Les 8 clés de la posture de l’adulte dans la pédagogie Montessori

On entend de plus en plus parler de la pédagogie Montessori, il y est beaucoup question d’environnement et de la posture de l’adulte… avez-vous déjà réfléchi à votre posture ? C’est ce que Céline Guerreiro du site “Montessori – Apprendre autrement” nous invite à faire cette semaine ! 

Nous les adultes, nous sommes les éléments les plus importants de l’environnement de l’enfant, qu’il soit familial ou scolaire.

 

Posture de l'adulte

L’adulte est la clé de voûte de l’environnement dans la pédagogie de Maria Montessori.

Pour appréhender correctement cette pédagogie, avant de fabriquer du matériel, il faut d’abord se préparer SOI.

Maria Montessori disait :

« Au lieu de parler facilement, il doit acquérir le pouvoir du silence ; au lieu d’enseigner, il doit observer ; au lieu de s’affirmer par une sorte d’infaillibilité, il doit assumer la posture de l’humilité ».

L’adulte prépare un environnement

L’adulte accorde beaucoup de soin à préparer un environnement riche.

Il s’assure que le matériel est propre, en ordre et complet pour que ce dernier invite l’enfant à une activité ordonnée.

Il va créer une organisation nouvelle de la classe, adaptée à l’enfant. Cette « ambiance » favorisera la liberté de l’enfant et la concentration qui lui est propre.

« Cette ambiance devra être “libératrice“ et non “formatrice“ : elle devra permettre à l’enfant de révéler son caractère, son rythme de vie ». Montessori, 1929.

Il doit donner ce qui est nécessaire à l’enfant pour qu’il puisse agir de lui-même.

L’adulte est un guide

Il guide l’enfant pour l’utilisation du matériel, pour la recherche des mots exacts, pour éclairer chaque travail. Il le guide pour empêcher toute perte d’énergie, pour éventuellement redresser l’équilibre.

L’adulte change de posture, il n’est plus un transmetteur, il est un médiateur, un organisateur. L’adulte ne cherche plus à dominer l’enfant, vivant en conflit permanent avec lui. Il est un trait d’union entre le matériel et l’enfant.

Quand l’enfant a un comportement inapproprié, il va chercher l’activité la plus adaptée.

Respecter le rythme de chaque enfant est un élément essentiel. Cela ne veut pas dire laisser les élèves qui travaillent lentement, travailler lentement et les élèves qui travaillent rapidement, travailler rapidement. Mais prendre les enfants là où ils sont pour les accompagner, les aider à progresser et à donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

« Aide moi à faire tout seul »

C’est être capable d’être à côté de l’enfant mais à un moment, lui lâcher la main pour qu’il fasse tout seul.

Nous sous-estimons souvent les capacités de l’enfant et nous intervenons au mauvais moment. En agissant ainsi nous interférons avec son développement. Nous le heurtons. Nous devons rester prêts à intervenir lorsque l’enfant le demande. Pour cela, nous devons développer une faculté de discernement fondée sur l’observation et l’expérience.

Cette observation sera vivante. Toute la journée, on note pour se rappeler d’un comportement, d’un intérêt, …

Tout au long de la journée, l’adulte présente le matériel aux enfants en suivant la progression, il planifie ses présentations et note chaque jour les présentations réalisées et ses observations.

 

L’adulte pose un cadre et assure une sécurité affective

L’adulte pose un cadre ferme et bienveillant.

On ne laisse pas les enfants construire leur intelligence dans le désordre.

L’adulte n’est pas effacé. Autonomie et confiance ne sont pas synonymes avec laxisme et indifférence.

Son rôle est de faire en sorte que chaque enfant se sente en sécurité. Il arrête donc tout comportement destructeur.

Sans sécurité affective, un enfant ne peut pas apprendre.

Il faut de l’empathie et de l’amour pour que l’enfant utilise ses forces intérieures.

