Ces petits riens qui cassent la relation parents – profs

Cette semaine, nous recevons Magali du blog Parents du 21ème siècle. A travers le récit d’une scène du quotidien, elle illustre comment de petites choses peuvent tendre les relations entre parents et enseignants… et comment on peut faire (facilement) beaucoup mieux au service de nos enfants !

 

relation parents-profs

 

Ce week-end, je discute avec une amie dont le fils aîné est en primaire. Ça part au quart de tour

– Non mais, tu sais ce qu’elle m’a sorti la maîtresse cette semaine ??? »

– Non ? Mais ça a l’air de t’avoir énervée.

Tu sais que je suis hyper ponctuelle. Depuis la rentrée, Paul arrive presque chaque matin le premier devant les grilles de l’école. Bon. Mais mardi matin, c’était la galère à la maison, total on est arrivés à 8h32 à l’école, alors que la grille se fermait juste. Et là, j’ai carrément eu le droit à la leçon de morale de la maîtresse « Vous êtes en retard. Les grilles ferment à 8h30 ». Même pas bonjour.

– Ah mince !

– Non mais, tu te rends compte ! Alors que à l’école, ils te disent d’arriver entre 8h15 et 8h30, mais à 8h15 les grilles sont jamais ouvertes. Alors que la maîtresse a été absente 3 jours sans prévenir depuis le début de l’année. Alors que […]

Et ma copine de compter les points, de me faire la liste de tous les petits et grands griefs accumulés depuis le début de l’année.

Cette scène vous rappelle une expérience vécue ? C’est fort probable depuis que vos enfants vont à l’école 🙂

Qu’en penser ?

Sur le fond, il n’y a pas de débat : oui, c’est important d’être à l’heure à l’école le matin. Si chacun arrive quand il veut, on est bien d’accord, c’est le bazar. La fameuse dérive laxiste de l’école. Oui, même 2 minutes de retard, ça compte. Oui, même une fois ça mérite d’être relevé.

 

Mais sur la forme du dialogue parents-profs, que de choses à dire !!!

Oui, il y a longtemps, on s’adressait ainsi aux enfants « Fais pas ci… Fais pas ça ». Beaucoup d’entre nous avons connu ce mode de communication si spécifique à l’école. Le rappel à la règle, sévère, aride. Et la punition jamais très loin derrière.

Mais nous avons grandi, non ? Nous sommes aujourd’hui des parents, et à ce titre co-responsables avec les enseignants, de l’éducation de ces petits êtres que sont nos enfants.

Nous avons changé d’époque aussi. Les parents d’aujourd’hui ne sont plus les paysans ou les ouvriers des années 1920, à qui on faisait la morale à la maison, à l’école, à la messe le dimanche, à l’armée… et j’en passe.

Donc « Vous êtes en retard » sans le « bonjour », ça le fait pas. Ca le fait plus. C’est le parfait carburant pour nourrir une relation dans laquelle les parents rajoutent chaque jour une ligne à la liste des reproches à faire aux profs.

Et vice versa pour les enseignants « Non mais tu te rends comptes, la maman elle arrive 2 minutes en retard et encore elle s’excuse même pas ! ».

 

Alors, comment faire autrement pour (enfin) nouer un dialogue constructif ?

relation parents-profs

Pour un dialogue parents-profs au service des enfants !

D’abord, en se rappelant une règle de base : Un parent, même en retard, reste un être humain. Un enseignant, même absent 10 jours depuis le début de l’année, reste un être humain.

Nous sommes tous capables de motivation, d’engagement, de réussite. Nous sommes aussi tous imparfaits, faillibles.

Alors, en première intention, faisons appel à la motivation des parents et commençons par l’encouragement :

« J’ai bien vu que vous êtes arrivée à l’heure chaque jour depuis le début de l’année. Je suis sûre que demain Paul aura à cœur d’être le premier devant la grille ».

Ou offrons-nous quelques grammes d’empathie dans un monde de brutes pour débuter la journée :

« Je sais que ce n’est pas facile pour vous en ce moment, et j’apprécie vos efforts pour arriver à l’heure chaque matin. Je suis sûre que demain Paul sera là bien avant la fermeture des grilles ».

Ou encore

« Vous êtes arrivée à l’heure chaque jour depuis le début de l’année, c’est la 1ère fois que je vous vois en retard. Est-ce que tout va bien pour vous et Paul ? Je suis sûre que vous aurez à cœur tous les deux d’arriver en avance demain ».

Attention ! Il ne s’agit pas d’attendre que l’enseignant excuse le retard ou l’ignore « Bonjour, oh 2 minutes de retard, ça n’est pas bien grave ». Et bien sûr, si Paul arrivait en retard chaque matin à l’école, cela appellerait une autre réponse.

Il s’agit simplement de reconnaître les efforts que, parents et enseignants, faisons pour les enfants dont nous avons la responsabilité. Même si parfois nous échouons.

En agissant ainsi, nous transmettons par l’exemple à nos enfants des qualités qui vont leur être essentielles pour réussir et s’épanouir dans le monde qui les attend. Par exemple, savoir communiquer de façon efficace et constructive avec les autres, même et surtout quand on n’est pas d’accord. Ou encore savoir coopérer, nouer des relations positives avec les autres, pour atteindre des objectifs communs.

Ce matin-là, la semaine dernière, mon amie était seule avec son aîné Paul et Augustin et Inès, ses deux petits frères et sœurs. Son mari était en déplacement professionnel à l’autre bout du monde. Inès a eu une poussée de fièvre – un début de grippe – qui a tenu mon amie éveillée toute la nuit. Au petit matin, elle a appelé un médecin pour Inès, déposé Augustin à la maternelle… et ok, elle a eu 2 minutes de retard pour Paul. Derrière un échec apparent, se cachent parfois des torrents d’efforts, d’énergie, de difficultés surmontées et de quasi-réussites, qui méritent d’être respectés et entendus.

Le dialogue entre parents et enseignants est nécessaire pour favoriser la réussite de nos enfants. De nombreuses études conduites aux Etats-Unis ont mis en évidence qu’un réel partenariat entre les parents et les enseignants améliore très nettement la réussite des élèves.

Points forts, difficultés d’apprentissage ou de comportement, orientation… les sujets importants à discuter ne manquent pas.

Ne ruinons pas ce dialogue par des réactions au quotidien créant des griefs qui ne manqueront pas de ressurgir au moment de discuter des sujets importants.

Profitons au contraire des réussites et des petits loupés du quotidien pour construire une relation de confiance, une communication constructive qui seront précieux lorsqu’il s’agira d’aborder les sujets essentiels à la réussite de nos enfants.

Comment ça se passe chez vous ?

Avez-vous le sentiment que le dialogue ne passe pas avec les enseignants de vos enfants ? Avez-vous au contraire réussi à nouer des échanges constructifs, positifs ? Quels sont vos trucs et astuces ?

Partagez votre expérience dans les commentaires !

 

 

 

Crédits photos : Djoronimo, Sunny studio

 

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