enfant et qui se traduit dans ses dessins.

tiffany erryCrédit photo : tiffany erry

Quelles sont les étapes d’évolution du dessin chez l’enfant ?

De 7 mois à 2 ans vous aurez la chance d’assister à ses premiers dessins archaïques ! L’enfant va avoir le réflexe de s’imbiber les mains d’une matière (comme sa nourriture) pour l’étaler sur des surfaces. C’est de cette manière qu’il prend des repères sur son environnement. Ce sont ses premiers dessins. Choisissez de le laisser gribouiller sur des surfaces que vous sélectionnerez pour lui.

À 1 an il peut gribouiller et tracer des traits pour réaliser des dessins rudimentaires. Il fera des spirales également alors qu’à 2 ans son geste devient plus élaboré. Sachez que dans cette tranche d’âge il dessine sans intentions particulières mais va entrer dans une phase d’exploration des outils. Plus il aura de matière à expérimenter, mieux sa perception tactile se développera.

Entre 3 et 4 ans il prend conscience qu’il dessine même si il ne sait pas exactement quel objet il est en train de réaliser. Souvent il vous dit l’objet qu’il va représenter mais le dessin n’y ressemble pas. Il se peut qu’en lui demandant ce qu’il a fait juste après et que vous le lui redemandiez quelques jours plus tard, vous obteniez des réponses différentes de sa part.

Petite nouveauté dans ses dessins, le bonhomme têtard ! C’est une figure importante dans l’évolution des dessins des petits chérubins puisque ce petit bonhomme représente la manière dont l’enfant se perçoit. On parle de bonhomme têtard parce qu’il ne possède pas de cou, la tête est accrochée au buste (est-ce que c’est parce que l’enfant ne peut voir son propre cou mais que ses bras et ses jambes sont toujours à portée de vue ?)

clip_image008Crédit photo : Davef3138

Entre 4 et 7 ans, l’enfant va commencer à accorder de l’importance aux couleurs et à les sélectionner en fonction de ce qu’il veut dessiner. Ce qui ne veut pas dire qu’il va choisir des couleurs qui soient toujours conformes à la réalité.

L’enfant à cet âge va chercher à représenter ce qu’il sait plus que ce qu’il voit. Les couleurs ne sont pas forcément fidèles aux objets qu’il dessine mais vont être influencées par son état d’âme pour ce choix. Il ne respecte pas les règles de la perspective et ignore les rapports de proportions. Il se peut que plusieurs détails soient exagérément grossis.

Autre évolution, le bonhomme têtard va plus ressembler à des personnes que l’enfant connaît dans son entourage (ses amis, ses parents, ses frères et sœurs).

À partir de 8 ans, il va commencer à dessiner ce qu’il voit. Betty Edwards explique que c’est entre 8 et 9 ans que les enfants se détournent de l’activité : soit parce qu’ils ne se trouvent pas assez doués à cause de ce nouveau critère de ressemblance, soit ils continuent parce qu’ayant adopté le bon mode d’observation (cerveau droit).

Regarder de plus près les dessins

 

1/Le geste de l’enfant

Il est tout aussi intéressant de voir un enfant en pleine activité que de voir ses dessins. Voici quelques pistes pour l’observer en plein ouvrage.

Vous pouvez observer la manière dont il tient son outil.

Est-ce qu’il prend son outil bien en main ou est-ce qu’il a tendance à avoir une prise souple et décontractée ? Dans le second cas cela pourrait évoquer une motricité libre alors que le premier serait le signe de tensions dans les muscles.

Si vous conservez les dessins de votre enfant, vous pouvez vous amuser à les comparer pour voir l’évolution de son trait. Si ses dessins sont tremblotants cela peut vouloir dire que l’enfant se sous-évalue.

 

2/Vous pouvez observer le matériel qu’il choisit.

Les enfants qui ont une tendance à avoir une forte personnalité vont choisir des pointes grasses ou larges alors que ceux qui ont plus de difficultés à s’imposer ou à s’exprimer vont choisir des pointes fines.

Les matériaux comme la gouache ou les crayons de cire sont choisi par les enfants qui sont intéressés par les travaux manuels plus qu’intellectuel.

La taille de la feuille sélectionnée peut aussi dénoter des traits de personnalité. Si elle est d’une petite dimension, l’enfant peut avoir une personnalité qui aime se concentrer et n’est pas envahissant. Les feuilles moyennes révèlent que l’enfant est flexible et respectueux des autres personnes.

