10 bonnes raisons de dire non à la péridurale

Saviez-vous que le taux de péridurale en France figure parmi les plus élevés du monde ? Presque 8 femmes sur 10 accouchent sous péridurale ! Mais au fait, pourquoi les femmes ont recours à la péridurale ? Si facilement accessible, elle réduirait nos douleurs sans effets indésirables. Qui pourrait vouloir dire non ?

Et pourtant… La péridurale, comme tous les traitements médicaux chimiques, possède ses risques iatrogéniques. Et malheureusement, les jeunes mamans ne sont pas bien informées sur ces risques. Ni sur ses alternatives.

Peau à peau avec bébéNous vous invitons à découvrir le texte de Sonia, maman de trois garçons, doula et coach en périnatalité sur son blog naissancedouce.fr. Dans son quotidien elle fréquente régulièrement des jeunes mamans qui ont l’impression que leur accouchement leur a été “volé”. Ces femmes n’étaient pas assez impliquées dans les choix des interventions qu’elles ont subies.

Son intention est de divulguer à tous les parents qui se préparent à un accouchement les informations essentielles afin qu’ils puissent faire des choix éclairés et élaborer leur propre projet de naissance.

Elle nous présente ici 10 inconvénients de la péridurale que vous devez absolument connaître :

1) Le dosage est souvent inadapté

Il est très difficile de doser correctement l’analgésique. La bonne dose est celle qui réduit les douleurs sans pour autant faire perdre les sensations de l’accouchement. L’effet de la péridurale varie beaucoup d’une femme à l’autre. Au même dosage, une femme ressentira encore de la douleur alors qu’une autre perdra toutes ses sensations. Il est donc important de s’assurer que le dosage corresponde à sa physiologie et non pas à des standards, sans quoi la péridurale pourrait ne pas produire l’effet escompté.

2) L’accouchement dure deux heures de plus

Que diriez-vous de deux heures de prolongation ? D’après cette étude américaine, les femmes qui accouchent sous péridurale mettent deux heures de plus pour donner naissance à leur bébé que celles qui ne reçoivent pas cette anesthésie. Un allongement qui serait notamment dû à l’engourdissement provoqué par la péridurale et qui empêcherait les femmes de bien se mouvoir et d’accompagner efficacement les vagues (aussi appelées contractions). Et ce n’est pas tout : Le risque de complications augmente avec la longueur du travail d’accouchement.

3) La mobilité de la mère est réduite

Vous savez certainement que plus la maman bouge pendant l’accouchement, plus elle aide son bébé à passer le canal étroit de la naissance. Or la péridurale l’empêche de se mouvoir librement. Selon le dosage, elle ne sent plus ses jambes et reste donc couchée ou assise. Certes, elle ressent moins la douleur mais pour son corps et pour son bébé, le voyage devient très éprouvant.

4) Le bébé manque d’oxygène

La péridurale provoque une hausse de la température corporelle de la mère… et de son bébé. En effet, le fœtus garde toujours une température d’environ un degré au-dessus de celle de sa mère. Avec l’augmentation de sa température, le bébé a aussi besoin de plus d’oxygène. Le manque d’oxygène ainsi provoqué peut ralentir son rythme cardiaque. Une perturbation qui se corrige généralement avec des médicaments, qui eux-mêmes provoquent d’autres effets non désirés sur le bébé.

5) La poussée n’est plus instinctive

Au moment venu l’envie instinctive de pousser est diminuée voire supprimée par la péridurale. L’équipe médicale incite donc la mère à pousser ; mais comment pousser correctement quand on ne sent plus rien ? Le mauvais accompagnement des contractions d’expulsion par le manque de sensations chez la mère amène bien souvent l’équipe médicale à faire une incision du périnée, une épisiotomie voire extraire le bébé affaibli par ventouse.

6) Le bébé perd ses forces

Nous avons vu que la maman perd ses fonctions instinctives comme la poussée au moment de la sortie du bébé. Le bébé lui, perd aussi sa capacité de s’expulser naturellement du corps de sa mère. Il lui manque le pic de noradrénaline sécrété normalement par sa mère. La sécrétion de cette hormone étant inhibée par la péridurale. C’est elle qui donne normalement au bébé la force finale pour naître et être en forme pour sa première rencontre avec sa maman.

