Comment aider concrètement son enfant à apprendre un instrument.

 

Votre enfant a eu envie, il y a quelque temps d’apprendre un instrument. Ravi de lui offrir cette opportunité, vous l’avez inscrit dans une école de musique et lui avez procuré un instrument. Passé l’enthousiasme des premiers cours, et la joie d’avoir l’instrument en vrai, les choses deviennent concrètes pour lui et les difficultés arrivent. J’ai une bonne nouvelle !! C’est parfaitement normal !

Il faut savoir qu’apprendre un instrument est loin d’être facile. Certains font mal au doigts, obligent à être debout et/ou à maintenir une position asymétrique. Le poids de l’instrument peut être significatif comme par exemple l’accordéon qui pèse environ 10kg sans sa boite de rangement. Ou d’autres très encombrants comme le violoncelle. Et même pour le violon qui pèse pour sa part environ 500gr, faites l’essai de tenir 500gr à bout de bras pendant 10 minutes et vous m’en direz des nouvelles. Essayer en plus de déchiffrer des hiéroglyphe égyptiens (les notes) en vous tenant debout et en faisant aller et venir l’autre bras en l’air. Je pense que vous avez compris.

Pour les instruments à vent, il va falloir souffler dans l’instrument et pour certains vraiment très fort sinon rien ne sortira (clarinette, hautbois, saxophone etc…). Pas aussi simple que dans le jouet offert par papi !

 

Petit trompettiste

Photo d’Eric Decossaux

C’est quelque chose qui se rajoute à l’école, ou il vient de passer en moyenne 5h assis à s’efforcer d’écouter quelqu’un lui présenter de nouvelles notions. Il est difficile pour lui de se reconcentrer à nouveau. Mais l’instrument fait travailler d’autres compétences qui pourrons mieux convenir à certains enfants qui ne sont pas très à l’aise avec les matières scolaires. Les meilleurs élèves à l’école ne sont pas toujours les meilleurs dans la pratique d’un instrument, même s’il peuvent exceller en solfège…

Bref il va falloir user de stratégies et de tact chers parents ! Car même si vous savez qu’il est bon de cuisiner vous-même ses repas, le faites vous tous les soirs après une bonne journée de travail ? Alors… Si vous l’avez prévenu qu’il faudra travailler tous les jours, nul besoin de le répéter sans cesse. Il le sait. Ne le culpabilisez pas. Montrez lui que vous aussi il vous arrive parfois de ne pas tenir vos engagements. Que ce n’est pas grave. C’est la règle du jeu de la vie que d’échouer mais de continuer quand même. Il ne sait juste pas comment s’y prendre pour y arriver. A vous de l’aider à trouver ses “accroches”. Les conseils qui vont suivre ne sont pas parole d’évangile. Testez-les, et adaptez-les à VOTRE enfant. Soyez attentif à ce qui marche avec lui ou non et faites le en collaboration avec lui. Ce sera une excellente occasion d’échange et vous apprendrez des choses sur lui.

 

Qui suis-je ?

Etant tout d’abord pianiste et professeur de piano, je me souviens bien de mon enfance d’apprentie pianiste et je suis aussi maman de deux garçons qui ont pratiqué la guitare, la batterie et le violon. J’ai également joué du violon et du violoncelle. J’ai donc une certaine vision d’ensemble des difficultés que peuvent rencontrer les apprenants, et en particulier les enfants. Mes 20 années de pratique de l’enseignement m’ont fait croiser également des centaines de familles que j’ai pu suivre dans leurs difficultés et joies durant plusieurs années.

(Je suis aussi l’heureuse auteure du blog Apprendre a jouer du piano.)

Jeune flûtiste

Photo de Michael Neel

Quelques piste pour favoriser l’apprentissage :

 

Préférez la location de l’instrument plutôt que l’achat :

Afin de ne pas avoir de pression supplémentaire, il est préférable de louer ou de prendre une location-vente. En effet l’achat demande parfois un tel investissement pour vous, qu’il va être difficile de rester impartial quand votre enfant vous donnera l’impression de ne pas vouloir fournir l’effort nécessaire.

