Pourquoi il est urgent de révolutionner l’éducation ! (plutôt que de faire des réformes scolaires)

Voici la fameuse vidéo de la conférence de Sir Ken Robinson à propos du changement de paradigme du système d’éducation. La vidéo a été (enfin) traduite en Français.

Sir Ken Robinson y présente les principales caractéristiques du système d’éducation formatée par notre société industrielle et la manière dont il « anesthésie » nos enfants, en tuant la pensée divergente, élément essentiel de la créativité !

Pour Sir Ken Robinson, il est urgent de révolutionner l’éducation… les réformes scolaires ne suffisent plus ! Il milite pour un apprentissage personnalisé plutôt que standardisé. Pour lui (comme à l’époque pour Maria Montessori, Célestin Freinet et leurs collègues de l’éducation nouvelle), il s’agit principalement de créer des conditions favorables au développement des capacités et des talents naturels des enfants.

(Vous trouverez sous la vidéo notre synthèse des messages clés de cette conférence)

Une éducation fondée, conçue et organisée à une autre époque

Dans beaucoup de pays, on réforme l’enseignement public. Pour 2 raisons principales :

  1. Une raison économique : comment adapter nos enfants à l’économie du 21e siècle ?
  2. Une raison culturelle : comment permettre aux enfants d’acquérir une certaine identité culturelle… tout en participant à la mondialisation !

Le modèle d’autant (éducation = diplômes = vie professionnelle réussie) n’est en effet plus valable pour les jeunes d’aujourd’hui.

Le problème, selon sir Ken Robinson, c’est que le système d’éducation actuel a été fondé, conçu et organisé à une autre époque. Il repose sur la culture intellectuelle du Siècle des lumières et sur la conjoncture économique de la révolution industrielle.

Dans ce système, les personnes sont classées dans 2 catégories : scolaire ou non scolaire – intelligent ou non intelligent… et du coup, certaines personnes très douées peuvent être persuadées d’êtres bêtes, car elles ont été évaluées selon cette seule conception.

 

Des enfants “anesthésiés” par le système d’éducation actuel !

Et puis on parle beaucoup aujourd’hui du fameux TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité). C’est l’épidémie des temps modernes… et on bourre les enfants de médicaments pour les calmer.

Pourtant, réalisons que nos enfants vivent l’époque la plus stimulante de l’histoire ! Ils sont submergés d’informations (ordinateurs, tablettes, smartphones, télé, jeux vidéo…)… et nous leur reprochons de ne pas se concentrer… sur des sujets « barbants » dispensés à l’école.

Pas étonnant, pour Ken Robinson, que la courbe du TDAH soit parallèle à celle des tests de connaissance : il semble que plus on a de connaissances, plus on a de risque d’être atteint de TDAH.

Les arts sont particulièrement victimes de cette mentalité. Car les arts permettent d’être « complètement éveillé », de « vivre intensément le moment présent »… alors que nous anesthésions nos enfants (notamment avec les médicaments « anti-TDAH »). Nous les adaptons à l’instruction en les anesthésiant… alors que nous devrions faire le contraire : nous devrions les éveiller, révéler ce qu’ils ont en eux !

Mais voici notre idéal : un système d’éducation répond aux intérêts de l’industrie, qui est à son image. Les écoles sont d’ailleurs calquées sur le modèle des usines :

  • On y sonne la cloche,
  • les salles sont séparées les unes des autres,
  • On enseigne les matières isolément,
  • On utilise un système ou les enfants sont organisés selon leur âge, comme si leur caractéristique principale était leur date de fabrication !

POURQUOI ? Quand on sait que certains enfants :

  • Peuvent être bien meilleur, dans une matière, que leurs copains du même âge,
  • Travaillent mieux à certaines heures,
  • Travaillent mieux en petit groupe, voir tout seul…

Bref la « standardisation » règne… alors que nous devrions aller dans la direction inverse : modifier le paradigme !

 

Un système qui “tue” la créativité !

 

Pour Sir Ken Robinson, la créativité, c’est la capacité à avoir des idées originales qui ont de la valeur.

reformes scolaires - révolution éducation

La « pensée divergente » est essentielle pour la créativité : c’est l’aptitude à concevoir un grand nombre de réponses à une question, à considérer cette question sous plusieurs angles, à penser autrement que selon des voies linéaires ou convergentes.

