Disputes entre frères et soeurs : comment gérer leurs conflits ?

Selon Nicole Prieur, tant qu’il y a dans la fratrie une « alternance » des moments de complicité et des moments de conflits… c’est que tout va bien ! Les disputes entre frères et sœurs sont parfaitement NORMALES ! Elles leur permettent d’ailleurs de se différencier, de s’affirmer.

Notre rôle, en tant que parents, est de leur faire comprendre qu’ils sont différents… mais qu’ils peuvent être complémentaires ! De leur faire comprendre aussi qu’ils ont le droit d’avoir de « mauvais sentiments » (qu’ils ne sont pas coupables pour ça)… mais qu’ils n’ont pas le droit de « mal agir » (être violent, méchant, etc.).

Il est important de rappeler souvent à ses enfants : « Vous avez le droit de ne pas vous aimer, mais vous devez vous respecter ! ». Faites le test, vous serez surpris : « Plus on insiste pour que les enfants s’aiment… plus ils se détestent ! Alors que plus on leur permet de se détester… plus ils s’aiment ! »

Bon d’accord, ils se disputent : c’est normal. Mais comment faire pour que ce soit moins fréquent, pour que avoir moins besoin d’intervenir et pour qu’ils arrivent quand même à s’entendre de temps en temps !?

Disputes entre frères et sœurs

Intervenir efficacement en cas de disputes entre frères et soeurs

Vous l’avez certainement remarqué : chercher le coupable, prendre la défense de l’un des enfants (souvent de façon arbitraire), les forcer à partager ou confisquer l’objet de la dispute… ne font généralement qu’aggraver la situation. Ces attitudes font en effet « perdre la face » à l’un des enfants, ou lui font ressentir un fort sentiment d’injustice… et risquent de l’inciter à élaborer des stratégies de vengeances ou de représailles.

OK c’est bien beau… mais à la place, on fait quoi alors ?

Hé bien voici quelques conseils, issus de deux de nos livres favoris (« Jalousies et rivalités entre frères et sœur » de A. Faber & E. Mazlish et « La discipline positive » de Janne Nelsen), pour adapter votre intervention à l’intensité de la dispute de vos enfants :

1er degré – les chamailleries

Lorsque ce ne sont que des chamailleries, laisser les enfants se débrouiller seul autant que possible (plutôt qu’intervenir au moindre chouinement) leur permet d’apprendre à régler eux-mêmes leurs conflits.

 

2ième degré – les disputes

Si intervenir est nécessaire, intervenir de manière impartiale… et les laisser régler eux-mêmes leur conflit :

  1. Pour stopper la dispute, décrire la situation : « Je vois que vous n’êtes pas d’accord… »
  2. Écouter la version de chaque enfant, sans le couper.
  3. Décrire et valider le problème : « Donc si je comprends bien, le problème c’est que… »
  4. Leur expliquer que nous avons confiance en leur capacité à trouver une solution qui pourra satisfaire tout le monde. (leur en suggérer quelques-unes si besoin).
  5. Quitter la pièce pour les laisser vraiment trouver une solution ensemble.

3ième degré : les conflits violents ou récurrents

Lorsque la dispute devient violente et qu’il faut intervenir pour éviter qu’ils ne se blessent, ou lorsque le conflit est récurent : proposer une « recherche de solutions » :

  1. Pour stopper la dispute, décrire la situation : « Je vois qu’il y a un gros problème… »
  2. Rappeler les règles : « Il est absolument interdit de se faire du mal les uns les autres ».
  3. Les inviter à faire, chacun de leur coté, un « temps de pause » ou à défouler symboliquement leurs sentiments (sur une peluche, en dessinant, etc.).
  4. Une fois le calme rétabli, les réunir à nouveau et leur expliquer le principe de la recherche de solutions : «  Nous allons chercher ensemble des solutions à ce problème afin que chacun puisse se sentir mieux ».
  5. Commencer par écouter la version de chacun, sans les interrompre.
  6. Mettre par écrit le ressenti de chaque enfant et ce qui le préoccupe, puis valider ces notes afin d’être sûr d’avoir bien compris.
  7. Laisser à chaque enfant la possibilité de réfuter la version de l’autre.
  8. Leur demander de suggérer autant de solutions que possible. Encourager les idées et les noter toutes (même les plus farfelues), sans jugement. Laisser les enfants les commenter. Si possible essayer de ne pas faire de suggestion, ils pourraient croire que les leurs sont moins bonnes.
  9. Éliminer les solutions qui ne sont pas réalisables et ne garder que celles qui conviennent à tout le monde. Aider au choix final et vérifier que la décision prise soit juste pour les deux enfants
  10. Mettre en place un « suivi » : « nous nous réunirons à nouveau la semaine prochaine pour voir si nous sommes tous satisfaits de la façon dont les choses se passent grâce à cette solution » (Si ce n’est pas le cas, faire une nouvelle recherche de solutions).

jalousies et rivalités entre frères et sœurs

 

Le cas des conflits de propriété

Bien qu’il soit important d’apprendre à ses enfants la notion de partage, il est tout aussi important de faire respecter le principe de « droit de propriété », qui défend les droits des deux enfants lorsqu’ils sont en conflit.

Obliger les enfants à partager ne fait que saper toute tendance à « donner de bon cœur » ! Lors d’un conflit de propriété (un enfant qui ne veut pas prêter son jouet à son frère par exemple) il est possible de prendre parti tout en laissant la décision finale aux enfants : « C’est ton jouet Lou, et c’est à toi de décider… mais je suis sur que vous pouvez trouver un arrangement entre vous ».

