Développer consciemment la connexion avec son enfant

Notre rôle de parent au quotidien n’est pas simple. Parfois, on a l’impression qu’être parent est une course sans fin. Et la pression sur nos épaules pour remplir ce rôle au mieux est lourde. Tant de paramètres à prendre en compte, tant de choses importantes… Et si nous décidions de prendre un peu de recul, et de nous recentrer sur l’essentiel ?

L’essentiel, c’est la relation que nous développons avec notre enfant. Comment la course du quotidien parvient-elle à nous la faire oublier ?

Pourtant, non seulement elle est la raison même de notre rôle de parent, mais c’est également cette relation qui nous permettra de faire en sorte que tout le reste se déroule plus facilement…

Prendre conscience

J’ai envie, avant de parler plus précisément de la connexion, de m’attarder un instant sur cette notion de conscience.

Ces dernières années, la pleine conscience s’est répandue dans nos contrées, et nous avons réalisé que vivre en conscience pouvait changer la donne.

Tant de choses se passent sans que nous en ayons conscience. Le simple fait de respirer. Le courant d’air frais sur notre peau. La saveur du plat que nous goutons.

Il relève de notre choix de faire et d’avancer sans tarder, ou de le faire en conscience.

Et c’est encore en conscience ou non que nous pouvons vivre notre parentalité.

Il est possible d’être parent dans la gestion du quotidien : les préparatifs, les bains, les repas, les devoirs… et de se “contenter” de faire en sorte que toutes ces cases soient cochées (ce qui n’est déjà pas toujours si simple, j’en conviens). Ou bien, il est possible d’essayer de prendre du recul par rapport à ce rôle quotidien, de sortir la tête du guidon, et d’essayer de devenir conscient de ce qu’apporte un parent.

Et là, on s’aperçoit que le parent apporte bien plus que la gestion du quotidien : il peut aider son enfant à développer son écoute de lui-même, à mieux se connaitre et s’apprécier, à grandir avec confiance, à respecter les autres, à coopérer, à chercher des solutions…

Finalement, il y a tellement tellement mieux à faire que de “seulement” gérer les bains et les diners !

La bonne nouvelle

En fait, la bonne nouvelle, c’est que ces deux rôles ne sont pas complètement disjoints !

Lorsque l’on devient conscient de l’importance du rôle du parent, on peut intégrer dans nos attitudes du quotidien ce qui nous permettra d’avancer vers notre objectif à long terme.

Donc, on n’abandonne pas la “gestion”, mais on le fait en réfléchissant à la manière dont on le fait. C’est ça, pour moi, l’éducation bienveillante.

Si nous y parvenons, nous sommes alors gagnants sur tous les plans. En devenant conscients de nos interactions avec nos enfants, nous améliorons notre relation avec eux ; et en améliorant notre relation avec eux, nous profitons plus d’eux, et nous les engageons à être plus coopératifs. Alors, la relation devient de plus en plus simple.

Qu’est-ce que la connexion ?

On peut parler de connexion, ou de l’idée d’être “en lien” avec l’autre.

La connexion, c’est effectivement ce qui nous relie à l’autre. Au delà cependant de la simple relation, la connexion a une connotation positive.

Lorsque nous cherchons la connexion, nous ne cherchons pas uniquement à être en relation, mais à vraiment ouvrir cette relation à une certaine forme de compréhension, de complicité, de proximité, qui n’est pas présente dans toutes les relations.

Entrer en connexion avec l’autre n’est pas anodin. Cela demande un certain engagement personnel.

Il est par exemple bien différent de saluer simplement son collègue de bureau avec lequel nous sommes en relation au quotidien. ou d’entrer en connexion avec lui en s’enquérant de ce qu’il vit, de ce à quoi il aspire, etc…

C’est un peu pareil avec nos enfants : si nous avons envie d’être en connexion avec eux, réellement, cela demande une ouverture qui nous échappe parfois, et c’est ce que je voudrais vous proposer ici.