Attendez le premier cours pour avoir l’avis du professeur, et sachez qu’il existe dans certaines familles d’instruments des tailles pour les plus petits. S’il est trop grand, l’enfant risque de se sentir écrasé au sens propre comme au figuré par l’ampleur de la tache.

 

Demandez à être présent au cours, et impliquez-vous au début

Pour ma part il est impensable de laisser l’enfant en autonomie totale au début de l’apprentissage sauf s’il est déjà adolescent. Il ne faut pas rêver, même les adultes auraient parfois besoin de coach à la maison, alors les enfants d’autant plus. Mais plus que tout, il va avoir besoin que vous vous intéressiez à cet instrument vous aussi. Que vous vous impliquiez personnellement. Trop de notions et d’explications risquent de passer à la trappe pour l’enfant, et vous ne pourrez pas l’aider à la maison. Mais il n’y a pas besoin que vous sachiez vous-même jouer de la musique. Mais êtes adulte, et vous savez (mais si vous savez!) travailler, faire la part des choses et garder la tête froide malgré les difficultés et c’est ces compétences qu’il faudra lui prêter !

Profitez-en pour nouer le contact avec le professeur. Mais en revanche, n’intervenez pas pendant le cours sauf si le professeur vous le demande. Et de temps en temps, laissez l’enfant seul avec lui, pour qu’il développe une relation avec lui. Vous pourrez vous effacer progressivement et le laisser seul au bout d’un an ou deux en fonction de sa maturité.

 

Professeur de piano

Photo de Susan Smith

Certains professeurs n’acceptent pas les parents. Respectez cette façon de faire, mais osez demander tout de même, en promettant que vous resterez discret. Certains parents sont intrusifs pendant le déroulement du cours et interfèrent, donc des collègues préférèrent interdire l’accès à la salle plutôt que d’avoir à remettre le parent à sa place. Mais cela vient bien sûr des deux côté d’un soucis de bien faire.

 

Ancrer l’habitude de prendre l’instrument tous les jours

Comme beaucoup de choses, le fait de travailler tous les jours est une habitude à prendre dès le début. Mais il va falloir y aller en douceur pour que son corps s’habitue à ce nouvel effort physique (car s’en est un croyez moi). Intégrez la pratique dans une routine déjà établie. Celles du soir après l’école est la plus courante bien sûr, mais si votre enfant a la chance de rentrer chez lui à midi, pourquoi pas choisir ce moment où il est souvent moins fatigué que le soir. “Accrochez” donc la pratique de l’instrument à une autre activité qu’il fait déjà tous les jours comme avant ou après les devoirs (même s’il risque d’être fatigué après…) ou le gouter. Mais évitez après un jeu vidéo ou la télé… il aura vraiment du mal à redémarrer.

Si c’est possible pour vous, permettez lui de se défouler physiquement avant de jouer de son instrument. Même s’il va lui falloir un temps de remise au calme, il sera plus attentif et moins tenté de bouger dans tout les sens.

Les deux premières semaines, commencez avec 5 à 10 minutes maximum par jour.

Le temps idéal pour moi est entre 10 et 20 minutes par jour pour les premières années. Mais ceci est à adapter à sa capacité de concentration. Il vaut mieux 10 minutes concentré que 20 minutes en parlant ou en se levant tout le temps, bien que certains ne puissent pas faire autrement.

Il est utile et formateur pour l’enfant de visualiser quelque part le temps qui passe. Il peut avoir l’impression d’avoir passé 20 minutes alors que c’est 10 ou inversement, en fonction de la difficulté de ce qu’il est en train d’apprendre. Vous pouvez donc prendre un minuteur ou un sablier. Bref, tout ce qui permettra à l’enfant de visualiser le temps et son écoulement.

