Cultiver la bienveillance en famille recomposée

Anne-laure est la créatrice du blog  Tribu Radieuse, ou comment (sur)vivre en famille recomposée. Elle a choisi de créer ce blog sur et pour les familles recomposées car elle a connu beaucoup de difficultés en tant que belle-mère ces dernières années. Aujourd’hui elle a réussi à les dépasser, et voudrait partager son expérience pour aider les autres belles-mères qui souffrent au quotidien et en silence, malgré tous leurs efforts.

Suite au décès prématuré de sa mère lorsqu’elle était bébé, elle a grandi en famille recomposée dès ses 5 ans (une grande famille de 7 enfants). Et en tant qu’adulte, elle perpétue cette tradition 🙂 Cela fait 13 ans qu’elle vit dans une famille recomposée avec 4 enfants. Elle a donc, grâce à son expérience, la double vision enfant/adulte.

Cette semaine, elle nous invite à découvrir comment cultiver la bienveillance en famille recomposée.

Les enfants, en particulier ceux qui vivent en famille recomposée, ont besoin d’être rassurés et élevés dans la bienveillance. L’enjeu est de taille pour les parents/beaux parents de ces familles à géométrie variable. En effet, les enfants qui y vivent sont fragilisés soit par la séparation plus ou moins récente de leurs parents, soit par le deuil. De plus, élever des enfants qui ne sont pas les siens et qui des fois sont loin d’être coopératifs, et y ajouter de la bienveillance est un réel défi ! Dans cet article, vous trouverez des pistes pour y parvenir.

La bienveillance en famille recomposée est-elle possible ?

La famille recomposée est un terrain propices aux relations tendues, voire très conflictuelles entre beaux-parents et beaux-enfants. Les causes sont diverses :

  1. Un mauvais départ dans les relations entre les individus, causé par une préparation inadaptée,
  2. Des habitudes de vie divergentes,
  3. Les émotions décuplées : la tristesse, la jalousie, la colère, le manque de sécurité affective,
  4. Le manque de communication et de cohérence au sein du couple parental,
  5. La culpabilité d’un des adultes, voire des deux,
  6. L’absence d’amour entre certains membres de la tribu,
  7. etc.

Pourtant, des solutions faciles à mettre en place existent, pour que les relations s’apaisent au sein de la famille recomposée. Cela passe d’abord par une prise de conscience des adultes qui composent le couple parental : ils ont le devoir, vis-à-vis de tous les enfants de la tribu, de les rassurer, les aider et les encourager. C’est donc entre les mains du père/beau-père et de la mère/belle-mère que la clé d’une éducation bienveillante repose.

Se remettre en question

Certes, être beau-parent aujourd’hui n’est pas facile ! L’ex de votre conjoint.e vous en fait voir de toutes les couleurs et vous êtes fréquemment la cible de réflexions désagréables de la part de vos beaux-enfants ! Vous avez du mal à les canaliser et à gérer leurs disputes avec vos propres enfants ! En outre, vous avez l’impression d’être le directeur ou la directrice d’une colonie de vacances tant l’organisation du quotidien est énergivore.

OK, mais en vous mettant en couple avec leur père ou leur mère, vous avez pris tout le package : les enfants, l’ex, la famille de l’ex, etc. ! Vous avez choisi cette situation. Vos beaux-enfants, eux, n’ont pas pu choisir. Ils subissent les choix de leurs parents séparés. C’est donc à vous de retrousser vos manches et de tout faire pour apaiser les relations. Vous en sortirez gagnant(e) !

Si vous avez l’impression que vous êtes souvent la cible des colères et des critiques de vos beaux-enfants, c’est sans doute à votre fonction de beau-parent qu’ils s’en prennent, plus qu’à vous-même en tant que personne. En effet, vous n’êtes pas leur figure d’attachement principal, contrairement à leur parent. Ils ont donc moins peur de mettre en péril leur relation avec vous, et ce même si vous n’êtes pas à l’origine de leur frustration. Par conséquent, prenez du recul et essayez de ne pas prendre les choses personnellement.

