Un enfant Hors Normes… n’est souvent que le miroir d’un parent en souffrance !

Voici une histoire… qui ressemble peut-être la vôtre !? En tout cas qui correspond presque en tout points à ce que nous avons personnellement vécu, notamment avec notre fille Lou !! Cette histoire, c’est notre amie Carol qui va vous la raconter et attention : séquence émotions et larmes (à ne pas retenir 😉 quasi garantie !

Une histoire… qui ressemble peut-être à la votre !

Lorsque Nadia vient récupérer son fils de 5 ans à l’école, elle n’a pas besoin d’un dessin pour savoir qu’il ne va pas bien. Elle connaît par cœur ce regard éteint et cette mine déconfite : Nathan a de nouveau passé une journée épouvantable à l’école.

Nadia sait parfaitement ce qui va se passer d’un instant à l’autre. Et cela ne se fait pas attendre…

Dès qu’ils traversent le seuil de la maison, Nathan essaie d’enlever ses chaussures. Il n’y arrive pas du premier coup ; il s’acharne contre elles. De rage, il cogne son pied récalcitrant par terre et finit par exploser en sanglots.

Nadia le console comme elle le peut pendant de longues minutes. Comme à chaque fois…

L’après-midi, Nathan s’énerve de nouveau, il pleure pour des broutilles, il prend la mouche pour un oui ou pour un non et malgré tous les efforts que sa mère déploie pour le contenter, il ne semble jamais satisfait. Toujours quelque chose qui cloche, toujours quelque chose qui le dérange, qui le perturbe, qui lui fait peur… Ça semble ne jamais s’arrêter.

Même lorsqu’il est censé être tout content, pendant une fête d’anniversaire ou une sortie spéciale, il finit par être, au mieux agacé, au pire, dans tous ses états.

Pour ne rien arranger, les gens autour d’elle lui font souvent des remarques. « Tu ne trouves pas que Nathan est un peu excessif ? », « Pourquoi est ce qu’il pleure autant ? », « Il n’est jamais content, ton fils… », « Mon Dieu, mais c’est qu’il prend tout à cœur, cet enfant ! ». Toutes ces petites phrases bien intentionnées finissent par la blesser et faire monter le doute en elle : et s’il y avait bien quelque chose qui clochait chez son fils ?

Ces derniers temps, Nadia perd rapidement ses moyens face aux démonstrations émotionnelles de Nathan. A chaque fois qu’il s’énerve, elle se sent comme prise au piège, envahie de sensations désagréables. Quand elle le voit arriver en pleurs, sa gorge se noue instantanément, son cœur s’emballe, et un poids s’installe sur sa poitrine. Lorsque ça arrive, elle doit prendre tellement sur elle pour rester correcte avec lui (ne parlons même plus d’être bienveillante !).

Son papa semble beaucoup moins inquiet qu’elle à propos de leur fils. Il dit que Nathan est juste un peu plus ronchon et démonstratif que les autres enfants, mais qu’il va bien dans l’ensemble. Qu’elle se fait trop de soucis pour rien.

Cette réponse agace Nadia. Elle a l’impression qu’il se voile la face et qu’il ne veut pas voir que leur fils n’est pas comme les autres enfants.

« Si seulement Nathan pouvait être un peu plus léger, un peu plus zen, un peu moins prise de tête et surtout plus joyeux et insouciant », pense t-elle. « Prenez la petite Rose, par exemple. Elle est tout le temps souriante, elle va voir les gens sans problème et elle fait de l’humour avec qui veut bien la suivre. Tout ça du haut de ses 6 ans ! Pourquoi son fils ne peut pas être un peu plus comme elle ? »

Bien sûr, elle s’en veut de comparer Nathan à la fille de son amie, mais c’est plus fort qu’elle.

« Et si Nathan avait vraiment un problème ? », se questionne t-elle de nouveau…

Ce que Nadia ignore c’est que si la manière d’être au monde de son fils la touche autant c’est qu’elle éveille une part d’elle-même qu’elle avait enfouie depuis si longtemps…

Si elle plongeait dans ses souvenirs d’enfance, Nadia se rappellerait sans doute son sentiment d’être le vilain petit canard de l’histoire.

Sauf que contrairement au vilain petit canard, elle, elle ne savait pas où se situait sa différence car celle-ci ne se manifestait pas par un trait physique ou un handicap quelconque. Elle la sentait juste à l’intérieur d’elle, surtout lorsqu’elle était avec les autres.

Depuis petite, Nadia découvrit que ce qui la touchait ne touchait pas les autres. Que ce qui l’inquiétait ne préoccupait pas le moins du monde les autres. Que ses centres d’intérêt ne correspondaient pas à ceux des autres. Que ses questionnements ne parlaient pas du tout aux autres. Toujours ces autres, si différents d’elle.

Pour se sentir aimée et se fondre dans le décor, Nadia aiguisa ses dons pour comprendre à demi-mots, voir pour anticiper les besoins de son entourage. Et elle s’employa à les satisfaire du mieux qu’elle le pouvait.

Elle apprit à prendre sur elle lorsqu’elle sentait les émotions monter et la terrasser. Elle apprit également à reléguer ses propres besoins dans la cave en se coupant progressivement de ses désirs, de ses sensations, de son corps. Elle finit par ne plus trop savoir qui elle était ni ce qu’elle voulait pour elle. Se fondre dans le moule était le prix à payer pour ne pas s’isoler du reste du monde.

Le sentiment de solitude et d’être tout de même inadaptée, malgré ses efforts pour être normale, la poursuivit longtemps. Très longtemps. Jusqu’à aujourd’hui, d’ailleurs.

Chemin faisant et avec une volonté de fer de « s’en sortir », elle se fraya une place dans la société, trouva un emploi correct, devint maman et compagne.