 

Time Timer

 

Valorisez plus l’effort fourni que le résultat:

Vous ne pouvez pas savoir de votre point de vue si c’est bien ou pas, ou si le résultat est dans la norme ou pas. Le professeur a plus l’habitude car il a la possibilité de comparer avec ses autres élèves. Abstenez-vous donc de juger le résultat en disant “c’est super” “c’est beau” ou “oups une fausse note” “tout ça pour ça” etc… Je ne dis pas qu’il ne faut pas encourager votre enfant, mais pas comme on a envie de le faire naturellement.

Vous avez le droit de vous exprimer, mais évitez de le couper pendant qu’il travaille. S’il y a besoin de dire des choses, attendez une petite pause, et préférez plutôt les phrases du type “j’ai l’impression qu’il y a une note qui sonne faux”, “j’ai pris beaucoup de plaisir en t’écoutant ce soir” ou “je vois une nuance forte écrite sur la partition, l’as-tu remarquée ?”. Exprimez ce que vous ressentez, et mettez des mots sur le pourquoi si vous pouvez.

J’ai remarqué que le fait d’écrire sur un petit tableau le temps de travail chaque jour lui donnait plus conscience de sa pratique et de son temps passé. Vous mettez en valeur l’effort qu’il a fourni en notant le temps pendant lequel il est resté concentré sur son instrument : “je vois qu’aujourd’hui, tu as réussi à rester à ta batterie plus longtemps qu’hier”. C’est l’essentiel à noter, et non le résultat.

 

Trouver un lieu dédié à l’instrument :

Il est bon que la pratique se fasse souvent au même endroit. Vous pourrez bien sûr de temps en temps changer ce lieu, mais ne le faites pas trop souvent. Le salon n’est pas la meilleur pièce pour cela. C’est souvent également le lieu ou trône la télé, la Wii, la Ps4 du grand et d’autres sources de distraction tellement addictives.

 

Personne d’autre dans la pièce :

S’il est possible pour vous de le faire, mettez dehors petite-curieuse et grand-pénible-boutonneux (en toute affection bien sûr !). Même traitement pour Maman si vous êtes Papa ou Papa si vous êtes Maman. L’excuse du match ne tient pas. Il peut le regarder sur l’ordi ou son téléphone. Et s’il n’a ni l’un ni l’autre, il va falloir négocier.

Pour la plupart des gens, il est difficile de travailler en présence de quelqu’un d’autre, même si cette personne est très discrète. Je ne parle pas pour les enfants du parent qui est sensé le soutenir dans son apprentissage (même si de temps en temps il va falloir le laisser seul aussi). On a tous tendance en jouant, et l’enfant d’autant plus, à imaginer la réaction interne de quelqu’un fasse à ce qu’on joue au même moment. Si en plus la personne dit “ah c’était joli”, même si cela lui fait plaisir, il ne pourra s’empêcher le jour ou cette personne ne dira rien de penser “ce n’est pas joli”. Or il ne doit pas prendre l’habitude de jouer pour les autres mais bien pour lui.

Il faut savoir qu’un musicien qui prend beaucoup de plaisir à jouer, en procurera naturellement pour les autres. Paradoxalement, il est le premier à se servir quand il est sur scène. Et cette relation à son instrument et à la musique ne doit pas être entravée par des remarques incessantes des autres habitants de la maisonnée.

 

Laissez l’instrument disponible pour jouer :

Tout ce qui peut réduire le nombre de gestes avant de pouvoir jouer doit être utilisé. Notamment le fait de ne pas ranger l’instrument après la séance de travail. Pour le piano, laissez ouvert le couvercle. Pour les instruments se rangeant dans un  étui, laissez-le hors de l’étui, avec un linge pour le protéger de la poussière. Vigilance tout de même sur la sécurité de l’instrument. Un accident est vite arrivé. Mettez-le dans un coin loin d’un lieu de passage.

