J’ai crié sur mon enfant, je fais quoi maintenant ?  

J’ai crié sur mon enfant, je fais quoi maintenant ? Maëliss, coach parental formée auprès d’Isabelle Filliozat et rédactrice du blog Maeliss nous propose quelques pistes à explorer !

 

j'ai crié, je fais quoi maintenant ?

 

Julie est passionnée par la parentalité positive. Elle a déjà lu plein de livres d’Isabelle Filliozat, de Catherine Guegen. Elle trouve ça vraiment super, et ce matin elle a déjà utilisé de nombreux outils pour gérer les conflits qui ont ponctué sa journée : le biscuit s’est cassé, et c’était le drame. Son garçon a tapé sa soeur dans la voiture parce qu’elle chantait et ça ne lui plaisait pas. Alors quand au moment de se brosser les dents, la petite se roule par terre et refuse, et la tape en lui disant qu’elle est méchante, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Elle hurle sur sa fille.
Une fois ses enfants enfin couchés, elle est prise par le remords. Clairement, elle a dépassé les limites qu’elle s’était fixée. Elle sait que crier sur son enfant, ça ne sert à rien, que cela fait du tort à sa relation avec lui… que faire maintenant ?
Et vous? Peut-être avez-vous déjà été dans la même situation que Julie ?
Dans cet article, je vous présente des pistes de solutions pour vous accompagner dans ce type de situation.

Bienvenue au club des humains

Tout d’abord, j’aimerais insister sur ce que je dis à mes clients: Bienvenue au club des humains.  Car oui, vous pouvez avoir lu une quantité impressionnante de livres. Vous pouvez vous former, faire un travail sur vous. Il n’empêche que vous êtes des humains. Et que parfois, nous pouvons être dépassés par notre stress.
Soyez donc tout d’abord bienveillant et indulgent avec vous-même. Mesurez tout ce que vous faites pour vos enfants. La tentation est forte, quand on est parent, et qu’on s’informe beaucoup, de culpabiliser. Je vous invite à ne pas tomber dans ce travers dont je parle plus amplement dans cet article à propos de la culpabilité sur mon blog. À la place, je vous invite à profiter de cette difficulté que vous avez rencontré pour la dépasser. Si vous avez crié sur vos enfants, c’est que vous êtes sous stress et/ou mal informé. Ou que vous avez besoin d’être accompagné.
On peut se rendre compte à différents moments de ce que nous avons fait: sur le moment même. Cela peut nous permettre de nous arrêter… ou pas. On a beau savoir qu’on ne doit, ne veut pas faire ça et malgré tout, le faire et ne pas stopper nos gestes, nos paroles.
Parfois, on ne se rend pas compte tout de suite, et c’est une fois la tempête émotionnelle passée et que l’on réalise à quel point nous étions à côté de nos valeurs. Pour certains, cela peut prendre des années, et le choc peut être dur.

Est-ce trop tard ?

Il n’est jamais trop tard pour retourner auprès de son enfant. Imaginez que votre parent à vous en tant qu’adulte revenait auprès de vous. Il vous parle de l’une de vos blessures en tant qu’enfant et vous dit : “Je ne mesurais pas à quel point cela t’avait blessé. J’en suis désolé.” Comment vous sentiriez-vous? Cela aurait pour effet, probablement, de vous apaiser, de nourrir le lien. Même si vous êtes passé à autre chose.
Alors n’attendons pas que notre enfant soit adulte ! 
Quand c’est le moment, décidez d’aller auprès de votre enfant pour réparer la relation. Prenez d’abord soin de vous. Si vous avez “pété une durite” c’est que vous êtes sous stress. Buvez un verre d’eau, souffler lentement, danser, compter, faites un câlin à quelqu’un,…
Ensuite, il se peut que votre enfant, quand vous l’écouterez, vous dira des choses qui pourraient être dures à entendre pour vous. Par exemple: “Tu as été méchante, je ne t’aime plus,…” Préparez-vous à cette éventualité. Pour ce faire, imaginez que vous mettez un bol devant vous. Si votre enfant dit des choses qui vous blessent, imaginez que les mots vont dans ce bol, et ne vous touchent pas. Cette visualisation peut surprendre mais elle est très efficace.
Ensuite, voyez ce que fait votre enfant et approchez le. Mettez-vous à sa hauteur et dites-lui, par exemple: “Tout à l’heure, quand tu as (décrivez sans jugement la situation) je t’ai hurlé dessus. Qu’est-ce que tu t’es dit?”
Laissez le parler s’il en a envie, n’hésitez pas à remettre le bol à ce moment-là (et n’hésitez pas à l’agrandir si besoin, une baignoire sera peut-être d’une taille plus adéquate). S’il parle, quoiqu’il dise: ne le corrigez pas, ne le commentez pas. Il parle de son ressenti à lui, pas d’une réalité “objective”.
Quand il a fini, reformulez ce qu’il vient de vous dire. “Quand je t’ai crié dessus, tu as trouvé cela injuste, tu t’es dit que je ne t’aimais pas. Que tu es nul”. De cette manière vous validez son ressenti. Ensuite, continuez: “Personne n’a le droit de te dire/faire ça. Même moi. Je suis désolé et j’aimerais réparer la relation avec toi. De quoi as-tu besoin pour réparer la relation?”
La plupart du temps, les enfants vont demander un câlin, un bisou ou un moment de qualité. Génial ! Sautez sur l’occasion, même si cela demande un effort. Il veut jouer aux playmobils et vous détestez ça? Fixez un temps limite.
Par contre, il se peut qu’il demande une forme de récompense. Par exemple, il veut la dernière console de jeu vidéo qui lui fait vraiment de l’oeil. Gardez à l’esprit qu’il s’agit ici de réparer votre relation, de passer un moment ensemble. Pas “d’acheter” une réparation. Proposez par exemple de jouer avec lui à son jeu préféré ?

j'ai crié, je fais quoi maintenant ?

Est-ce vraiment nécessaire ?

Nous pouvons être agacés, ou se sentir remis en question ou démunis lorsque notre enfant nous adresse un reproche. Après tout, “nul n’est parfait”, il pourrait comprendre ça non? Et bien… je vous invite à regarder la situation comme une attaque personnelle mais comme une opportunité de voir le monde selon sa perspective.
Il y a toujours moyen de réparer une relation. Et en même temps, ce n’est agréable pour personne. Mieux vaut prévenir que guérir. C’est pourquoi je vous invite à continuer à éplucher les articles sur le site des super parents et, bien entendu, sur mon blog 😉

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1 Comment

  • Pour un parent qui n’a pas l’habitude, s’excuser envers son enfant et lui demander pardon peut être difficile à faire. C’est bien souvent un acte nouveau pour lui, quelque chose qu’on ne lui a pas appris et qu’il n’a surement pas vécu en tant qu’enfant. Mais je voudrais dire à ces parents auxquels je faisais parti aussi, qu’une fois le pas franchi dans cette étape de pardon, vous voyez votre enfant s’apaiser et les liens entre vous se resserrer. Alors mettons notre amour propre dans notre poche et reconnaissons nos erreurs. C’est une belle leçon de vie pour un parent de vivre ce moment de réconciliation sincère et un bel apprentissage pour les enfants qui apprennent par ce biais que tout le monde peut se tromper et s’excuser.

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