Mais malgré cette vie qu’elle s’est taillée, le vague à l’âme finit toujours par la rattraper. Nadia s’en veut tellement lorsque le désarroi et une colère sourde reviennent à la charge. Elle trouve qu’elle exagère, qu’elle a tout pour être heureuse et elle culpabilise de se sentir noyée dans cette sorte de dépression qui reste là, en toile de fond, lui ôtant toute son énergie, sa joie et sa patience alors qu’en apparence elle fait tout pour montrer que « ça va bien ».

Quand ces moments « down » arrivent, Nadia se questionne et décide d’être encore une meilleure femme, une meilleure maman, une meilleure compagne et elle s’y emploie avec détermination. Mais au dedans, dans la cave, il y a une force qui tape fort et qui la rappelle à elle, à sa différence. Et ça, ça lui fait tellement peur…

Elle aimerait trouver un bouton « off », couplé au bouton « normale et zen », mais elle ne les trouve pas et ça l’agace profondément.

Quel est donc le lien entre la souffrance refoulée de Nadia et le caractère de son fils ? Nathan, par sa manière d’être au monde, réveille la part en elle qui ne fut jamais entendue, accueillie et aimée. La même part de différence, d’intensité et de difficulté à comprendre et à vivre en harmonie avec ce monde, tel qu’il est, que son fils manifeste par son comportement.

Nathan joue le douloureux miroir de cette différence qui les caractérise tous deux. Mais contrairement à Nadia, Nathan n’a pas encore refoulé ses sentiments, ses émotions, ses besoins et sa manière d’être au monde dans sa « cave intérieure ». Il n’a pas encore vécu assez longtemps pour se couleur dans un moule. Il a, en plus, la chance d’avoir des parents qui sont à l’écoute de ses besoins et de ses émotions. Il se sent donc moins contraint, du moins à la maison, de cacher qui il est. Même si parfois il sent tout de même qu’il fait souffrir sa maman, sans trop comprendre pourquoi, il a une latitude d’expression beaucoup plus ample que celle que connut sa maman enfant.

De par son éducation Nadia dut apprendre rapidement à cacher et à cloisonner ses émotions et ses besoins jusqu’à se priver de ses sensations et de ses désirs pour éviter que « ça » déborde. Elle finit par ériger un mur entre elle et les autres, pour ne pas se faire anéantir. Et le sentiment de solitude ne fit que s’accroitre avec le temps, même, voir surtout, lorsqu’elle était entourée de personnes.

Nadia, coupée d’elle même, ne se rappelle plus. Mais son corps et la Vie s’en rappellent. Et comme ils sont très généreux, ils font beaucoup de bruit pour attirer son attention.

Lorsque Nathan réveille sa maman, en pleurs, nuit après nuit, il lui crie à sa manière : « Maman ! Réveille toi ! ». Non pas de son sommeil, mais de son état de déconnexion à elle-même.

Nadia est invitée tous les jours par la vie en général et par son fils en particulier, à revenir à elle-même pour accueillir et aimer qui elle est, entièrement, y compris dans sa différence !

 

Si vous vous retrouvez un peu dans l’histoire de Nadia et de Nathan, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, Carol se fera un plaisir de vous répondre personnellement… c’est un peu sa spécialité 😉

 

La suite (et fin) de cette histoire vient d’être publiée ! Vous y découvrirez notamment comment Nadia et toutes les personnes qui ont la même

problématique, peuvent entreprendre ce chemin de réconciliation avec elles-mêmes pour ensuite aimer les siens tel qu’elles rêveraient de le faire… l’article est ICI !

Une surprise !

Carol est une amie et comme nous n’habitons pas très loin, nous avons décidé d’organiser ensemble une conférence en ligne : « Comment me réconcilier avec moi-même… pour me réconcilier avec mon enfant ! »

Dans cette conférence totalement inédite, Carol vous dévoilera une technique profonde, simple et efficace pour prendre soin de vous et de la relation lorsque cela déborde dans tous les sens. Cette technique, vous pourrez aussi l’utiliser comme un moyen d’introspection pour parcourir ce chemin de retour à vous, pour vous réconcilier pas à pas avec vous-même et accéder à cet amour que vous avez toujours rêvé de prodiguer à votre enfant !

Cliquez sur le bouton ci-desssous pour vous inscrire à la conférence live
que nous organisons avec Carol le jeudi 23 mars à 20h30 (heure de Paris)!

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ATTENTION :
 Notre système ne nous permet d'accepter que 1000 personnes
dans la "salle virtuelle" de la conférence et les places risquent de partir très vite...
alors n'hésitez pas à vous inscrire maintenant !

Nous avons hâte d'y être !!

A très vite

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33 Comments

  • Carine

    Reply Reply 7 mars 2017

    Bonjour, je me retrouve totalement dans cette histoire. Quand ma fille était petite j’avais beaucoup de mal à accepter qu’elle « chouine » et puis on m’a prêté le livre écrit par Isabelle fillioza au coeur des emotions de l’enfant. Début d’un grand changement pour moi. Ça fait du bien de savoir qu’on est pas seul à vivre ça. Après je suis hypersensible ce qui n’a rien arrangé.