 

Violon dans son étui

 

J’en profite d’ailleurs pour vous conseiller vivement, s’il s’agit d’un instrument onéreux de l’assurer. Ne faites pas comme moi qui ai attendu d’avoir une magnifique fente sur le violon de mon fils et un devis de 500€ de réparation pour me pencher sur la question…

 

Sachez lâcher du leste de temps en temps :

Laissez-lui une journée sans pratiquer dans la semaine. Le dimanche par exemple. Il a le droit de ne rien avoir “à faire” aussi. Mais s’il a tennis le lundi, solfège le mardi et chinois le vendredi, bien sûr le dimanche sera précieux. A vous de voir, mais sans 4 ou 5 jours de pratique par semaine, il n’avancera généralement pas suffisamment et perdra en motivation.

Quand il s’est fait grondé par la maitresse, qu’il a eu une dispute avec son meilleur copain, qu’il a des cernes et une tonne de devoirs, laissez-le NE PAS faire de musique ce soir-là. Tout est une question d’écoute et d’attention vis à vis de votre enfant. Même si jouer d’un instrument n’est pas un loisir dans le sens que cela ne demanderait pas d’efforts et de difficultés à surmonter, cela ne doit pas devenir un carcan ou un cauchemar. Cela lui demanderai de se couper de ses émotions pour supporter, ce qui est la dernière chose à faire pour un musicien vous en conviendrez !

 

Faites lui écouter l’instrument qu’il apprend dans d’autres contextes:

Vous pourriez ne pas savoir pourquoi il a choisi cet instrument et lui non plus d’ailleurs, vu que vous ne l’avez peut-être jamais vu en contact avec celui-ci. Mais maintenant qu’il le pratique, il est bon de lui faire écouter de la musique comportant cet instrument. Il a besoin de se créer une “banque de son et de morceaux” à partir de laquelle il va puiser son inspiration sans même s’en rendre compte.

Emmenez le au concert de temps en temps. Regardez des vidéos avec lui. Offrez lui des CD. Il existe d’excellentes compilations sur certains instruments, ayant comme titre par exemple les 100 plus beaux morceaux de piano, de violon etc…

 

Favoriser la musique d’ensemble :

Le moteur le plus puissant pour votre enfant sera de rencontrer d’autres enfants qui comme lui apprennent la musique et de jouer avec eux. Si vous en avez l’occasion pensez-y. Bien sûr cela va charger encore son emploi du temps et vous allez jouer au taxi une fois de plus, mais dans le sourire de votre enfant vous comprendrez que ça en vaut la chandelle. Jouer tout seul dans son coin n’est pas motivant, et je ne suis pas sûr que la musique soit faite pour cela…

 

Ensemble cuivres

 

Photo S. Budon

Quand savoir arrêter ou persévérer :

Les pleurs arrivent régulièrement quand il doit travailler. Il rechigne depuis des mois, voir un an. Le professeur vous indique qu’il est triste en cours. Il vaut peut-être mieux se poser la question et en parler franchement avec lui, puis avec son professeur. Sa relation avec lui est un bon baromètre, mais ce n’est pas forcément l’instrument qu’il faut arrêter… et ne jugez pas trop vite la compétence de l’enseignant. Dans toute relation humaine, le “fluide” passe ou pas. Il est souvent plus question de cela.

S’il y a des pleurs de temps en temps, mais que quand il sait un morceau, il est ravi et vous tue les oreilles à le jouer toute la journée du dimanche. Tenez bon !

Il y a “toujours” des hauts et des bas, mais quand c’est bas tout le temps, STOP. Ce temps qu’il prend pour la musique peut-être réinvesti dans une activité qui lui conviendra bien mieux, et il reviendra peut-être un jour à la musique. C’est une expérience enrichissante de toute façon pour sa vie future.