Connaitre la figure d’attachement

La figure d’attachement d’un enfant est la personne qui s’occupe et prend soin de lui de façon continue et privilégiée. C’est la personne en qui l’enfant aura une confiance absolue et avec qui il se sentira en sécurité. Dans nos sociétés occidentales, c’est souvent la mère, ou le père. Ceci dit, malgré la prédominance des sentiments pour ses parents, l’enfant est capable de faire une large place dans son cœur à un beau-père ou une belle-mère qui saura le respecter et le traiter avec bienveillance. Mais n’essayez pas de remplacer la mère ou le père, vous mettriez l’enfant en situation de conflit de loyauté. Et s’il avait à choisir, il se tournerait logiquement vers son père ou sa mère.

Il arrive, quand la mère est défaillante ou décédée, que l’enfant reporte son attachement sur sa belle-mère. Pareil pour le père/beau-père. C’est une mission incroyable et tellement forte ! Dès lors, à vous de ne pas décevoir cet enfant qui attend tellement de vous. Du point de vue du beau-parent, c’est une chance inouïe, car le tapis rouge s’étend devant vous, vous n’avez plus qu’à aimer l’enfant. Il vous laisse faire, ne laissez pas passer cette chance !

Pour les autres beaux-parents, le temps est votre allié : les relations se construisent peu à peu. Montrez à vos beaux-enfants que vous êtes digne de leur confiance, dans la bienveillance.

Répondre aux besoins fondamentaux des enfants

Petit rappel de la liste des besoins fondamentaux de l’enfant :

  1. La sécurité : Faire confiance aux adultes
  2. L’amour : Se sentir aimé, écouté, valorisé
  3. L’appartenance à un groupe : Avoir sa place,
  4. Avoir un cadre, des règles
  5. La stabilité, la routine
  6. Prévoir les événements à venir
  7. Avoir un refuge
  8. Jouer, découvrir

Si un enfant a un comportement violent ou turbulent, c’est forcément qu’un de ses besoins fondamentaux n’est pas satisfait !

Au sein de la famille recomposée, l’enfant a besoin d’être rassuré très souvent sur différents points :

  • sa place au sein de la tribu. Est-ce que je compte autant que les autres enfants ?
    Mettez en avant les qualités et la singularité de chacun des enfants pour éviter les comparaisons qu’ils ne manqueront pas de faire entre eux.
  • l’amour que lui porte son parent. Mon père m’aime-t-il toujours autant maintenant que ma belle-mère et ses enfants vivent avec nous ?
    Rassurez votre enfant sur l’amour que vous lui portez en lui parlant et en lui accordant du temps en tête-à-tête.
  • l’amour que lui porte son beau-parent. Mon beau-père m’aime-t-il vraiment ? Est-ce qu’il me déteste ? Suis-je un poids pour lui ?
    En tant que beau-parent, ne favorisez pas ouvertement vos propres enfants. Traitez tous les enfants de la tribu de la même manière, avec équité.
  • la pérennité de la relation de son parent et de son beau-parent. Mon père va-t-il rompre avec ma belle-mère comme avec maman ? Est-ce bien raisonnable que je m’investisse émotionnellement avec ma belle-mère si elle doit quitter la maison dans quelques semaines ?
    Faites de votre couple un pilier inébranlable. Évitez les disputes devant les enfants et montrez leur que votre couple est solide et que les enfants peuvent compter sur le duo que vous formez.

Prouver son attachement au quotidien

Les débuts en tant que beau-parent peuvent être difficiles, car les enfants de votre conjoint.e n’ont pas besoin de vous, ils ne vous connaissent pas, et ils doivent partager leur parent adoré avec vous et vos enfants. Ils ont besoin de temps pour vous faire confiance et vous “adopter”.

C’est pourquoi devenir un beau-parent bienveillant implique de la persévérance et des actions au quotidien, menées pour que l’enfant se sente respecté, accueilli, à l’aise et libre d’avoir une relation fluide avec son parent. En effet, la bienveillance passe aussi par la générosité et le partage.

Pensez donc à :

  • Laisser vos beaux-enfants avoir des moments en tête à tête avec votre conjoint.e,
  • Les complimenter et les encourager,
  • Échanger, communiquer avec eux, vous soucier de leurs centres d’intérêt,
  • Respecter leurs moments de tristesse durant lesquels ils vous tourneront un peu le dos, ne pas leur en tenir rigueur,
  • Les respecter, prendre soin d’eux et leur montrer votre attachement.