Sir Robinson a créé un test, soumis à 1500 enfants de maternelle en leur demandant « combien d’usages ils pourraient faire d’un trombone ». Au-delà d’un certain niveau dans les réponses à ce test, certains étaient considérés comme des « génies de la pensée divergente ». Voici les résultats :

  • En maternelle 98% étaient des génies
  • Les mêmes enfants à 8-10 ans ne sont plus que 30% à être des génies de la pensée divergente.
  • Les mêmes enfants à 13-15 ans ne sont plus que 12% !

Deux constats : 1- nous avons tous cette capacité (de pensée divergente), 2- elle décroît avec l’âge…

Alors qu’on aurait pu penser que plus on grandit, plus on devient bon… c’est l’inverse qui se produit ! 10 ans d’éducation « standardisée ») sont passés par la. On leur a répété : « il n’y a qu’une réponse, elle est inscrite derrière, mais ne tourne pas la page ! Et ne copie pas c’est de la triche » (alors qu’en dehors de l’école on appel ça de la coopération !)

Pour conclure, Sir Robinson nous invite donc à :

  1. Envisager autrement les capacités humaines,
  2. A dépasser le mythe de la scission entre capacités intellectuelles et non intellectuelles
  3. De reconnaître que la plupart des acquisitions de base se font en groupe et que la coopération alimente le développement !

Pour aller plus loin :

Si vous avez apprécié cette intervention de Sir Ken Robinson, nous vous conseillons aussi celle-ci…très humoristique, ce qui ne gâche rien bien au contraire. (Activez les sous-titres français dans la barre de lecture de la vidéo) :

“Tous les jours, nos enfants étalent leurs rêves sous nos pieds… nous devrions marcher doucement, parce que nous marchons sur leurs rêves »


Un dernier mot !

N’hésitez pas à découvrir la méthode extraordinaire de notre ami Matthieu
qui a permis à notre Léo de connaitre « sur le bout des doigts »
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19 Comments

  • Salut à vous deux,
    C’est justement parce qu’on est en crise qu’il faut changer de méthode et on m’oppose toujours « On est en crise, on n’a pas le temps de se préoccuper de ce que vous proposez ».
    J’ai donc arrêté de proposer des idées aux institutions mais à la place, je FAIS. Je propose aux parents de FAIRE et d’organiser des choses qui vont faire FAIRE aux enfants.
    Pour un exemple, voir Amy Shulter sur http://www.etranger-premiere-fois.fr

  • coqilico

    Reply Reply 22 juillet 2013

    Le problème est aussi sociétale, retirer les notes de l’école pose un plus gros problèmes aux parents qu’aux enseignants, bien que les enseignant ayant toujours évaluer de façon visible leur élèves ne savent pas toujours comment faire autrement.

    Pourtant il y a des choses possible à nous tous d’être créatifs. On a aussi des choses possibles et géniales à faire avec des projets, ce qui permets de pluralité disciplinaire et ce qui plait aux élèves qui doivent être créatif. Mais les programmes étant souvent trop lourd avec des inépties, c’est difficile a mettre en place.
    Quand on reste 2 a 3 semaines sur la règle d’orthographe au programme : les mots en app- aff- acc- prennent deux « P » « F » « C », sauf … s’en suit une liste sans fin. J’ai regardé dans mon micro larouse il y a plus d’exeption à la règle que de mots dans cette règle.
    On peut se poser la question de l’utilité d’apprendre cette règles d’orthographe, ne pourrait-on pas gagner quelques heures ? Et les quelques heures gagnés par ci ^par là serait tout bénéf pour stimiler la créativité des enfants.
    La maternelle est vraiment le seule endroit où les enseignants sont vraiment libres. Malheureusement ce n’est plus possible après, et encore moins au collège et au lycée.

    • C’est vrai que les notes sont un peu un déluge dans le système français. Quand on compare un élève français entrant en 6ème avec un élève norvégien, pays qui certes ne brille pas par ses résultats aux tests PISA, on voit d’un côté des milliers de notes et de l’autre, aucune note ! Ils commencent à noter les enfants à partir de 12 ans. Je suppose que leurs enseignants évaluent les élèves tout au long de leur enseignement mais on n’est peut-être pas obligé d’en faire tout un fromage.

  • Antoine

    Reply Reply 24 juillet 2013

    « … Et ne copie pas c’est de la triche » (alors qu’en dehors de l’école on appel ça de la coopération !) »
    ou alors du plagiat… Copie et coopération sont quand même deux choses bien distinctes !