Pour les encourager à partager, on peut :

  • Leur laisser de temps en temps la responsabilité du partage (« Léo, je te fais confiance pour partager équitablement les gâteaux apéritifs entre tes sœurs et toi »)
  • mettre en évidence les avantages du partage (« Lili, si tu prêtes ton bébé à Lou, je suis sur qu’elle voudra bien te prêter sa poupée »).
  • Les encourager en montrant notre satisfaction lorsqu’ils partagent est spontanément (« C’est vraiment très généreux de ta part, Lou, que d’avoir partagé ton goûté avec ton frère »)
  • En donnant nous-mêmes l’exemple !

 

Nous espérons que vous testerez certains de ces conseils… Et que vous reviendrez nous parler des résultats avec vos enfants !

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9 Comments

  • Benoit CONSIGNY

    Reply Reply 21 octobre 2013

    Bonjour !
    Quand j’ai lu la phrase “Vous avez le droit de ne pas vous aimer”, j’ai failli tomber de ma chaise! Je ne m’imaginais pas dire cela a mes enfants ! Le test que vous proposez est vraiment une prise de risque: “Plus on leur permet de se détester… plus ils s’aiment !”. Et si ca ne marchait pas ?

    Comme mes enfants se disputent pas mal en ce moment, et que cela prend parfois des proportions assourdissantes, je crois que je vais bien tirer profit de cet article.
    A bientot,
    Benoit

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 25 octobre 2013

      A tester absolument Benoit ! Ça a en tout as très bien fonctionné chez nous : Lorsque Léo était devenu très jaloux de sa petite sœur Lou, il lui arrivait de se confier à nous “je l’aime pas !”, “j’aimerais qu’elle disparaisse”… Nous lui disions alors qu’il avait le droit de ne pas l’aimer… que c’est dur d’être le grand frère et d’avoir une petite sœur agaçante, etc.
      Croyez-le ou pas, quelque temps après, il est aller dire un secret à l’oreille de Lou, juste avant de repartir sur Paris chez sa maman (il ne vivait pas avec nous à l’époque). C’est plus tard que Lou nous a dit “vous savez ce que Léo m’a dit dans l’oreille ? Il ma dit JE TAIME” !

  • Sophie

    Reply Reply 28 octobre 2013

    Trop beau le commentaire #2 … Pour
    part, demi frére né cette semaine. J’ai assez peur d avoir à gérer ce genre de conflit entre mes deux ainés et ce demi-frére. Mais bon, je fais confiance à mon conjoint qui est assez fin en relatipn humaine et qui n’aidera à gérer tous cà…

  • Sab Rina

    Reply Reply 17 novembre 2013

    mes enfants (aîné Garçon 5 ans et cadette 2 ans fille) se chamaille sans cesse ça cri ça pleur

    c’est surtout la petite qui veut tous ce que le grand a et réagit de façon parfois violente elle le tape mort le grand cri pleur viens se plaindre mais ne se venge pas sur sa sœur

    j’aimerai savoir de quelle façon gérer ça c’est dur avec la petite de 2 ans mon grand comprend qu’il faut qu’elle apprenne mais c’est pas évident …

    sinon il se montre beaucoup de marque d’affection mais j’aimerais que cela Evolu dans le bon sens et avoir le bon comprotement

  • Christelle

    Reply Reply 29 mai 2014

    Bonjour,

    Je viens de découvrir votre site qui me paraît génial.
    Je suis une maman de 3 enfants (2 garçons 9 et 6 ans et une fille 3 ans).
    Ma vie à la maison est un véritable enfer je dois l’avouer.
    Mes 2 garçons passent leur temps à se disputer violemment. Tout est sujet à discorde et se tapent dessus. le problème c’est que c’est toutes les 2 mn. Je ne supporte plus cette situation et surtout je ne sais plus comment réagir, je suis épuisé. Je suis constamment sous tension, je ne supporte plus grand chose. Je passe mon temps à crier ce qui n’a aucun effet. J’ai l’impression d’être transparente.
    Je vais essayer de suivre vos conseils.
    Si vous avez d’autres conseils je suis preneuse.

    D’avance merci.

  • Clara

    Reply Reply 19 janvier 2016

    Bonjour je pense que tous les conseils sont très bons mais très difficile et très long à mettre en place.moi aussi mes deux garçons de 7 et 9 ans passent leur temps à se battre et de manière relativement violente ce qui m’effraie car moi et mon mari ne sommes pas violents. punition et privation de ce qu’ils aiment restent à ce jour la solution la plus rapide et la plus simple que j’ai trouvé pour arrêter les coups et les bleus qu’ils se font entre eux. Il n existe pas de mode d’emploi pour être parents nous essayons simplement de faire mieux que nos parents mais nous sommes encore différents de nos enfants. pris par le temps et la vie quotidienne il n’est pas toujours très simple de prendre le temps même si nous avons conscience que c’est la meilleure solution. Il faut s’adapter a leurs besoins et a l’environnement d’aujourd’hui

  • Angélique Mathieu

    Reply Reply 8 février 2017

    Je me souviens en souriant que mon frère aîné lorsque nous étions petits, ne voulait jamais prêter ses jouets à mes frères et moi.

    Par contre, lors de chaque anniversaire, il était le premier à nous emprunter nos jouets pour découvrir comment ils fonctionnaient! 🙂

    Ma mère lui disait souvent: “Yannick laisse tes frères et sœurs découvrir leurs jouets en premier quand même!” 🙂

    Je suis toujours attristée de voir des familles où les enfants se disputent sans cesse.

    Avec les années, ils en viennent à dire qu’ils se détestent tant leurs relations sont désagréables. 🙂

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