J’attire votre attention sur le fait qu’il peut aussi arriver que l’instrument qu’il a choisi à la base ne soit pas adapté à son corps, à sa personnalité ou ses points forts intellectuels. N’hésitez-donc pas à le faire participer à des séances d’essai sur d’autres instruments. C’est souvent une chose qui est proposé dans les écoles de musique, notamment lors de ce qui est souvent appelé “les portes ouvertes”.

 

Jeune violonniste et son chat

Photo d’Eliza Mougel

Je remercie infiniment Camille et Olivier d’avoir accueilli cet article sur leur blog avec tant d’empressement et d’enthousiasme.

Si vous avez apprécié ces conseils, n’hésitez pas à aller visiter mon blog dédié au piano, où vous pourrez trouver des outils et moyens concrets de jouer de cet instrument, ou d’apprendre solfège.

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3 Comments

  • Bonjour Marie-Cécile. Merci pour cet article qui sera très utile aux parents ! Cultiver le plaisir de la musique, c’est tout un art !
    En tant que prof de flûte, je précise juste que laisser l’instrument ouvert pour les instruments à vent en métal n’est pas une option : l’instrument s’oxyde s’il est laissé à l’air libre (surtout s’il n’est pas nettoyé à chaque fois), et ça n’est vraiment pas bon car on tue la mécanique du biniou à petit feu ! En revanche, il est possible de laisser le pupitre bien visible dans la pièce où l’enfant pratique son instrument. Encourager l’enfant à prendre soin d’une façon particulière de son instrument, ça peut passer aussi par le fait par exemple de donner un nom à l’instrument, de lui trouver une place spéciale, de réfléchir à son transport pendant les vacances (quand c’est possible, évidemment)…
    Encore merci pour ces conseils et vive la musique !

  • Marie-Cécile

    Reply Reply 6 janvier 2017

    Merci beaucoup Céline pour ces précisions sur les instruments à vent en métal !! Ce sont des instruments que je ne connais pas, et je me demandais justement en écrivant ces lignes s’il n’y avait pas de restriction pour certains. Donc tu réponds à mon interrogation, c’est parfait.
    Et je n’avais pas pensé au fait de donner un nom à l’instrument. C’est une super idée pour les enfants ! Alors que j’ai moi-même appelé mon violoncelle « Gaston » à l’âge de 16 ans, mais je n’avais pas pris conscience que ça avait pu créer une relation particulière. Et maintenant que j’y réfléchis, je me me dis que si ! Merci.

  • Magali

    Reply Reply 6 janvier 2017

    Merci Céline pour ce superbe article !!

    J’ai retrouvé dans tes conseils beaucoup des astuces mises en place par mes parents avec intelligence et courage… car il en faut pour supporter un apprenti flûtiste qui vous casse les oreilles tous les soirs à la maison après une longue journée de travail 😉

    Apprendre la musique classique ? Jouer d’un instrument ? Au 1er abord, cela peut sembler décalé dans un monde qui a tellement changé, où tout va vite, où savoir utiliser un ordinateur pourrait sembler plus « utile » que de manier un archet.

    Et pourtant ! Pourtant, la musique classique, au-delà de l’amour d’un instrument, transmet des attitudes clés pour s’épanouir et réussir dans le monde qui attend nos enfants :

    1. Aimer apprendre : apprendre à jouer d’un instrument, c’est rater, jouer faux, se tromper encore et encore, et continuer jusqu’à constater joyeusement ses progrès mois après mois

    2. Communiquer avec les autres : de la plus belle des manières, par le langage des émotions, qui passe au-delà de la barrière de la langue

    3. Coopérer avec les autres : en jouant ensemble, en découvrant qu’il y a bien plus de plaisir à jouer ensemble, même imparfaitement, qu’à devenir un brillant instrumentiste seul dans son coin

    Je te souhaite une merveilleuse année 2017 avec vos apprentis-musiciens !
    Magali.

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