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 8 mars 2017

      Bonjour Carine,

      Merci beaucoup pour votre message. Je me réjouis sincèrement d’apprendre que vous avez trouvé de belles ouvertures pour un changement profond dans votre vie grâce au livre d’Isabelle Filliozat !
      Et oui, effectivement, vous n’êtes pas du tout seule à vivre ça ! Le sentiment de solitude peut parfois nous faire sentir des personnes horribles, d’indignes parents et des espèces d’extraterrestres mal adaptés au rôle de parents. Les questions « où est ce que je me suis trompée ? », « qu’est ce que j’ai fait de mal », « qu’est ce qui cloche chez lui (mon enfant) ou chez moi », peuvent nous hanter pendant de longues nuits… Et pourtant, ces difficultés arrivent fréquemment, et le double regard jugeant aussi bien intérieur qu’extérieur ne viennent qu’empirer notre désarroi et notre sentiment de solitude. Le fait de savoir que d’autres sont dans le même cas que nous peut donc être aidant.
      A la fin de votre message vous évoquez quelque chose qui me touche particulièrement. Vous dites que vous êtes hypersensible et que ça n’a donc rien arrangé. Votre sensibilité vous amène aujourd’hui à vous poser ces questions à propos de vous-même et vous invite à retourner à vous, à votre propre histoire, car ce que vit votre fille est probablement, comme vous l’avez compris, le miroir de ce que vous même avez vécu enfant mais qui n’a pas nécessairement pu être accueilli.
      Je vous célèbre donc dans votre cheminement et vous souhaite de continuer à le fouler, pas à pas, pour qu’il vous permette de revenir à vous, et à accueillir qui vous êtes entièrement, y compris avec votre hypersensibilité 😉
      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Delphine

    Reply Reply 7 mars 2017

    Bonjour, je me retrouve complètement dans cette histoire. Ma fille aînée est mon miroir. Nous sommes en ief et depuis quelques mois je suis à deux doigts de craquer, j’ai l’impression que tout ce qu’elle fait n’a qu’un but me pousser à bout. J’ai abandonné en chemin la bienveillance, j’essaye de la faire rentrer dans le moule. Quel moule d’ailleurs, celui que j’ai toujours eu en horreur. Et plus les semaines avancent, plus nous sommes en conflit, car je suis de moins en moins à son écoute et j’en prends pleinement conscience à la lecture de cet article. Hâte de lire la suite et fin.

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 8 mars 2017

      Bonjour Delphine,

      Merci de tout coeur pour votre partage.
      Je suis toujours dans une grande admiration des parents qui se lancent dans l’aventure de l’Instruction en Famille. Car non seulement cela demande une présence et une attention particulières mais c’est également la situation « idéale » pour que toutes les émotions inconfortables et les schémas refoulés refassent surface et éclatent au plus grand jour. C’est donc tout à fait normal et naturel que la bienveillance parte par la fenêtre lorsque ce terreau fertile se met en marche. Grâce à votre initiative, vous avez dit oui à la vie pour lui permettre de s’exprimer. Par cela, je veux dire que tout est mis en place et « manifeste » pour que vous puissiez en prendre soin. Quelle incroyable prise de conscience que vous vous soyez vue en train d’essayer de faire rentrer votre fille aînée dans ce moule qu’on vous a certainement infligé lorsque vous étiez enfant.
      Il revient donc à l’ordre du jour pour que vous puissiez faire la paix avec lui (avec le moule et avec vous-même et votre propre histoire par la même occasion). Cela n’est bien sûr pas évident car vous êtes aux prises en permanence avec ce que la situation vous renvoie, étant jour après jour en présence de ce miroir douloureux, mais si c’est présent, là, aujourd’hui, c’est que vous avez la possibilité d’en faire quelque chose.
      Et si, comme je suggérais dans la réponse à Sophie Vialle, un peu plus haut, vous regardiez la situation non pas comme un gros problème insoluble à l’escalade sans fin, mais comme une énigme à résoudre ? Quelque chose me dit que votre curiosité l’emporterait sur le désarroi, vous donnant un petit peu de recul pour observer la situation autrement et prendre congé d’elle, si possible pendant quelques instants, pour revenir à vous, à votre histoire, à votre propre moule, à votre passé, pour faire la paix avec eux. Puis revenir à votre fille.
      Il y aura certainement plein d’aller retour. C’est un chemin en soi, mais il faut tant la peine d’être foulé !
      Qu’en dites- vous ?
      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

    • Gwendo

      Reply Reply 11 mars 2017

      Pareillement Delphine.
      J’en suis usée et frustrée de tout faire en bienveillance et subir derrière. Encore aujourd’hui après avoir reussi a avoir ce qu’elle voulait (le carnaval) j’ai du subir x crises de 19h a 20h30 qu’elle se couche. Jen suis fanée

      • Carol Pirotte

        Reply Reply 13 mars 2017

        Bonjour Gwendo,
        Merci pour votre partage. J’entends bien que vous traversez des moments durs pleins de fatigue et de découragement. Cela peut être tellement dur lorsqu’on se sent coincée dans une spirale destructrice qui semble ne jamais se terminer. Parois, lorsqu’on marche le chemin de la parentalité bienveillante, nous pouvons être confrontés à un don de soi extrême et à un épuisement profonds. Cela provient parfois du fait que nous tournons notre regard exclusivement vers nos enfants, en essayant de tout faire pour eux, d’être ces parents ultra écoutants, ultra disponibles, ultra plein de choses. Mais in fine, nous nous perdons un peu de vue en cours de route (pour plein de raisons, évidemment, car nous ne le faisons pas par gaité de coeur) et nous cessons de nous nourrir et de prendre soin de ce qui a besoin d’être pris en soin. Peut être que vous auriez besoin de respirer un peu et de vous accorder plein de bienveillance… à vous-même. Qu’en dites vous ?
        Bien sincèrement,
        Carol Pirotte

  • camille

    Reply Reply 8 mars 2017

    Ouf !!! Les larmes sont montées en lisant vos mots.
    Merci beaucoup de ce soutien qui fait tellement de bien. J’essaierai de prendre ce temps pour moi pour m’écouter et ne pas chercher à tout prix à combler ce vide ce manque cette sensation de vacuité. J’espère vraiment que les choses que je fais pour moi m’aideront et qu,un jour vraiment je retrouverai (ou trouverai) ce sentiment de bien etre et plénitude.
    Encore merci milles fois
    .