Pour finir, utiliser une grande feuille pour dessiner montre de la confiance en soi et le désire de ne pas être isolé ou ignoré.

Autre petit détail, l’épaisseur de la feuille montre selon qu’elle est fine ou épaisse une grande sensibilité pour le premier cas et un besoin de confort dans le second.

CIFOR Crédit photo : CIFOR

3/Vous pouvez interpréter les couleurs

Vous pouvez relever les différentes couleurs qui sont utilisées dans les dessins de l’enfant. Encore une fois ne vous focalisez pas uniquement sur un dessin, ce qui est révélateur est la répétition d’un motif ou d’une couleur qui va montrer une tendance de personnalité.

Le bleu est la couleur de la sensibilité, du calme et de la profondeur des sentiments.

Le vert signifie une volonté souple et de l’intuition.

Le rouge symbolise la force vitale et les émotions fortes comme la colère, l’angoisse ou l’agressivité.

Le jaune démontre de la spontanéité, de la curiosité et de la joie de vivre.

L’orange signifie que l’enfant a l’esprit d’équipe et a besoin de contact social, que ce soit dans un groupe ou dans une compétition.

Le violet signifie de l’indétermination et de l’ambivalence.

Le noir peut sembler très négatif de par la symbolique qui lui est attribuée dans la culture européenne. Chez l’enfant cela peut simplement montrer un caractère secret et s’il utilise beaucoup cette couleur cela révèle qu’il n’a pas peur de l’avenir.

Le rose traduit un tempérament facile d’approche et plein de douceur et de tendresse.

La couleur brune révèle un caractère patient et minutieux. L’enfant accorde de l’importance à la sécurité et à la stabilité.

Daniel Lobo Crédit photo : Daniel Lobo

4/Pour finir il y a les objets

Entre 4 et 7 ans vous allez pouvoir observer les objets que l’enfant dessine. Il ne dessine pas ce qu’il voit mais ce qu’il sait de l’objet. Par conséquent nos chères têtes blondes vont les déformer par rapport à la réalité. Ces déformations sont intéressantes parce que vous pouvez là aussi les interpréter.

Voici les objets qui reviennent le plus souvent et quelques clés pour les analyser.

La maison

Vous pouvez estimer la taille de la maison par rapport au reste du dessin : est-ce que celle-ci est plutôt démesurément grande ? Si c’est le cas cela veut dire que l’émotion prime sur le rationnel chez l’enfant et vice versa en cas d’une petite habitation.

Le nombre de fenêtres démontre de la curiosité (si beaucoup de fenêtre) ou de la discrétion.

Plus la porte est petite, plus cela veut dire que l’enfant est sélectif avec les personnes qui rentrent dans sa vie, il est plutôt retissent à inviter du monde alors qu’une grande porte signifie qu’il aurait pu écrire le script de « l’auberge espagnole ». En gros « mi casa e su casa » (ou presque).

Le soleil

C’est un objet qui représente la combativité et l’énergie. Si celui-ci est dessiné à gauche sa position renvoie au passé et au lien avec la mère alors qu’à droite il renvoie au lien paternel.

La position centrale du soleil dénote une personnalité très indépendante.

Les rayons du soleil symbolisent la joie de vivre, si ils sont absents cela traduit une perte d’enthousiasme chez l’enfant (ou qu’il dessine la lune en plein jour).

Les personnes

Avec les personnages dessinés, l’interprétation se fait surtout au niveau des traits du visage. Ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on sait que les bébés sont captivés par les visages d’adulte.

Un dessin d’une personne avec de grands yeux montre de la curiosité ainsi que de l’ouverture d’esprit alors que des petits yeux peuvent traduire une tendance à nier la réalité.

Les oreilles sont souvent recouvertes par les cheveux dans les dessins d’enfants mais si elles sont représentées cela démontre que l’enfant a l’oreille fine.

Les arbres

Pour terminer les arbres sont les représentations de l’enfant lui-même. Contrairement au bonhomme têtard, qui est plus une représentation de sa constitution l’arbre est révélateur du statut de l’enfant.

La base du tronc symbolise l’énergie physique, plus le tronc possède un diamètre important plus l’enfant peut refaire son énergie facilement alors que des troncs plus minces signifient une santé plus fragile.

La place dans la société ainsi que la place que l’enfant croit occuper dans la famille est évaluée par la hauteur de l’arbre.

