10 conseils pour prévenir les troubles de la fluence dés le plus jeune âge

Elodie Duverger est orthophoniste depuis 2008 et reçoit de nombreuses familles pour une guidance parentale liée au bégaiement. Elle souhaite au travers de cet article, permettre à tous les lecteurs du blog les-super-parents.com de prévenir les troubles de fluence de leur enfant et/ou de savoir comment éviter l’installation de ces troubles dans le temps.

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10 conseils pour prévenir les troubles de la fluence dès le plus jeune âge

Les troubles de la fluence, principalement le bégaiement et le bredouillement, sont caractérisés par des répétitions de sons ou de syllabes, un débit très rapide et/ou des syllabes avalées/tronquées. Ils peuvent apparaître dès l’apparition du langage. Ces éléments peuvent s’accompagner d’une fuite du regard ou encore de colères liées aux frustrations de ne pas se faire comprendre. Sachez que des conseils simples peuvent diminuer ou faire disparaître le bégaiement ou le bredouillement de votre enfant :

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Privilégiez le fond plutôt que la forme lorsqu’il s’exprime

Tout d’abord, votre enfant doit se sentir en réussite dans sa communication le plus souvent possible. Le bégaiement est un trouble de la communication et non de la parole, votre enfant ne bégaiera jamais seul dans sa chambre. Ce trouble se manifeste donc toujours en interaction avec l’autre. Plus votre enfant a le sentiment de réussir à se faire comprendre, plus il prend confiance en sa communication et diminue ses blocages. Donnez donc plus d’importance à ce qu’il dit et non à la façon dont il le dit en évitant de le reprendre sur son articulation (les troubles d’articulation sont secondaires par rapport au bégaiement). Valorisez la communication de votre enfant, à la fois verbale et non verbale.

Réduisez votre débit de parole et faites des pauses autant que possible

Veillez à baisser le débit de parole à la maison. Votre enfant imite la façon dont vous vous exprimez. En réduisant volontairement votre débit de parole, vous permettez à votre enfant de communiquer avec davantage de calme et douceur. Vous pouvez offrir à votre enfant également des moments privilégiés comme la lecture d’une histoire le soir ou toute autre activité reposante en adoptant une parole posée et en lui permettant de faire des commentaires.

Acceptez d’être moins exigeants sur la politesse ou pendant les repas

Faites preuve de flexibilité pendant au moins 6 mois. Faites baisser la pression autant que possible en étant moins exigeants sur la politesse, l’habillage ou encore les repas. Je rencontre énormément de parents d’enfants petits mangeurs et les repas sont bien souvent source de conflits. Essayez de désamorcer les situations autant que possible afin d’éviter que votre enfant n’arrive aux pleurs. Déterminez à l’avance avec lui la quantité d’aliments dans son assiette et faites une sorte de contrat avec lui afin que les repas redeviennent des moments de plaisir partagé.

Veillez à équilibrer les temps de parole

Faites respecter les tours de parole à la maison. Demandez aux frères et sœurs de ne plus lui couper la parole ou de ne plus répondre à sa place et équilibrez les temps de parole entre vos différents enfants. Vous pouvez prendre un temps avec l’aîné(e) ou les aîné(e)s afin d’expliquer que c’est important de permettre au petit frère ou à la petite sœur de prendre confiance dans sa parole et dans le fait que les autres l’écoutent parler aussi.

Offrez à votre enfant un rythme de vie moins soutenu

Evitez les sources de trop grandes excitations et/ou de trop grandes fatigues. En effet, cela majore les troubles de la fluence. Baissez le rythme de vos week-end si besoin et veillez à ce que votre enfant n’accumule pas trop de fatigue. Des moments de calme sont ressourçant pour toute la famille et permettent à votre enfant de « faire baisser la pression », tant sur le plan physique que sur le plan mental.

Dites « je » au lieu de « tu » lorsqu’il butte sur les mots

Privilégiez le « je » à la place du « tu ». En effet, faites l’expérience de dire « je t’écoute, j’ai le temps » plutôt que « ralentis, calme toi ». Si votre enfant bégaie, il est déjà en train de fournir un effort important pour essayer de parler. En lui disant « tu », vous lui demandez un effort supplémentaire tandis que si vous vous mettez à sa hauteur, le regardez dans les yeux en disant « je », cela lui permettra de rester en interaction et voir que vous prenez le temps de l’écouter. Vous pouvez également poser un geste tendre sur l’épaule par exemple pour le rassurer et lui donner confiance.

Libérez-vous de la pression temporelle

Diminuez toutes les sources de pression temporelle. Les troubles de la fluence sont directement liées au temps, au sentiment de ne pas avoir le temps de dire ce que l’on veut dire. Les paroles du type « vite, vite, on va être en retard » en particulier le matin, placent l’enfant dans un certain stress dès le début de la journée. Essayez de réorganiser le planning du matin afin d’éviter de formuler ce type de phrases. Parfois, il suffit de lever l’enfant quelques minutes plus tôt ou d’équilibrer l’organisation matinale entre les 2 parents pour que l’ambiance s’en ressente de façon significative.

Valorisez toutes ses réussites

Plus vous montrerez à votre enfant qu’il est capable et que vous êtes fier(e) de lui et plus vous développerez sa confiance en lui. Valorisez chaque petite réussite avec enthousiasme, encouragez le à prendre confiance en ses capacités. Cela lui permettra d’oser prendre la parole plus facilement et s’affirmer tant à la maison qu’en dehors.

Parlez avec lui de sa parole sans tabou

Laissez la possibilité à votre enfant de vous parler de ses blocages. Parlez lui du bégaiement librement sans dramatiser, pour lui permettre de vous donner son ressenti s’il le souhaite. Expliquez à votre enfant que cela arrive à d’autres enfants (parlez lui de votre expérience si vous avez vous-même bégayé) et qu’il peut vous en parler lorsqu’il le désire.

Donnez ces conseils à toutes les personnes qui le gardent

Transmettez tous ces conseils aux personnes qui gardent votre enfant qui présente des troubles de la fluence afin que tout le monde réagisse de façon appropriée et cohérente.

 

3 enfants sur 4 arrêtent de bégayer avant l’âge de 5/6 ans grâce à ces conseils simples. Expérimentez les par vous-même et consultez un orthophoniste si les troubles de la fluence de votre enfant persistent. En effet, chaque famille a une histoire et un fonctionnement propre et rien ne peut remplacer une vraie consultation en cabinet. Enfin, transmettez autour de vous ces conseils si vous côtoyez des familles qui s’inquiètent devant le bégaiement ou bredouillement de leur enfant.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rendre sur : www.begaiement.org

 

Merci Élodie pour ces précieux conseils. Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les partager en laissant un commentaire ci-dessous !

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