9 outils pour apaiser les peurs de l’enfant

Cet article est le second volet de notre dossier sur les peurs de l’enfant.
N’hésitez pas à lire le premier article, qui explique les
3 principales origines des peurs des enfants, et le troisième et dernier article du dossier : Comment aider votre enfant à surmonter ses peurs

 

Que ses peurs viennent d’une expérience traumatisante, d’une réaction marquante de ses parents, de son monde imaginaire, etc.  L’enfant a besoin d’être accompagné et soutenu pour les surmonter !

Vous trouverez dans cet article quelques outils qui peuvent vous permettre d’accompagner avec bienveillance et respect les peurs de votre enfant.

Il ne faut jamais forcer un enfant à affronter quelque chose qui lui fait peur avant qu’il ne soit prêt à le faire.

peurs enfants

 

1). L’accueil et le respect

Toute peur mérite un accueil respectueux, afin que l’enfant se sente le droit d’avoir peur. Même si vous ne comprenez pas vraiment ce qui l’effraie, ne pas nier ses émotions et ses ressentis, au contraire, reconnaissez-les : « Tu as eu peur du clown, je comprends, c’est la première fois que tu en vois un.» .

2). L’écoute

Ecouter l’enfant afin de comprendre ce qu’il perçoit comme menace, comme danger potentiel à travers cette peur. L’aider à exprimer, à verbaliser et définir sa crainte à travers des questions ouvertes et larges. « Qu’est ce que tu as ressenti quand tu as vu le clown arriver sur la scène ? Qu’est ce que tu n’aimes pas dans son déguisement ? » Laissez l’enfant s’exprimer sans l’interrompre, et acceptez sans moquerie, ironie etc. les explications et doutes de votre enfant.

3). La reconnaissance empathique

Accepter et reconnaitre la peur de votre enfant « Tu as eu peur du clown, je comprends, moi aussi il m’a fait peur quand il a soufflé dans sa trompette et qu’il sautait partout» Sans chercher à résoudre le problème à sa place, lui montrer votre soutien et votre compréhension face à ce nouveau défi qu’il va devoir surmonter.

4). Le réconfort

Votre enfant a besoin d’entendre qu’il est très habituel et normal d’avoir peur de certaines choses. Le rassurer selon le besoin ressenti : serrez-le dans vos bras, dites-lui qu’il n’a pas à s’en faire, que vous êtes là pour l’aider et l’accompagner

Lou, 3 ans et demi, ne trouvant pas son sommeil :  « Comment elle fait Lili pour s’endormir aussi vite ? Elle n’a pas peur des monstres ? Elle est plus petite que moi, mais elle est plus grande quand même parce qu’elle a pas peur ». « C’est normal ma puce, Lili est encore trop petite pour être capable de s’inventer des histoires et d’imaginer des monstres… Léo aussi il avait peur des monstres quand il avait ton âge, mais bientôt tu pourras, comme ton grand frère, réussir à t’apaiser en te disant que ce n’est que ton imagination qui travaille»

peurs enfants monstres sous lit

5). Faire appel aux compétences intérieures de l’enfant

Il faut l’aider à trouver, en lui-même, les ressources pour traverser et dépasser sa peur. Ne pas hésiter à lui rappeler une peur qu’il a réussi à affronter, cela lui permettra de se sentir fier et de gagner en confiance pour faire face à cette nouvelle étape.

« Tu te rappelles une peur que tu avais et que tu n’avais plus après ? ». Le guider : « Tu te rappelles quand tu avais peur de t’endormir toute seule dans ta chambre à cause des monstres? » Lui laisser se rappeler et exprimer son ressenti. « Un jour tu m’as dit que tu n’avais plus besoin que je reste jusqu’à ce que tu t’endormes si je voulais bien laisser la lumière des toilettes allumée. Tu as réussi à t’endormir toute seule. Et tu te rappelles comment tu étais contente de venir me dire que tu avais passé toute la nuit dans ton lit. »
Laisser votre enfant se remémorer ces émotions de fierté et de confiance en soi alors ressenties « Tu vois, tu as déjà surmonté tes peurs. À ton avis, qu’est-ce qui pourrait t’aider à ne plus avoir peur du clown ? »

6). Le récit de nos propres expériences

Après avoir écouté et accompagné l’enfant à trouver sa propre voie, on peut lui raconter nos propres expériences et la façon dont nous les avons dépassées. Cela le rassurera de savoir que tout le monde a peur !

