Les 16 besoins fondamentaux de tous les enfants

En Parentalité Positive, plutôt que de chercher à tout prix à détruire les « mauvais penchants » de nos enfants, à supprimer leurs « mauvais comportements », nous essayons plutôt de découvrir les causes profondes qui entraînent ces comportements. Faire disparaître la cause d’un comportement inapproprié, c’est souvent faire disparaître ce comportement !

famille parentalité positive 2

Et en règle générale, la cause, l’élément déclencheur, d’un comportement qui nous dérange (colère, caprice, dispute entre frère et sœur etc…), c’est tout simplement un besoin non satisfait. Les enfants sont comme nous : ils sont mécontents lorsqu’un de leurs besoins essentiels n’est pas satisfait… la différence c’est qu’eux ont encore beaucoup de mal à gérer cette frustration. Etre à l’écoute de son enfant, et connaître ses besoins fondamentaux vous permettra de dénouer de nombreuses situations.

Besoins satisfaits = comportement adéquat

L’équation est simple : Un enfant dont les besoins ne sont pas satisfaits va chercher à les satisfaire par un autre moyen… souvent par un comportement inapproprié (pleurs, colères, cris etc.), alors qu’à l’inverse, un enfant dont les besoins sont comblés se sent bien intérieurement, adopte des comportements plus adaptés et coopère bien plus facilement.

Connaître ses besoins… et avoir conscience des nôtres

Connaître les besoins fondamentaux de votre enfant vous aidera à mieux déceler ceux qui ont besoin d’être comblés, afin d’éviter qu’il ait recours à des comportements dérangeants ou inacceptables pour vous.

Mais avant cela, il est important de préciser qu’en tant que parent, nous transmettons inconsciemment à nos enfants nos propres besoins insatisfaits. Si votre réservoir d’amour est rarement plein (pour reprendre l’expression chère à Isabelle Filliozat), votre enfant aura lui aussi du mal à remplir le sien correctement. Prendre conscience de nos propres blessures, de nos propres manques et essayer de se réparer soi-même, est souvent un préalable indispensable avant d’espérer obtenir des résultats sur notre enfant.

Répondre à ses besoins ne veut pas dire « être à son entière disposition »

D’ailleurs répondre aux besoins n’impose pas de ne plus respecter les vôtres ! Il est d’ailleurs important que votre enfant sache que vous aussi avez des besoins. Il est tout à fait capable de le comprendre et apprendra petit à petit à les respecter. Lorsque vous rentrez du boulot et que vous avez besoin de calme, vous pouvez parfaitement expliquer à votre petit que vous aimeriez vous reposer 15 minutes dans le calme avant de le rejoindre pour jouer avec lui.

Attention aussi à ne pas confondre besoin et désir !

Chercher à répondre aux besoins de son enfant ne veut pas dire « céder à tous ses désirs ». Les désirs sont des moyens de répondre aux besoins… et nos enfants sont très imaginatifs, ils ont des désirs aussi multiples que fantaisistes ! Souvent ces désirs ne sont simplement pas réalisables ou ne nous conviennent pas ; Il est alors important de chercher le “besoin non satisfait” qui se cache derrière le désir, afin de proposer à l’enfant des alternatives « raisonnables » pour satisfaire son besoin.

Exemple : Souvent, Lou avant de dîner nous réclame des gâteaux. Elle « désire » des gâteaux, mais son besoin non satisfait c’est tout simplement « la faim » (à son âge, il est parfois difficile d’attendre jusqu’à l’heure du dîner). Comme il n’est pas question pour nous de lui donner des sucreries avant de passer à table, nous lui proposons généralement un bout de pain… qu’elle accepte sans problèmes, oubliant son désir de gâteaux.

Définition d’un besoin :

Le besoin est l’exigence destinée à combler un déficit de l’organisme (besoins primaires) ou ressenti comme nécessaire à l’existence matérielle ou morale.

 

Les 16 besoins fondamentaux

Les besoins de base :