Les feuilles et les branches sont liées au développement de l’enfant ainsi qu’à sa créativité. Si l’arbre est peu touffu, cela veut dire que le bambin a besoin d’un engrais pour le stimuler intellectuellement. Au contraire un arbre avec beaucoup de feuilles montre un enfant à l’imagination débordante.

Ana Fukase Crédit photo : Ana Fukase

Vous connaissez maintenant un grand nombre de clés qui vont vous permettre de « lire » les dessins de vos enfants et quelles sont les différentes étapes d’évolution de leur progression dans cette activité. Vous savez pourquoi après 8 ans une partie des enfants abandonne l’activité, vous savez également comment interpréter les dessins en fonction de l’attitude de l’enfant, du matériel, des couleurs choisies et des objets représentés.

J’espère que je vous ai fait prendre conscience de l’intérêt de ces œuvres et que vous allez vous y intéresser par ce qu’elles peuvent révéler sur la personnalité de votre enfant ainsi que sur son développement.

Si vous êtes également un grand enfant (ou souhaitez le redevenir pour un temps), pourquoi ne pas essayer de vous remettre à dessiner ? Si oui, vous pouvez me retrouver sur mon blog à cette adresse : http://www.blog-le-dessin.com.

Merci à Camille et Olivier de m’avoir fait une place sur le blog pour cet article.

Quelques références pour aller plus loin :

  • http://www.unige.ch/fapse/sensori-moteur/lcdb/nnpv/
  • http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/22542/ch03.html
  • http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=bg-naitre-grandir-bienfaits-dessin-1-a-3-ans
  • http://naitreetgrandir.com/fr/etape/3-5-ans/apprentisage-jeux/fiche.aspx?doc=bg-naitre-grandir-bienfaits-dessin-3-a-5-ans
  • http://www.mamanpourlavie.com/jeux-fetes-activites/jeux/eveil/631-votre-enfant-vous-parle-par-ses-dessins.thtml

Crédits photos FlickR : Ana Fukase, CIFOR, Daniel Lobo, Davef3138, tiffany erry, Grant Barett, Gordon

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10 Comments

  • Roy

    Reply Reply 8 juillet 2015

    Merci beaucoup de m’avoir donné l’opportunité de parler de ce sujet qui me tenais à cœur 🙂

    • orthocha

      Reply Reply 16 juillet 2015

      Bonjour Roy,

      Merci pour cet article !
      Je travaille beaucoup avec les enfants dans le cadre de déficit perceptif (je suis orthoptiste) et j’ai pu remarqué que les troubles visuo constructifs peuvent nous induire en erreur sur l’interprétation bque l’on peut faire des dessins des enfants.
      Notamment sur la qualité du trait et l’organisation de la feuille.
      Ce sont souvent des enfants qui n’aiment pas dessiner, que leur conseiller sachant que le dessin est un moyen d’expression mais que c’est aussi une activité frustrante pour eux?
      Merci

      • Camille et Olivier

        Reply Reply 24 août 2015

        Hello Orthocha,
        Avez-vous essayé des moyens d’expression artistique plus corporels comme sculpter (avec de la patte à modeler), danser… ?

        • Orthocha

          Reply Reply 28 août 2015

          Bonjour,

          Dans le cadre de la dyspraxie c est le geste en general qui est perturbé.
          Cependant ce n’est plus mon domaine de leur proposer quoique ce soit.
          Mais je peux mieux informer les parenrs

  • Landrin

    Reply Reply 27 août 2015

    Merci pour cet article,

    Il y a tant de dessins, de productions d’enfant qui ne sont pas regardées comme il faudrait, voir même jetées si cela ne plaît pas à l’adulte.

    Merci pour ce regard nouveau,

    Anne ( prof des écoles)

  • Savie

    Reply Reply 14 septembre 2015

    La lecture de cet article a fait l’effet d’un véritable retour en enfance pour moi. Merci pour ce bel article.

  • Angélique Mathieu-Tanguy

    Reply Reply 1 juillet 2016

    J’ai été loi aussi fascinée par cet article, et je n’aurais jamais imaginé que les dessins d’enfants puissent en fait avoir des significations aussi fines!

    Chapeau pour l’auteur de cet article bien instructif!!

  • Nefzi mouna

    Reply Reply 7 novembre 2016

    Merci pour cet article

  • Lucille Le Briquer

    Reply Reply 9 janvier 2017

    Bonjour,

    Merci pour votre article qui est très intéressant et instructif. Cela m’a appris de nouvelles choses.

    Lucille (élève en première SAPAT)

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