  • Celine

    Reply Reply 24 juillet 2013

    Tout à fait d’accord, mais malheureusement, nos politiques ne le sont pas. En Angleterre, on ne pense qu’à tester les enfants de plus en plus tôt, dès la crèche pour certains. Sans parler des devoirs que les profs insistent à donner, alors que ça plombe plus de parents que ça n’en satisfait.
    Toutefois, je suis sûre que cela se terminera un jour ou l’autre, parce qu’en parlant de triche, c’est aujourd’hui impossible à canaliser grâce aux (ou à cause des) nouvelles technologies. Pour citer une anecdote, une banquière me racontait que son gamain de 14 ans imprimait ses rédactions sur un certain site Internet qui les faisait pour lui. elle était consciente que c’était de la triche, mais en meme temps, qu’est-ce qu’elle y peut? Elle peut p-e lui faire entendre qu’il éprouvera un sentiment de réussite en ne trichant pas, mais lui, c’est la note qu’il l’intéresse. L’absence d’un sentiment de réussite ne le fera pas redoubler, des mauvaises notes, par contre, si!

    Pour ce qui est de l’aspect « usine » des écoles, je viens de finir un livre de Steve Biddulph qui parlait justement de ça. Au moins les politiques ont l’air conscient que les effectifs dans les classes sont trop lourds, mais avant que ça change…

  • Christophe

    Reply Reply 11 août 2013

    Bravo !! c’est tout le travail de Printemps de l’éducation d’Antonella Verdiani dont le travail de rassembler les forces qui oeuvrent pour le Renouveau du système éducatif est remarquable !
    Christophe

  • Neil

    Reply Reply 31 août 2013

    Personnellement, je ne suis pas surpris par cette information. Moi même, je n’ai pas apprécié l’école car j’ai eu beaucoup de difficulté . J’ai eu donc l’esprit libre pour évaluer le système éducatif et trouver les failles qui sont énormes à mon sens.
    Comment je peux le faire subir à mes propres enfants? c’est inconcevable pour moi. Mon but dans le long terme est de concevoir une alternative viable pour mes enfants au système éducatif actuel. Ce projet me tient vraiment à cœur. Cela fait depuis longtemps que j’y pense.

  • Bonjour à tous,

    En parlant de révolution, je pense qu’elle ne devrait pas se faire que dans le domaine scolaire, mais aussi à la maison.
    Oui, à la maison où sur nos tablettes, nos Smartphones, nos ordinateurs, nous apprenons tous, nos enfants aussi …

    Et je rejoins Camille et Olivier qui parlent de révolutionner l’éducation plutôt que de faire d’autres réformes.

    Mais je crois qu’Il faut aussi une révolution dans la tête des parents pour en arriver là !

    Heureusement qu’il existe des personnes qui accompagnent ces parents courageux, qui révolutionnent leur rapport à l’éducation.
    Si vous voulez en savoir plus rendez-vous sur http://l-ecole-a-la-maison.com/ c’est un couple, Rémy et Cécile, qui vous accompagnera et vous donnera toutes les clés pour réussir ce transfert.

    Neil a raison de se questionner et rechercher des solutions alternatives : il existe des dizaines de tentatives sur le net et au dehors. Je vous parle courtement de la mienne, pour les super parents qui veulent aider leur ado à s’en sortir en math.

    Cela faisait si longtemps que je voulais proposer de changer le rapport à l’éducation, on devrait pouvoir jouer, tout en travaillant, et travailler tout en jouant !

    Ma solution est d’être disponible 24h/24 et 7j/7 pour m’adapter aux besoins des ados/élèves qui se posent des questions.
    Ils ne souhaitent pas être coincés 1 heure ou 2 pour « faire des maths », mais ils veulent pouvoir poser leur question et avoir une réponse courte, rapide et adaptée.

    Une éducation, « en cheminant », comme vous et moi apprenons en recherchant l’information, le Club Educatif pour reussir-en-math.fr est né de ce désir de changer le rapport au savoir, aider les parents et les élèves qui veulent réussir en math par l’habitude et non par des règles, quand ils en ont besoin !

    Ce site des super parents est aussi une preuve de la nécessité d’une révolution, car la manière d’accéder à l’information à changer, et le partage de celle-ci se fait plus aléatoirement et plus largement qu’auparavant.

    Nos enfants auront un avenir meilleur si nous leur préparons les bases de l’éducation du futur.
    Les tentatives et les initiatives sont toutes des compositions qui donneront peut-être une base saine, en attendant, courage à chacun et bravo pour tous les parents qui veulent donner le meilleur à leurs enfants.
    Longue vie à tous les super parents !

    David RUGGIERI, l’Éducateur télé-mathématiques.

  • delphine

    Reply Reply 12 mai 2016

    Encore merci pour tout vos conseils. La vie à la maison est bien plus sereine depuis que nous avons mis en place la parentalité positive.

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