  • danielle

    Reply Reply 9 mars 2017

    c’est par hasard que je suis tombée sur votre site
    mon problème ou plutôt celui de ma fille et de son petit garçon de 2 ans qui refuse de manger avec elle
    elle a essayé de ne pas y préter attention . prendre du recul
    ..mais cela la contrarie vivement ,il peut aller au lit sans manger(le wend) car dans la semaine il mange avec la nounou
    qu’en penseriez vous? pourquoi cette réaction
    j’ai essayé de passer en revue l’enfance de ma fille mais je ne peux répondre à sa place un souvenir me vient
    je l’ai allaitée jusqu’à 9 mois environ et le passage au biberon a été difficile merci à vous

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Danielle,
      Je comprends bien vos interrogations en tant que grand-mère face à ce que traverse votre fille avec son enfant.
      Il est fort probable que d’un côté, son petit soit en train de raconter quelque chose par ce refus de manger à la maison.
      Et de l’autre côté, puisque cela la contrarie vivement, cela vient probablement raconter quelque chose à propos d’elle-même.
      Parfois, lorsque l’on choisit de suivre le fil d’Ariane relié à notre propre ressenti et que nous apportons soin et accueil à ce qui se retrouve à la source, nous permettons qu’à d’autres niveaux des choses se débloquent, parfois y compris dans notre entourage.
      Parfois les choses sont entremêlées de manière dont on ne soupçonne même pas, mais le tout est de se rappeler que même si les choses ont toute leur complexité, nous gardons à chaque instant notre pouvoir d’acteurs dans la situation lorsqu’on s’occuper de nous et de notre partie.
      J’espère avoir apporté quelques éclaircissements et que aussi bien votre fille que son enfant trouveront la voie(x) pour s’exprimer pleinement,

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Stéphanie Lavoye

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour, notre fille aînée à toujours été différente. Mais pas pour nous. Comme je l’ai dis c’est notre aînée et elle nous ressemble beaucoup….. tous allé bien jusqu’au jour où elle est rentré à l’école. Une année difficile pour elle mais aussi pour nous et pour moi. Pour elle car la différence à explosé. En creche (merveilleuse creche) et elle avancait à son rythme. A l’école il a fallu avancer au rythme des autres. Puis elle a déclinée est devenu malheureuse et moi aussi. En tant que maman j’avais la gorges serrés le poux qui s’emballait j’avais envie d’exploser sans comprendre non plus vraiment pk. On a décidé de la faire tester. Résultat à 3 ans 3 mois THQI. 1 anne ou nous avons changer 2 fois d’école. Une année où notre fille c’est perdue. Psy psychomotricienne lecture formation sanglots révélation. Aujourd’hui elle rayonne de nouveau.libre d’apprendre et de s’exprimer enfin. En classe montessori. Pour nous, lui et moi. On se découvre à 30 ans. J’étais comme elle mais pas vu pas entendu. Et j’ai compris. J’ai dis ce que j’avais à dire à mes parents. Je me suis construite sans eux javais hérigé le mur pour me protéger. J’ai cassé le mur et j’ai assume. Au travail aussi… j’ai décidé de reprendre mes études. Lui il a comprit aussi qui il est. On vie mieux. Je suis différente mon mari aussi notre aînée aussi et notre seconde 2 ans est…. comme nous je le sens aussi. C’est même certain. 1 année où je me suis battue pour que ma fille soit elle même et finalement une année où la moindre partie de mon corps c’est réveillé à travers elle. Tous est revenu à la surface « miroir » mon mari a vécu la même chose même si il est plus discret que moi. Je me suis battu contre l’institution scolaire (1 directeur et 1 maitresse). Je suis tombé sur une psychomotricienne formidable. Qui a su délicatement me faire comprendre que j’étais comme elle. Et qui a su le dire à mon mari aussî. Et qui nous fais comprendre que la seconde n’était pas à oublier. 1 année horrible pour notre fille. 1 année ou je me suis comprise

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Stéphanie,

      Merci pour votre témoignage si touchant. Je ne peux qu’imaginer cette dure traversée du désert, d’autant plus dure lorsqu’on ne sait pas ce qui se passe, que l’on n’arrive pas à comprendre ce qui cloche, pourquoi on serait « anormaux » et du coup « moins bien », à faire rentrer dans le moule. Tellement de sentiments d’injustice et de révolte peuvent naître alors : pour la situation alors traversée et pour toute la colère de ne pas avoir été reçus, vus et entendus pleinement étant enfants.
      Je me réjouis tellement de savoir que cette magnifique Psychomotricienne est rentrée dans votre vie pour poser des mots justes, qui résonnaient en vous et qui donnaient du sens à votre vécu. Je me réjouis de vous savoir dans l’acceptation de qui vous êtes et dans ce parcours de retour à vous.
      Je vous souhaite encore bien de merveilleuses découvertes,

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • sabrina B

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour, je retrouve ma fille de 5 ans dans votre histoire. Par contre ce n est pas mon parcours à moi. Je n étais pas du tout comme elle. L école vient enfin de s apercevoir qu elle est peut etre avancé, donc j ai souhaité rencontré la psychologue. Mais c est trés difficile de controler ma colère quand elle est comme ça. Merci sabrina

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Sabrina,

      Merci pour votre partage. Il est effectivement des fois où nos enfants n’ont pas le même parcours que le nôtre et que de ce fait, leur manière d’être au monde nous interroge au plus haut point. Lorsque cela remue et que ça fait ressortir des émotions profondes telles qu’une colère incontrôlable, cela vient peut être raconter quelque chose à propos de nous. Mais ce n’est pas nécessairement la même chose qui se joue pour elle que pour vous, à savoir, cette manière autre d’être au monde.
      Je me réjouis de savoir que vous allez à la rencontre d’un professionnel pour avancer dans votre compréhension de ce qui la traverse. Je vous souhaite de trouver toutes les réponses à vos questions et surtout d’avancer et de continuer à grandir ensemble.