L’écoute

Le premier moyen d’entrer en connexion avec l’autre est probablement d’être à son écoute.

Nous l’avons tous remarqué, certaines personnes y arrivent mieux que d’autres…

Ecouter quelqu’un requiert des compétences que nous n’avons pas tous su développer, je m’en rends compte souvent, et malheureusement, je me juge souvent mal sur ce point particulier !

Je cherche cependant à m’améliorer, et j’ai constaté à quel point cela pouvait changer du tout au tout notre relation à l’autre.

Ecouter l’autre, cela requiert en fait pas mal de compétences :

  • savoir se taire
  • recevoir les émotions
  • éviter les jugements
  • éviter les conseils
  • être ouvert

Toutes compétences que nous n’avons pas forcément apprises…

Au contraire, notre tendance irait plutôt à vouloir minimiser les choses, ou à chercher à les résoudre pour l’autre.. ce qui ne lui transmet pas vraiment un message de confiance.

L’acceptation

Pour réussir à être dans la posture d’écoute décrite ci-dessus, encore faut-il pouvoir accepter l’autre.

Lorsque c’est notre enfant, c’est parfois compliqué, parce que nous avons l’impression qu’il est un prolongement de nous-mêmes.

Pourtant, reconnaitre que notre enfant est un être unique, qu’il a le droit à ses propres pensées, ses propres opinions, même si celles-ci ne sont pas toujours alignées avec les nôtres, c’est l’accepter. C’est lui témoigner de l’amour inconditionnel.

Et c’est créer une connexion avec lui.

Car ce n’est qu’en constatant que nous l’acceptons tel qu’il est que notre enfant se sentira en confiance et aura envie de partager avec nous ce qu’il vit.

Ma fille me dit parfois qu’elle est surprise du peu que son amie raconte à ses parents. C’est qu’elle sait qu’elle peut nous raconter sans que nous condamnions son attitude.

Nous savons qu’elle est encore en train de grandir, d’apprendre, de faire ses expériences, et nous sommes là pour l’accompagner.

Le temps

Bien sûr, pour développer cette relation, il faut avoir du temps.

Une vie sous stress n’est bonne ni pour l’enfant, ni pour le parent, ni pour la relation entre eux.

Tous les parents s’en rendent compte : lorsque l’on est pressé, on ne fait rien de bien, on crie plus facilement…

Où est alors le partage ?

Ce n’est pas simple, et cela demande parfois des choix. Des choix qu’il faudra faire en fonction de la famille, et des spécificités de chacun.

Dans certaines familles par exemple, on acceptera de coucher les enfants un peu plus tard pour ne pas avoir à préparer le dîner pendant qu’ils sont dans le bain.

Chez nous, nous avons décidé de faire dîner les plus jeunes seuls, dans un premier service, et de sacrifier le dîner familial pour une ambiance plus détendue. Au moins, ils peuvent commencer plus tôt et prendre leur temps.

Il n’y a plus de stress dans ce moment, et, surtout, on peut prendre le temps de l’histoire !

A vous de voir où placer un moment de détente. Quelle que soit la solution adoptée, elle est importante, parce qu’un tel moment peut tout changer à l’ambiance et avoir un réel impact sur les autres moments familiaux également.

La confiance

Pour terminer, je dirais que la connexion est complète si l’on parvient à avoir confiance en notre enfant. Confiance en ce qu’il nous dit, certes, mais surtout confiance en ses capacités, et en ce qu’il va devenir.

Confiance en le fait qu’il est encore en phase d’apprentissage mais qu’il y parviendra. Nul besoin de punir, de crier, de s’énerver pour que les choses “entrent”. Les choses entreront.

Bien sûr, le métier de parent requiert une patience inouïe, mais quel bonheur de constater que cela paye ! Que, peu à peu, les choses se mettent en place. Que les erreurs ont effectivement servi d’expérience.

Et surtout, surtout, que notre enfant, qui a vu notre regard de confiance posé sur lui, a appris à SE faire confiance.

Coralie du blog “Les 6 doigts de la main

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