Lui exprimer en toute sincérité des peurs qui nous ont marqué, mais évidemment qui ne lui appartiennent pas et/ou qu’ils ne peut pas développer. N’en rajoutez pas une couche !

7). Les réponses rationnelles aux questions

Vous pouvez aider votre enfant à “comprendre sa peur”. Il a probablement besoin de réponses rationnelles face à ce qu’il ignore, qu’il ne comprend pas, l’objet de sa peur.

Alors qu’elle adorait jouer dans le jardin, Lou ne voulait plus y mettre les pieds à cause des « monstres noirs ». Après l’avoir écouté décrire ces monstres, nous avons compris que l’objet de sa peur était l’ombre des arbres. Nous lui avons donc expliqué ce phénomène en jouant avec une lampe et des petits objets qu’elle pouvait déplacer pour créer des ombres, aux ombres chinoises le soir dans sa chambre… Elle a rapidement surmonté sa peur et retourne jouer dehors sans crainte.

peur enfant ombre

Ne pas hésiter à utiliser différents médias pour répondre aux interrogations de vos enfants : livres traitants de la peur, exposition, jeux divers… nous y reviendrons dans la troisième partie.

8). La recherche d’idées, astuces pour faire face à sa peur.

Ne pas lui donner notre avis directement. Le laisser nous donner ses idées sans les juger. Comme à chaque « recherche de solutions » votre enfant vous étonnera surement beaucoup par ses capacités de réflexion et d’imagination. Le guider en évaluant avec lui les pistes évoquées.

Léo appréhendait sa rentrée en CE2 dans sa nouvelle école : « Ça me fait une boule dans le ventre ce matin, j’ai peur de ne pas me trouver de copain, en plus ils se connaissent déjà tous ! » Après avoir accueilli et écouté ses craintes « Qu’est-ce qui pourrait aider à faire disparaître ou diminuer cette « petite boule » ? Plusieurs idées lui sont venues : « Je ne vais pas à l’école ! » Il faudra y faire face à un moment … « Tu peux rester un peu avec moi et m’aider à me trouver un copain avant de rentrer en classe », « Je vais essayer de trouver un autre garçon comme moi qui a l’air de ne connaître personne » « Je n’ai qu’à prendre mon ballon et proposer de faire une partie de foot ! Je suis sûr que je me ferais plein de copains! » Quelques mots échangés avec ses futurs camarades sous le préau et quelques sourires timides plus tard, Léo commença à taper dans le ballon avec plusieurs enfants de sa classe! Ravi et impatient de connaître les détails de ses nouvelles relations, je le retrouve dès 16h30 : « Tu sais, si tu veux que je me fasse des copains il faudrait que je puisse rester à la garderie un peu ! Bon à demain Gabriel, Capucine, Antoine, Mathieu, Thomas… » « Salut Léo !!! » Sa peur du matin n’était qu’un lointain souvenir…

Si la solution choisie par l’enfant ne fonctionne pas ou ne suffit pas à l’aider à surmonter sa peur, analysez avec lui la situation et partez à nouveau dans une recherche d’idées.

 

9). Se réjouir de l’étape qu’il vient de surmonter.

On peut par exemple dire à son enfant qu’il peut être fier de lui car il grandit et comprend de mieux en mieux son environnement. On peut aussi l’encourager en lui rappelant comment il a réussi à surmonter sa peur, maîtriser ses émotions en trouvant seul des solutions.