 

L’adulte veille à rester exemplaire

Comme les enfants nous imitent, notre comportement doit être le plus irréprochable possible :

– on ne peut pas leur demander de parler à voix basse si nous parlons fort

– nous ne pouvons pas espérer qu’ils marchent doucement si nous marchons au pas de course

– nous ne pouvons pas espérer qu’ils lisent si nous passons notre temps sur notre téléphone

Vous l’aurez compris, notre comportement aura une influence énorme. Notre responsabilité est très grande.

 

L’adulte veille à son niveau de langage et est exigent envers lui-même : même quand on se fâche, on doit utiliser un vocabulaire riche, sans mots familiers.

Et quand on est en colère, on évite de claquer la porte car cela ne passera pas inaperçu.

On veille pour que les plus grands utilisent un langage riche parce que les petits vont modéliser leur façon de parler.

Le langage est une clé de la pensée. Quand on arrive à exprimer nos pensées, il y a quelque chose qui s’ordonne dans notre cerveau.

 

L’adulte prend soin de lui

Pour pouvoir apporter des réponses adaptées aux enfants, il faut que notre réservoir soit rempli.

Si on est fatigué, triste ou si notre réservoir est vide, nous ne pourrons pas répondre avec bienveillance à chaque enfant.

A nous de trouver ce qui nous fait du bien : faire du sport, méditer, avoir une vie sociale épanouie, etc…

Nous pourrons mieux gérer nos émotions et apprendre à les comprendre.

 

L’adulte utilise les forces intérieures de l’enfant pour sa propre éducation

Les forces intérieures de l’enfant, c’est le développement de la plasticité, le développement des fonctions exécutives, la sécrétion de dopamine, de sérotonine, la maturation du cortex orbito frontal.

L’enfant a besoin de notre aide mais il doit le faire seul.

 

L’adulte fait équipe avec les autres adultes

L’enfant a besoin de cohérence.

S’il reçoit de l’empathie à la maison mais qu’à l’inverse, les adultes à l’école ne l’écoutent pas et lui disent des paroles blessantes sur un ton sec (ou inversement), ce manque de cohérence sera préjudiciable.

J’ai opposé l’école à la maison dans cet exemple mais cela est vrai pour tous les adultes qui partagent le quotidien de l’enfant, au sein de l’environnement familial et au sein de l’environnement scolaire.

Nous gagnerons à travailler en équipe, à échanger et à chercher ensemble des solutions pour que chaque enfant puisse s’épanouir.

 

L’adulte a une foi sereine et solide en chaque enfant

Vous connaissez l’effet pygmalion ?

Une expérience avait été réalisée dans une classe.

Des chercheurs ont fait passer des tests de QI à tous les enfants en début d’année puis ils ont faussé les résultats. Ils ont désigné de façon aléatoire 20% d’enfants. Croyant que ces enfants avaient des capacités largement supérieures à la norme, le comportement des enseignants a changé et ça a impacté considérablement la progression de ces enfants. Ils ont beaucoup plus progressé.

Notre regard et nos croyances sont primordiales. Si on se dit dans notre tête : « Mais ce n’est pas possible, il ne comprendra jamais », il progressera beaucoup moins que si on se dit « c’est difficile pour lui de comprendre mais je sais qu’il comprendra bientôt ».

Son estime de soi ne sera pas la même.

L’enfant n’est pas dans notre tête mais toute notre communication non verbale parle pour nous.

Et je ne vous dis même pas les conséquences si vous soupirez en levant les yeux au ciel.

Nous avons vu les 8 clés de la posture de l’adulte pour que chaque enfant puisse développer son plein potentiel.

Mais n’oubliez pas que cette posture, même avec la meilleure formation du monde met du temps à se transformer quand nous avons vécu des choses très différentes dans notre enfance et dans notre vie professionnelle.

Quand vos automatismes reviennent au galop, soyez bienveillant envers vous-mêmes et remerciez-vous d’avoir emprunté ce nouveau chemin, plus conscient.

 

Je terminerai par les mots de Maria Montessori :

« L’amour, la bienveillance, les encouragements sont les leviers de l’âme humaine » Maria Montessori

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