Message d’un enfant à ses parents

Si vous êtes abonnés à notre newsletter, vous avez reçu dans l’un de nos derniers emails la fabuleuse lettre d’un enfant de 3 ans à ses parents, issu du “manuel pour parents montessoriens” par Donna Bryant Goertz et trouvé sur l’excellent site NIDO MONTESSORI (texte en anglais ici).

Nous en avons fait un document PDF que vous pouvez télécharger en cliquant sur l’image ci-dessous (clique droit puis « enregistrer la cible du lien sous ») :

Lettre d'un enfant à ses parents

Suite à cet email, Emeline, une de nos lectrices nous a fait parvenir un poème qu’elle a écrit et qu’elle a souhaité partager sur le blog Les-Supers-Parents.com.

Ce message d’un enfant à ses parents reflète parfaitement notre philosophie de la Parentalité Bienveillante en mettant en lumière les mots et les attitudes qui peuvent blesser profondément et durablement nos enfants… et qu’il nous faut donc tout faire pour éviter !

apprentissage langage enfant

Papa, maman, mets-toi à ma place

Papa, maman, est-ce que tu aimes les fessées, les tapettes sur les doigts, les tirages de cheveux ou d’oreilles, les douches froides (souviens-toi…) ? … moi non plus… au-delà de l’autorité abusive, au-delà de la violence physique, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce que tu aimes que l’on décharge son stress sur toi ? … moi non plus… au-delà des mots qui sont des blessures, au-delà des cris, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce que tu aimes que l’on écorche ton âme, ta personnalité en te comparant à d’autres, en te dévalorisant, en t’humiliant, en se moquant de toi, en te méprisant, en te catégorisant « il est… », en t’ignorant, en te jugeant, en t’insultant ? … moi non plus… au-delà de la violence verbale, au-delà de l’effondrement de ma confiance, au-delà de l’immense culpabilité que je ressens, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce tu aimes que l’on te force à rester attaché dans le transat ? Que l’on te force à ne pas bouger à table ? Que l’on te force à faire tes nuits alors que tu n’es pas prêt ? Que l’on te force à dormir alors que tu n’as pas sommeil ? Que l’on te force à manger même si tu n’as plus faim ? Que l’on te force à manger même si cela n’est pas à ton goût ? Que l’on te force à rester sur le pot pendant des heures ? Que l’on te force à aller au lit sans manger ? Etc. moi non plus… au-delà du sentiment de pouvoir de l’adulte sur l’enfant, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce tu aimes que l’on abîme ton corps ? … moi non plus… au-delà du traumatisme physique et psychique, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce que tu aimes que l’on te laisse pleurer et que l’on ne vienne pas te consoler, que l’on ne vienne pas te rassurer, que l’on ne vienne pas te dire des mots doux pour te faire aller mieux, que l’on ne respecte pas tes colères, tes émotions ? … moi non plus… au-delà de la brutale ignorance, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce que tu aimes que l’on te laisse seul devant la télévision alors que toutes ces images te rendent sage d’apparence, mais silencieusement fou à l’intérieur ? … moi non plus… au-delà du stress et des agressions visuelles, c’est tout mon être qui pleure.

Papa, maman, est-ce que tu aimes que l’on te fasse du chantage, que ton collègue te dise « je vais te montrer qui commande ici », que l’on t’injurie dès la plus petite maladresse, erreur ? … moi non plus… au-delà du mépris que tu as envers moi, pardon papa, maman : je suis une personne, pas une chose soumise et c’est tout mon être qui pleure.

J’ai besoin d’un protecteur, pas d’un dresseur de fauves.

J’ai besoin d’un parent, pas d’une autruche qui ne m’accepte pas tel que je suis (besoins, colères, émotions, ma personne, mes rythmes, mon développement, mon corps, ma personnalité, mon âme… je ne suis pas ton objet… j’ai besoin de respect).

J’ai besoin de règles et de consignes, pas d’un tyran.

Papa, maman, montre-moi, je t’imiterai.

Papa, maman, parle-moi, informe-moi, je comprendrai.

Papa, maman, mets-toi à ma place et « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. »

 

Emeline, 31 ans, 2 enfants et une éducation proximale, une mère qui n’est pas parfaite, mais qui a en conscience et cherche à changer les choses.

Merci Emeline !

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2 Comments

  • “De toutes façon, tu n’arriveras jamais à rien”.
    Dur d’oublier.

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 7 février 2017

    Whaou! C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit après avoir lu cette magnifique lettre.

    D’où Emeline a-t-elle trouvé tous ces mots si justes?

    Sa lettre est à faire lire sans concession à tous les parents afin de les aider à changer de point de vue.

    Bravo à elle!!

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