« Léo ce matin j’ai vu que malgré ton appréhension, tu es allé voir Mathieu et tu lui as proposé de venir jouer au foot avec toi. J’ai trouvé ça très courageux de ta part. Et tu as vu, vous avez donné envie à plein d’enfants de venir jouer avec vous. C’était une bonne idée de ramener ton ballon ! Tu grandis et tu sais de mieux en mieux gérer tes émotions ! Tu dois être fier de toi ! »

 

Dans le troisième et dernier article de ce dossier sur les peurs, que nous publierons bientôt, nous vous proposerons de nouvelles pistes pour aider vos enfants à affronter et surmonter certaines des peurs les plus fréquentes :

  • La peur du bruit
  • L’angoisse du coucher
  • La peur des monstres/fantômes/sorcières
  • La peur de l’école
  • La peur de l’abandon, de la mort…

 

A très vite… et n’hésitez pas à partager vos anecdotes, les solutions qui ont fonctionnées pour vous etc. … en laissant un commentaire ci-dessous !

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9 Comments

  • guillard

    Reply Reply 20 décembre 2013

    Hello ! c’est justement ce qui nous ai arrivé avec Louis cette nuit ! Il se réveille régulièrement et bizarrement tjs au mm moment soit 22h30 – 23h . Le problème est qu’il pleure et qu’il ne parle pas impossible de lui décrocher un mot c’est agaçant ! Alors je réussi au bout de 30 min à le calmer en le prenant et en l apaisant ! Merci de votre site c’est génial. Gwen

  • Moineuse

    Reply Reply 20 décembre 2013

    Bonjour les supers parents, je trouve votre article super (comme vous!). Le clown, en se moment c’est le Père Noël pour certains enfants et je trouve que votre article tombe à pique ! Ma fille de 4 ans à peur du noir, et aussi de rester seule (les portes ouvertes) dans les chambres et la salle de jeux qui se trouve à l’étage de la maison, même en plein jour. Elle à donc des jouets en bas et joue en haut uniquement si elle est accompagnée. J’ai acheté le livre “Baltazar n’a pas peur du noir et Pépin presque pas non plus”, je lui est déjà raconté plusieurs fois, on a même fait le parcours dans la chambre les yeux fermé, on regarde sous le lit, ect. Je l’ai écouté, j’ai verbalisé, et aussi expliqué quelques une de mais peurs. J’utilise les mots: tu es en sécurité, papa et maman reste dans la maison, je laisse la lumière du couloir allumé la nuit et ta soeur est avec toi. Donc pour la peur du noir c’est beaucoup mieux, elle gère. J’attends le jour où elle sera prête a jouer seule dans sa chambre, c’est pas un problème en soi qu’elle joue en bas, le souci c’est quand elle veut absolument jouer dans la salle de jeux et que je ne peux rester là haut. Je lui propose de descendre les jouets qu’elle veut, mais parfois c’est pas toujours possible de “déménager” toute la pièce… alors on négocie, trouve des compromis mais souvent elle pleure.

  • Colette

    Reply Reply 13 janvier 2014

    Bonjour,

    Tout d’abord félicitation pour votre blog. Quel contenu riche !!!

    Adam 4 ans 1/2 avait peur de la piscine.
    Il a mis 2 jours avant de rentrer dedans, et il ne lâchait jamais le bord.
    Jusqu’à ce qu’un cousin un peu plus âgé que lui et très a l’aise dans l’eau, vienne. L’émulation a jouée son rôle a fond.
    Apres 1 semaine, il sautait dans l’eau, mettait la tête sous l’eau.

    Il peut dorénavant y rester des heures.

    Cordialement
    Colette

  • Véronique Gonthier

    Reply Reply 29 septembre 2017

    Bonjour,

    Premièrement, bravo pour votre blog enrichissant!

    Mon garçon de 7ans a peur de se retrouver seul dans différents endroits, de jour comme de nuit, depuis que des plus grands lui ont raconté des histoires de clowns et de poupées tueurs! Il me semble avoir démontré empathie, compréhension et accompagnement. Je lui aie même parlé de ma peur (sans trop détailler).
    Ca m’attriste énormément de le voir s’empêcher de faire des activités qu’il aime parce qu’il n’ose pas passer par le couloir de l’immeuble seul. Lorsque je lui demande ce qui pourrait l’aider, il me répond qu’il ne sait pas et qu’il n’y arrivera jamais et qu’il n’est pas capable…et se dévalorise. Je lui remémore alors vivement les fois où il a réussi, mais ça n’aide pas toujours.
    Je me sens assez démunie et aimerait pouvoir aider mon enfant à passer cette étape.
    En attend de vos idées.
    Véronique

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