Si vous incluez ces actions dans votre comportement avec vos beaux-enfants, ils baisseront la garde. Votre implication de chaque jour sera une preuve supplémentaire de votre attachement, et ils pourront se sentir en confiance avec vous.

Si vous souhaitez avoir plus de conseils destinés aux familles recomposées, je vous invite à découvrir mon blog Tribu Radieuse, ou comment (sur)vivre en famille recomposée. Vous y trouverez astuces et conseils pour apaiser les tensions et réduire les difficultés du quotidien, voire même pour devenir un beau-parent zen et détendu.

 

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3 Comments

  • Sellier

    Reply Reply 17 novembre 2018

    Bonjour j’ai été longuement maman solo de 2 gars et un jour j’ai rencontré mon mari, au début le bonheur il voulait même adopter mon cadet et était adorable avec mon cadet puis aux 8 ans de mon cadet nous avons eu des jumeaux ensemble et depuis mon mari n’a plus aucune attention pour Henry mon deuxième ( il n’en a jamais eu pour mon premier mais j’étais trop aveuglée pour le voir) et depuis Henry exprimé une terrible colère et je ne sais plus quoi faire ! Mon mari refuse tt dialogue et tte responsabilités

    • Tribu Radieuse

      Reply Reply 20 novembre 2018

      La paternité semble avoir rendu votre mari exclusif ! Sans dialogue possible, la situation risque de perdurer, voire d’empirer. Il faut absolument que votre mari accepte le dialogue et s’exprime sur ces changements. Il doit bien y avoir un moyen pour vous de lui faire comprendre que cette situation ne vous rend pas heureuse et touche votre fils. Bon courage !

  • nini

    Reply Reply 13 septembre 2019

    bonjour, mon compagnon a un petit garçon.
    je suis resté avec mon compagnon pendant 7mois, j’ai eu l’occasion de passé du temps avec son fils. car à ce moment là la situation était conflictuel avec son ex, qui me détestait. il s’est remis avec son ex, entre les remords et une demande de son fils et de son ex de revenir. au bout de 8 mois nous sommes revenus ensemble. cela fait 4 mois que nous sommes ensemble. tout se passe bien avec la garde partagé et les relations entre son ex et elle par rapport à moi. mais…..

    au fur et a mesure du temps, quand nous avons son fils avec nous, je ressent de la jalousie, de l’agacement, de la tristesse, de la culpabilité.
    je trouve que mon compagnon fait de lui sa priorité et pas notre couple et ni notre avenir.
    quand son fils est avec nous, il fait des manières pour attirer l’attention de son père tout le temps. ça m’agace parce que j’ai envie aussi d’un moment de câlins ou de complicité qu’ avec son père.
    j’ai aussi cette impression de ne rien pouvoir dire coté autorité. mon compagnon revient toujours sur ce que je dis à son fils et devant son fils.
    lorsque nous nous sommes installés, dès le début mon compagnon m’as dit qu’il ne voulait pas avoir d’enfant avec moi car il avait peur que son fils le prenne mal. qu’il ne voulait pas faire vivre à son fils un événement bouleversant à nouveau. ça m’as fait très mal surtout la manière dont il a dit.
    j’ai cette sensation d’etre seule, que je dois assurer mon avenir de mon côté sans le compter dans mes projets parce que j’ai l’impression que c’est ce qu’il fait. chacun ses projets. que son fils est sa priorité et donc le moi et le reste c’est pas aussi important que ça.
    je souffre beaucoup de cette situation, j’ai l’impression d’être une personne détestable, égoïste. je ne sais pas comment faire.
    j’aime mon compagnon. son fils est vraiment un enfant adorable. il demande mon attention mais j’ai dû mal à lui en donner parce que je suis dans cette position. ca me bloque je n’arrive pas à lui donner du temps et de l’amour. alors que je le trouve absolument adorable.
    j’essaye depuis le débuts de comprendre son père et son fils à cause de la séparation mais du coup je ne sais plus quoi faire pour moi. je ne trouve pas ma place.

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