  • Le besoin de sécurité. C’est à travers les interdits, les frustrations, les limites, les règles, que nous donnons à l’enfant le sentiment de sécurité, mais aussi les bonnes bases de la socialisation.
  • Le besoin de stabilité : des horaires fixes, des routines régulières, une ambiance sereine à la maison et des réponses cohérentes.
  • Le besoin de boire et de se nourrir. L’alimentation joue un rôle essentiel dans l’établissement de la relation affective notamment les premier mois pendant l’allaitement ou les biberons. Plus tard, lorsque l’enfant éprouve le besoin de manger avec ses mains, il est important de le laisser faire, car cela répond à un besoin d’exploration et lui permet de développer son sens du toucher… c’est aussi pour lui une source de plaisir.
  • Le besoin de dormir et surtout de voir son rythme de sommeil respecté. Lorsque ce rythme est perturbé, il engendre non seulement un déséquilibre nerveux avec des inévitables troubles du comportement, mais des troubles de la croissance : il a été prouvé une relation entre la le sommeil et la sécrétion de l’hormone de croissance. Bien dormir permet à l’enfant de bien grandir ! Comme les adultes cependant, les enfants peuvent être de petits et des gros dormeurs. Les besoins de sommeil sont variables mais voici quelques repères !
    o Nouveau né : 20 heures
    o De 1 à 3 ans : 15 heures (12 heures par nuit + 3 heures de sieste)
    o De 3 à 6 ans : 12 heures (10 heures par nuit + 2 heures de sieste)
    o Vers 10 ans : 10 heures
    o Adolescent : 8 ou 9 heures
    o Adulte : 7 à 8 heures
  • Le besoin d’être propre. Les pratiques d’hygiène corporelle (le change, le bain, le brossage de dents etc…) assurent à l’enfant une bonne santé, le confort et la détente du corps. Elles leur donnent aussi les premiers points de repères (quand elles s’insèrent à une « routine » quotidienne) et leur offre des moments forts de découvertes (l’eau, le savon, les bulles, le chaud, le froid etc.).
  • Le besoin d’être respecté dans son rythme de développement. Nos attentes se doivent d’être réalistes, en fonction de son stade de développement psychomoteur, affectif et social (pour tout savoir de ces étapes, téléchargez notre guide gratuit au bas de l’article).
  • Le besoin d’apprendre et de jouer (d’apprendre en jouant). Notre rôle de parent est plus de prendre appui sur le désir d’apprendre de l’enfant, en lui offrant un environnement favorable : un espace, un mobilier, un matériel (jeux, jouets etc.) adapté à ses besoins du moment et à ses compétences, plutôt que de chercher à le diriger dans son apprentissage en lui imposant telle ou telle activité.enfants jeux jouets activités 2
  • Le besoin d’explorer, de découvrir, d’expérimenter, d’observer. L’enfant a besoin de s’approprier l’environnement dans lequel il vit, pour maîtriser progressivement ses actions.
  • Le besoin de plaisir : pour passer à l’action, pour apprendre et s’éveiller, l’enfant doit « avoir envie de faire ».
  • Le besoin de sorties. Les sorties, les promenades (à pied, avec une belle poussette pour les plus petits, en vélo avec les plus grands etc.), sont bénéfiques à l’enfant. Elles lui procurent l’air et le soleil dont il a besoin pour être en bonne santé (l’oxygénation stimule les défenses de l’organisme et favorise l’appétit et le sommeil), et lui donnent surtout l’occasion de connaître un univers différent : d’autres lieux, d’autres personnes, d’autres enfant etc.

 

Les besoins affectifs :

  • Le besoin d’être aimé, inconditionnellement, pour ce qu’il est.
  • Le besoin d’attention : l’enfant doit savoir que nous sommes à son écoute et que c’est important pour nous qu’il aille bien.
  • Le besoin d’être apprécié pour ses qualités.
  • Le besoin du respect : de sa nature, de sa personnalité, de ses goûts, de son désir de faire ou de ne pas faire, de ses capacités etc. (Nous vous suggérons la lecture de cet excellent article de Catherine Dumonteil-Kremer : Poser les limites respectueusement , en dix points)

 

Pour conclure, notez bien que tous ces besoins sont plutôt « faciles » à satisfaire, à partir du moment où nous avons décidé de donner plus de poids à la relation, au bien être et à l’écoute des besoins des autres… plutôt qu’à la satisfaction immédiate des désirs, prônée par notre société de consommation.

 

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30 Comments

  • Albert

    Reply Reply 3 juillet 2012

    D’ailleurs, tous ces besoins sont autant nécessaires à l’enfant qu’à l’adulte.

    Mais je pense que l’adulte n’a plus ce besoin absolu d’être aimé, dans le sens où il doit s’affranchir du regard d’autrui (l’approbation) pour se réaliser.

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 9 juillet 2012

      En fait Albert, quasiment tout ce que nous donnons comme conseils en termes de « communication bienveillante » envers les enfants….est parfaitement transposable au monde des adultes 🙂

      Et nous sommes d’accord avec vous : apprendre à nos enfants à faire les choses pour EUX-MEMES plutôt que de les faire pour obtenir notre reconnaissance (puis celle des autres quand ils auront grandis) est un des éléments primordiaux de notre démarche !

  • Merci pour cet article qui met un en avant un point fondamental pour être bien dans son corps, dans sa tête, que nous soyons enfant ou pas : satisfaire nos besoins.

    Une vie où l’on ne satisfait pas ses besoins et désirs, est une vie remplie de frustrations. Triste bilan à al fin de sa vie !

    Apprenons tôt à nos enfants à exprimer :
    – leurs émotions
    – leurs ressentis derrière lesquels se cachent comme vous l’avez souligné un BESOIN.

    Pour cela, cela demande d’être présent, d’être à leur écoute et leur permettre aussi de s’exprimer quelque soit les émotions à sortir.
    Souvent on bannit les émotions et ressentis négatifs ( pleurs, colère ….) ce qui fait que les besoins restent enterrés dans notre corps !

    Mais tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime….et s’exprimera un jour pas comme on l’aurait souhaité.

    A bientôt Super Parents

    Karine
    Du blog http://reussir-en-famille.com/

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 4 juillet 2012

      Parfaitement d’accord Karine… c’est une des bases de la parentalité positive.