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Aurel

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour,
    Comme beaucoup cette histoire et mienne !
    Nous sommes tous différents et la société a créé un moule où finalement très peu de personnes peuvent s’y retrouver. On cherche sans cesse à ressembler au voisin alors qu’ il faut au contraire se recentrer et développer nos propres qualités, nos différences! Il faut de tout pour faire un monde et si tout le monde cherche à ressembler en vain à tout le monde ça ne peut pas fonctionner. Alors donnons toute notre énergie à apprendre à mieux nous connaitre, à nous accepter et développer nos qualités personnelles !
    Et toujours avoir en tête que nous avons les qualités de nos « défauts » . Comme disait Dr Bach « Nos défauts doivent nous encourager, parce qu’ils signifient que nous avons des buts élevés ».
    Nos enfants nous montrent le chemin ……
    Alors belle route à tous !

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Aurel,

      Merci beaucoup pour ce magnifique message porteur d’un grand vent frais et ensoleillé ! Vos paroles sont très inspirantes et je vous rejoins totalement dans chacune d’entre elles !

      Je vous souhaite de continuer sur cette voie(x) et de continuer à partager vos trésors autour de vous.

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • dominique

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour,

    je laisse rarement des commentaires sur les sites, mais là quelque chose me pousse à le faire. Ma situation actuelle est devenue depuis quelques temps juste invivable pour tous les membres de la famille. Nous sommes parents de 2 gars ( 6 et 3 ans)chacun avec son caractère mais un caractères intense dans les deux cas. Notre situation de couple est quelque peu compliqué en ce moment et je suis de nature dépressive. Je suis arrivée à un stade où me lever le matin me donne des palpitations et le soir et la nuit ne me repose pas au contraire. Je ressasse mes comportements, ce que j’aurais pu mieux faire. ET mon amie la culpabilité vient en force. Résultat une fatigue extrême, ne supporte plus le moindre bruit de mes enfants, ne vit plus les bons moments. Mon mari travaillant beaucoup et avec une situation de travail irrégulière les enfants et moi ne nous n’y retrouvons plus. Mes enfants passent leur temps à chouiner, pleurer, crier, hurler pour le moindre « biscuit cassé » à chaque situation ce qui me force à rester chez moi, je stresse à chaque sorte, je suis devenue tendue, nerveuse et compagnies. J’appréhende toutes sorties, toutes journées,…. J’avais commencé la parentalité bienveillante mais elle s’est transformé en enfer. Désolé pour ce pavé mais n’étant pas entouré je crois que je craque enfin. Je souffre, mes enfants souffrent et je ne sais plus quoi faire. Je me sens horrible de leur infliger ça mais en même temps je n’arrive pas à faire autrement. J’ai honte et tout le monde n’entend que mes enfants ils font énormément de bruit partout, ils parlent très fort ils jouent très fort et dérangent tout le monde…. Merci pour ce témoignage dans tous les cas…

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Dominique,

      Je vous remercie de tout coeur pour ce partage si franc et je célèbre votre courage d’avoir osé vous mettre en mots dans cet espace avec autant d’authenticité. Parfois, s’exprimer n’est pas évident, surtout lorsqu’on a une image de soi détériorée. Je comprends à quel point vous vous sentez seule et enfermée dans cette situation allant jusqu’à vous restreindre dans vos sorties de peur des débordements éventuels de vos enfants, que vous redoutez tant. Le regard des autres face à cette énergie débordante peut être tellement stigmatisant… Et s’il prend appui sur nos propres doutes et incertitudes, il prend d’autant plus d’ampleur. Aujourd’hui, Dominique, vous faites du mieux que vous pouvez et cela est déjà énorme !! Il n’y a pas de personne fautive (que ce soit vous ou vos enfants). Il y a juste une pelote entremêlée qui demande à être soulagée. Mais avant de chercher à démêler quoi que ce soit, il semblerait que vous ayez clairement besoin d’un soutien, pour sortir du mode survie. Pensez-vous qu’il vous serait possible d’oser (comme vous l’avez fait ici) demander à votre conjoint et/ou à d’autres proches, de vous soutenir ? Je parle de manière très concrète, en vous permettant de respirer une matinée, une après-midi entière, toute seule, pour ne rien faire, pour vous occuper de vous ?
      Qu’aimeriez vous faire si vous aviez un peu de temps pour vous ? Pouvez-vous choisir une de ces choses, simple, et la mettre en pratique ?
      Si vous arrivez à vous dégager ne serait-ce qu’un peu d’espace pour vous, vous pourriez commencer à prendre un tout petit peu de distance par rapport à la situation. Puis, vous pourriez progressivement vous occuper de vos blessures et de vos douleurs en démêlant votre part de la pelote.
      Je vous encourage vivement à le faire, Dominique : il n’est jamais trop tard pour prendre soin de soi pour le plus grand bien des autres 🙂

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Sophie

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour, cette histoire aurait tellement pû être la mienne!
    Mon fils aîné était un BABI, hurlait, se réveillait sans cesse la nuit sans qu’aucun problème pathologique n’ait été trouvé. C’était comme s’il voulait me faire « réagir », comme s’il me poussait à chercher quelque chose encore plus loin en moi. A ses 10 mois, j’ai commencé une thérapie et croyez-le ou non mais il s’est presque instantanément calmé et à commencé à dormir toute la nuit!
    Il reste toujours un enfant hypersensible et intense mais le travail sur moi m’a fait beaucoup changer et me donne la force et les ressources pour l’accompagner tous les jours.
    Je me dis souvent que je lui ai donné la vie mais qu’il m’a reconnectée à la mienne!
    J’attends la suite de votre histoire avec impatience!

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Sophie,

      Quel merveilleux et inspirant témoignage vous nous proposez ici ! Merci de tout coeur. Les bébés et enfants aux besoins intenses peuvent nous pousser dans nos retranchements, car leurs demandes incessantes amènent épuisement, découragement, voir parfois burn out, nous empêchant d’y voir clair et de trouver de nouveaux possibles et d’éventuelles solutions. Malgré cela, vous avez pris votre courage à deux mains et vous vous êtes occupée de vous (ce qui parfois nous paraît contre-intuitif) et vous en avez retiré de précieux fruits ! Je vous célèbre sincèrement et vous souhaite une suite de parcours plein de belles découvertes à propos de vous-même !

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Karine

    Reply Reply 12 mars 2017

    Je vie cette etape plus intense depuis quelques semaines, larticle tombe bien!
    Je suis encore en recherche a travers moi meme.. ca me fait refouler des etapes de mon enfance… je me suis inscrite a une conference sur la douance le mois prochain… jai hate de comprendre davantage

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 13 mars 2017

      Bonjour Karine,

      Merci beaucoup pour votre message. Lorsqu’on vit une situation telle que celle décrite dans l’article, il est des moments où nous vivons des pics plus intenses et où l’on a du mal à voir le bout du tunnel. Quand ces pics de difficulté arrivent, il arrive également qu’une forme d’énergie nouvelle arrive à nous, nous propulsant à nous mettre en chemin, à trouver d’autres solutions car quelque chose en nous se dit « ce n’est plus possible, je ne peux plus tenir comme ça ». Nous cherchons donc alors de nouvelles réponses. Lorsque nous nous mettons en quête de réponses, cela ouvre quelque chose, comme si on disait à la Vie : j’ai besoin d’aide là ! Et si nous savons attendre un tout petit peu et « être à l’écoute », nous constatons que nous recevons souvent les réponses, les éclaircissements ou les pistes dont nous avions besoin, là où nous les attendions le moins ! Je vous souhaite donc de tout coeur de trouver les réponses pour revenir à vous, pour accueillir ce qui a besoin de l’être et pour instaurer de nouveaux possibles dans votre relation familiale.

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • Babo

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonsoir,
    cette histoire me parle: je n’ai jamais supporté entendre mes enfants pleurer et crier. Idem pour ceux des autres.En ce qui concerne mes neveux j’allais moi même les consoler: de quoi irriter à juste titre mes soeurs. Je suis irritée lorsqu’un enfant pleure plus longtemps qu’il ne le faut, et que je ne vois pas le parent répondre à la demande (Mais mon seuil de tolérance est effectivement faible par rapport aux autres membres de ma famille). Et lorsque mes enfants se chamaillent parfois j’explose « STOP! ». Cette réaction était minime avec mon fils, l’ainé. Cela c’est nettement amplifié à la naissance de ma fille 14 mois après. Avec mon mari nous avons mis cela sur le compte de la fatigue, qui était réelle effectivement. Mais 2 ans pour commencer à aller mieux….physiquement et pas de changement moralement…. c’est très long!
    Merci, je vais chercher la suite de votre « histoire ».

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 14 mars 2017

      Bonjour Babo,

      Merci beaucoup pour votre témoignage.
      C’est très intéressant que vous parliez de ce seuil de tolérance qui existe bel et bien. Lorsque nous sommes dans une situation où toutes les alarmes s’allument et que cela devient insupportable pour nous, cela peut venir parler, soit d’un seuil qui est plus sensible que la moyenne de manière générale, soit d’une blessure particulière qui peut venir pointer le bout de son nez à chaque fois que la situation de rappel à ce que nous avons vécu comme difficile s’active dans notre vie. Parfois les deux possibilités peuvent co-exister également.
      La fatigue et le stress sont des facteurs qui font naturellement baisser ce seuil de tolérance ce qui ne vient pas nécessairement améliorer le tableau. Je trouve donc vraiment intéressante votre démarche de regarder objectivement cette fatigue qui a une incidence réelle sur notre moral et sur notre état général, puis, si vous observez qu’effectivement la fatigue n’est plus si présente que ça mais que le mal-être demeure, alors il y a fort à parier que vous ayez besoin de dévier votre regard des enfants qui pleurent et que vous accueilliez votre propre détresse, vos propres cris intérieurs si j’ose dire… pour leur apporter la consolation que vous savez si bien prodiguer autour de vous.
      Je vous le souhaite de tout coeur !
      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • cristel

    Reply Reply 12 mars 2017

    Bonjour Carol ,
    en lisant votre post , cela me replonge 2 ans en arriere , l histoire était la même , mais maintenant je sais que mon fils est un enfant surdoué et du coup hypersensible à tout…
    Oui les enfants sont nos miroirs , quand on va bien, ils vont bien …

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 14 mars 2017

      Bonjour Cristel,

      Je suis heureuse d’apprendre que vous pu poser des mots et du coup une compréhension sur ce que traverse votre fils au quotidien. Et que par la même occasion vous ayez pu faire le lien entre votre état intérieur et son propre état à lui. Je vous souhaite une belle route en famille et encore plein de découvertes à propos des uns et des autres !