  • Samuel

    Reply Reply 5 juillet 2012

    Très bon article, bravo !

    Je partage votre avis sur l’importance d’aller chercher au fond de soi les manques que nous aurions pu avoir dans notre enfance et adolescence.

    L’ éducation de son enfant va dépendre de la relativité des faits, de remonter cela de son inconscient et ne pas faire la même erreur.

    • Camille et Olivier

      Reply Reply 9 juillet 2012

      Oui Samuel. Être conscient du fait que notre propre enfance a d’énormes impacts sur celle que nous proposons à nos enfants est un des éléments fondamentaux de la démarche de parentalité positive. C’est pour nous toute la différence entre les parents »passifs » et les parents « pro-actifs » : ceux qui mettent tout en œuvre pour le bien être de leurs enfants, y compris la remise en question de leurs comportements inconscients hérités de leur propre enfance.

  • Aurelie

    Reply Reply 6 juillet 2012

    Excellent article !
    Vous notez notamment le « besoin de communiquer ». C’est exact : communiquer est un besoin.
    Je pense notamment à des parents entendants lorsqu’ils apprennent que leur enfant est sourd. Une des réactions que l’on rencontre souvent : les parents arrêtent « toute » forme de communication avec leur enfant. C’est absolument terrible car leur enfant Sourd aura d’autant plus besoin de communiquer qu’un autre enfant, c’est justement là son handicap. Son Papa et sa Maman, tout son entourage même, sont le seul moyen pour l’aider à décoder le Monde.
    COMMUNIQUER est un BESOIN : parler, faire des gestes, sourires, signer. Signer à des enfants Sourds est primordial dès le diagnostic. Même si, éventuellement plus tard, d’autres soins seront amenés ou non (mais ceci est un autre débat !).

    Merci pour cet article et au plaisir de continuer à vous lire !

  • Bravo pour ce bel article. Chercher les causes profondes est toujours un des seuls moyens de gagner du temps, et de la tranquillité, à long terme. J’ai construit toute une stratégie familiale là-dessus en éradiquant les causes d’échec dans l’apprentissage des langues étrangères. Cela permet également de nourrir le besoin de communication, y compris au delà des frontières linguistiques.

    • Teena Nadeau

      Reply Reply 30 octobre 2016

      J’aimerais connaitre votre stratégie familiale

  • hajer

    Reply Reply 11 avril 2014

    Merci bcp j en avait vraiment besoins

  • Laetitia

    Reply Reply 31 octobre 2014

    Superbes démarches humanistes, bien au delà des violences psychologiques, physiques et sexuelles que de nombreux enfants subissent encore aujourd’hui.
    Bravo pour vos démarches bienveillantes, parlons-en !
    http://www.lenfantdabord.org/les-memoires-dun-bebe/

  • Brian

    Reply Reply 22 avril 2015

    Merci pour ces conseils

  • felix lunique

    Reply Reply 18 juin 2015

    un grand merci

  • cécile

    Reply Reply 29 octobre 2015

    bonjour,
    tout d’abord, je vous remercie pour le trésor d’info que je trouve sur votre site. Cet article est très intéressant et représente pour moi,le tronc de base ou peuvent se greffer toutes les branches de la bienveillance.Cela m’a rappelé la pyramide de Maslow.
    pouvez-vous préciser « le besoin de sécurité »?
    il me semble que la définition emploie des mots qu’Isabelle Filliozat n’affectionne pas particulièrement.
    merci

  • Teena Nadeau

    Reply Reply 30 octobre 2016

    J’aimerais avoir quelque trucs pour trouver quelle besoin n’est pas comblé,(la cause profonde)

  • gemme

    Reply Reply 19 novembre 2016

    Je suis conquise de lire ceci c’est se que je prône et se qui tellement important aujourd’hui dans la vie de chacun pour avoir un foyer plus épanouis.
    C’est la base.
    Encore merci pour ce magnifique partage, et je partage à volonté étant garde d’enfant à domicile je remarque bien tout ceci et c’est certains que nous sommes tous en rapport avec cela à un moment de notre vie ,et pour ce faire tous en cours d’apprentissage constant pour mieux aller de l’avant avec nos bout choux, c’est impératif surtout en nos temps qui court ou tout va toujours trop vite et le dispersement pour tout un chacun est trop oppressant.
    Magnifique journée à vous.

  • Lenaïg

    Reply Reply 21 janvier 2017

    Bonjour,

    j’ai du mal à vous suivre : vous écrivez un article intitulé « NON ! Les interdits, frustrations et limites ne donnent pas un sentiment sécurité à l’enfant ! », et définissez le 1er besoin de l’enfant comme suit : « Le besoin de sécurité. C’est à travers les interdits, les frustrations, les limites, les règles, que nous donnons à l’enfant le sentiment de sécurité ».

    Pouvez-vous m’éclairez ?

  • Aurélie

    Reply Reply 1 février 2017

    bonjour, je voudrai savoir la source de cet article, sur quoi vous appuyez vous? Quel théoricien? merci

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