      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

  • marie

    Reply Reply 13 mars 2017

    Bonjour Carol. Merci pour cet article au travers duquel je me suis vraiment reconnue.
    Je suis la maman d’un petit garçon de trois ans et demi. Etant de nature très observatrice et intuitive, j’ai toujours pensé que mon fils étant différent des autres. J’ai probablement d’ailleurs tout fait consciemment/inconsciemment pour qu’il le soit…même si j’ai du mal à accepter cette différence, probablement comme vous le dites car elle me fait écho. Je ressens beaucoup de colère envers lui et surtout envers moi même. Pourquoi est ce qu’il me fait vivre tout cela ? J’ai accordé/j’accorde toujours beaucoup (trop) d’importance à son physique à ce qu’il peut ressentir dans son corps (car c’est qqch qui m’intéresse et que je crois maîtriser). J’ai toujours pensé que ses troubles physiques (qu’il soit d’ordre moteur, car il n’a pas les mêmes capacités que les enfants de son âge ou d’ordre digestif car il ne retient rien de ce qu’il mange) étaient en lien avec l’état de son microbiote intestinale et de tout ce que j’avais pu lui transmettre pendant ma grossesse. J’ai passé de longues heures à essayer de comprendre ce qui se passait dans son corps et quelle était l’origine de tous ses désordres. J’avais réussie à me soigner et pensais etre capable alors de traiter ses maux. Je me suis intéressée à l’alimentation vivante, au régime gaps. J’ai testé beaucoup de choses : en vain ! J’ai commencé par modifier son régime alimentaire, par supprimer tous les produits laitiers puis le sucre et le gluten. Personne de mon entourage ne mangeait comme lui et ne comprenait ce que je vivais et tous les choix que je faisais pour lui. C’était devenu très compliqué socialement. Je déclinais toutes les invitations, incapable de gérer le regard des autres et les remarques qu’ils pouvaient me faire. Selon eux, mon fils était tout à fort normal et ils ne pouvaient s’empêcher de rire quand il commençait à changer d’état (pensant qu’il était de nature « comédien »). J’étais convaincue que personne ne serait capable de le soigner/de le nourrir comme moi je le faisais. Je cherchais éperdument à le (me)sauver. Il était hypersensible, hyper exigent, colérique, capricieux, hyper intelligent, hyper affamé….mais tellement attachant. Pas plus tard qu’hier, je me suis effondrée quand j’ai vu qu’il n’était pas dans son état, il était hyperagité et pleurait pour des choses insignifiantes….et je me suis ensuite culpabilisée en me disant que j’avais dû lui donner qqch qu’il ne fallait pas. J’ai ruminé cela toute la soirée et j’ai fini par faire taire mes émotions dans un paquet de gâlettes que je me suis alors engloutie. Je ne me sens pas toujours soutenue par mon conjoint qui trouve notre enfant normal et en pleine santé. Il perçoit tout ce qu’il y a de plus beau en lui et se met des oeilleres pour le reste. Bien sûr, cela génère beaucoup de tensions entre nous car nous ne sommes pas du même avis. Ayant perdu une soeur jumelle in utéro, c’est le même scénario qui se rejoue aujourd’hui avec mon fils. Je cherche à le sauver par tous les moyens, au point de m’y perdre, de m’épuiser et de ne plus exister. Je suis heureuse de cette prise de conscience mais je me sens toujours prisonnière de cette situation, de cette vie dans laquelle je ne m’épanouie pas (plus). Il n’y a plus de place pour moi, pour mon couple. Mon fils de demande en plus énormément d’attentions, il me sollicite beaucoup et il ne passe pas 5 minutes sans m’appeler. Il capte beaucoup de choses lui aussi et je pense qu’il est sensible à tout ce qu’il me fait vivre et aux états dans lequel ça me met. Je me suis complètement identifiée à lui parce qu’il me renvoit plein de choses par rapport à mon histoire .Je me suis toujours sentie à part les autres sans pouvoir y mettre des mots. Je captais des choses que les autres ne captaient pas. C’était comme un sixième sens. Très jeune, je me posais déjà beaucoup de questions sur la vie. Je me sentais triste car incomprise. J’espère réussir à me sortir de cette situation ou plutôt accueuillir mon enfant dans ses différences. Je l’aime plus que tout et il m’aide à grandir et m’invite chaque jour à aller voir cette partie de moi qui est en souffrance. J étais persuadée que pour que je sois bien il fallait qu’il soit bien, je calquais mes émotions sur les siennes, et en réalité, je pense que c’est l’inverse : si je prends soin de cette part de moi qui est en souffrance, mon fils se portera mieux. J’aurai aimé avoir un deuxième enfant mais j’ai changé d’avis, de peur de revivre la meme chose avec un autre enfant.
    Merci encore pour votre témoignage et votre authenticité.

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 14 mars 2017

      Bonjour Marie,

      Un grand merci pour ce témoignage si riche et touchant à la fois !
      Il y aurait tant de choses à aborder dans tout ce que vous avez évoqué et chaque point mériterait d’être entendu, observé et aussi accueilli…

      Ce qui me saute le plus aux yeux dans votre récit c’est peut être cette prise de conscience que vous avez quant à la transposition de votre histoire avec votre soeur jumelle et ce qui se joue avec votre enfant.
      Peut être qu’un travail autour de la place de chacune et chacun dans la famille pourrait être des plus salutaires pour vous permettre à tous d’être « au bon endroit », ou encore une fois, à la bonne place. Il est probable que, tel que vous le décrivez, vous soyez, en tant que système familial, en train de reproduire une histoire ancienne et que cela brouille un peu les pistes pour le reste, y compris concernant votre relation avec votre enfant, ce que vous percevez comme souffrant dans son vécu, etc.

      Si vous réussissez à vous occuper de vous et de cette histoire de place de chacun(e), il est fort probable que vous pourrez voir (et vivre) votre enfant avec un nouveau regard, plus détaché, pour ensuite être en mesure de l’accueillir et l’aimer autant que vous le souhaitez, de la manière la plus belle qui soit, en prenant en considération sa propre manière d’être au monde, et la vôtre également !

      Qu’en pensez-vous, Marie ?

      Je vous souhaite de tout coeur de parcourir ce chemin de retour à vous ! Parce que vous, votre enfant et votre famille le valez bien 😉

      Bien sincèrement,

      Carol Pirotte

  • Flocondneige

    Reply Reply 13 mars 2017

    Bonjour,

    La lecture de tout cela me fait monter quelques larmes aux yeux tellement cela est proche de mon vécu.

    Mon enfant a toujours été « aux extrêmes », hyper-sensible à tout, un peu différent des autres. Jusqu’au jour où j’apprends qu’il est très précoce. Ce qui en soit, ne me surprends pas, je m’y attendais.

    Mais c’est en m’instruisant alors (pour lui) sur la précocité, que je me suis replongée bien malgré moi dans mon propre passé. Certes j’étais une enfant très douée à l’école, ayant sauté des classes, mais jamais je n’avais eu à l’idée avoir été précoce. Plus exactement, personne ne m’en avais jamais parlé. Je me sentais juste, enfant (et encore maintenant), tellement différente des autres… Je n’ai jamais connu l’insouciance de l’enfance, je ne me suis jamais senti nulle part à ma place, et encore moins avec les « autres ». Je me suis construit un mur, complètement inconsciemment depuis toute petite.

    Et c’est en cherchant à comprendre la précocité de mon fils, que j’ai (enfin) pu comprendre tellement de choses de ma propre vie et enfance.
    Aujourd’hui, je vis donc mieux ma différence (ayant compris pourquoi je l’étais), et mon fils va énormément mieux. Coïncidence ou pas ? Aucune idée.

    Je ne veux pas faire la même erreur que mes parents : je lui explique pourquoi il peut se sentir différent parfois, pourquoi il a autant d’émotion en lui, pourquoi tout ne peut pas être aussi parfait que ce qu’il aimerait.
    Je suis convaincue que si l’enfant sait pourquoi il se sent parfois différent, alors il vivra mieux sa différence. Quelle qu’elle soit.

  • Carol Pirotte

    Reply Reply 15 mars 2017

    Bonjour à vous,

    Un grand merci pour votre témoignage si touchant.
    Quel bouleversement profond cela peut être que de se rendre compte, petit à petit en se renseignant sur son enfant, que ce qu’on croyait ne concerner que lui, vient finalement faire écho avec notre propre histoire nous révélant une part de nous que nous n’avions même pas soupçonnée, ou alors si, mais de manière si subtile car des mots n’avaient jamais été posés, ce qui pouvait renforcer notre sentiment de différence, d’être bizarres ou anormaux.
    Je me réjouis de savoir que les choses vont mieux, que votre compréhension et votre acceptation de qui vous êtes a eu des effets bénéfiques sur lui ou sur votre relation avec lui. Et je vous célèbre de réussir à mettre en mots avec lui ce que vous n’avez pas pu recevoir de la part de vos parents, puisque très probablement, ils ne savaient pas.
    Encore plein de belles découvertes sur votre chemin !

    Bien sincèrement,
    Carol Pirotte

  • Leslie

    Reply Reply 16 mars 2017

    Bonjour,

    J’ai imprimé l’article qui exprime bien mieux que je ne pourrais le faire, ce que je suis (j’ai toujours été). Je vais le faire lire à mes parents et mon mari. Je ne sais pas ce qu’il en ressortira mais je me sens légitime à le faire. (Comme un sentiment de confiance envers cette décision…serait-ce le premier pas vers ce que vous appelez « s’arrêter quelques instants ».

    J’ai quelques problèmes avec mon fils de 3 ans qui est assez difficile, se confronte souvent à nos décisions. J’ai repéré qu’il est mon miroir (pour preuve, il se mord le pouce quand ses émotions sont trop fortes…comme moi). J’ai découvert le site les supers parents en cherchant des informations sur la parentalité positive/bienveillante. Finalement nous avions déjà les bases ce qui est aussi assez déstabilisant car mon fils ne réagissait pas malgré les mises en pratiques. J’ai pris la décision d’aller voir une psychologue (il y a 2 semaines donc très récent).
    Nous y retournons dans 2 semaines, si mon mari doute du bénéfice de cette action, je sais déjà que le premier rendez-vous m’a conforté dans le bien que pouvait nous apporter cette démarche à moi et mon fils. Je pense qu’il pourra en ressortir du positif pour moi aussi.

    Je vais tenter de marcher dans cette direction afin que mes enfants ne se perdent pas (comme moi je le suis) mais aussi que je puisse me trouver (peut être).

    Ps: comme d’autres ci dessus, je n’ai jamais laissé de commentaire sur aucun site, l’anonymat aide beaucoup.

    • Carol Pirotte

      Reply Reply 17 mars 2017

      Bonjour Leslie !

      Je suis toute parcourue de frissons en vous lisant, comme si une sorte de force puissante déteignait de vos mots ! J’ai l’impression d’être en présence d’une sorte de fente pleine de lumière, d’espoirs et de possibles étant en train de jaillir et c’est très émotionnant et beau !

      Je comprends à quel point il peut être déstabilisant (et culpabilisant) de se savoir détenir tous les outils pour être un parent bienveillant et tout simplement ne pas avoir les résultats escomptés.
      Quelle joie de savoir que vous avez fait ce pas courageux d’oser regarder ce miroir et de demander de l’aide pour mieux vivre cette traversée vers l’intérieur. Pour vous, pour votre enfant, pour tous…

      Aussi, je suis profondément émue par cet acte symbolique et fort que vous avez prévu de faire auprès de vos proches en leur lisant cet article. Cela me touche beaucoup de savoir que vous vous êtes reconnue suffisamment dans ce qui est exprimé pour oser parler de vous et de votre vécu à vos proches. Je vous célèbre aussi pour ce beau courage !
      Quelle que soit leur réaction (qui leur appartiendra entièrement et résonnera en fonction de là où chacun se trouve), vous êtes déjà en train de faire un pas GIGANTESQUE vers vous-même, vers l’acceptation de votre manière d’être au monde et c’est précieux ! Alors je me réjouis et je vous remercie d’avoir partagé cet élan si beau avec nous.

      Et pour finir, une dernière célébration : vous avez osé vous mettre en mots dans cet espace : wouaw ! Que de pas incroyables, vous ne trouvez pas ? 😉

      Plein de beaux pas à vous sur votre chemin et tous mes meilleurs voeux !
      Bien sincèrement,
      Carol Pirotte

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