7) L’impact sur l’attachement mère/enfant

Il serait faux de dire qu’une mère sous péridurale n’a pas la capacité d’aimer son enfant. Ce n’est pas le cas. Néanmoins, la péridurale diminue fortement la sécrétion des hormones, comme l’ocytocine qui favorise l’attachement. Une étude réalisée sur les brebis en révèle bien ses conséquences. Lorsque les brebis primipares accouchent sous péridurale, elles abandonnent leurs petits à la naissance dans plus de 80% des cas. Un bon exemple pour illustrer à quel point la péridurale perturbe les fonctions naturelles.

8) L’allaitement est en danger

Les substances contenues dans les analgésiques peuvent provoquer une somnolence chez le bébé. À sa naissance, celui-ci est donc moins vigoureux pour téter. Les mères qui accouchent sous péridurale ont donc plus de risques d’avoir des difficultés d’allaiter. Elles sont aussi deux fois plus nombreuses que les autres à arrêter de donner le sein dans les six premiers mois, nous relate cette étude. C’est extrêmement dommage quand on connaît l’importance du lait maternel pour le bébé.

9) La péridurale provoque d’autres douleurs

Certes, la péridurale peut être d’un grand soulagement sur le moment. Néanmoins, la position couchée pendant la péridurale peut causer un tassement de vertèbres qui a pour conséquence des douleurs résiduelles. Celles-ci peuvent rester encore des mois après l’intervention. Il y a aussi les maux de tête classiques dont les mères se plaignent si souvent après avoir reçu la péridurale.

10) Trop de péridurales non choisies

D’après une étude de l’INSERM, un quart des femmes refusent la péridurale avant l’accouchement. La moitié d’entre elles y ont finalement tout de même recours. Mais après coup, en sont-elles vraiment satisfaites ?… Pour 56 % d’entre elles, elles en sont insatisfaites. Ces chiffres révèlent l’importance de la préparation d’un projet de naissance. Il est par ailleurs intéressant d’observer que la douleur ne semble pas rendre les femmes insatisfaites : 97% des femmes qui ne voulaient pas et qui n’ont pas reçu la péridurale sont satisfaites de leur accouchement nous révèle l’enquête CIANE.

Il convient de considérer la péridurale comme une bouée de sauvetage et l’utiliser que dans des cas d’urgence, ce qui n’est absolument pas le cas dans la plupart des hôpitaux français où elle est proposée systématiquement à toute parturiente. Pourtant, il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives à la péridurale, des possibilités d’apaiser la douleur naturellement, comme les massages, l’eau, l’autohypnose, l’homéopathie, l’acupuncture, la sophrologie, etc. Mais avant tout, il est important de comprendre que derrière la demande d’une péridurale se cache bien souvent une peur et l’énorme besoin d’être rassurée. Il suffit parfois d’un mot, d’une caresse, d’un regard pour retrouver courage et confiance.

Devenons conscients et prenons responsabilité de notre accouchement comme nous le faisons avec l’éducation de nos enfants. Faisons en sorte que la parentalité bienveillante commence au tout début de la vie !

Retrouvez Sonia sur son site : http://www.naissancedouce.fr/

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7 Comments

  • Bonjour,

    Je pense en effet qu’il est important que chaque femme puisse choisir si elle souhaite bénéficier d’une péridurale ou non et que ce choix soit respecté. Si la future maman décide de ne pas y avoir recours, elle doit pouvoir être préparée et accompagnée pour cela (tout en gardant la possibilité de changer d’avis).

    Mais…
    Pour ma part, je ne savais pas si je souhaitais avoir une péridurale pour mon accouchement. J’avais vu un film à la maternité (encore plus anxiogène que l’article sur les effets et risques de la péridurale mais oui, je sais bien qu’il faut être informés…). Et pourtant… le moment venu, je ne remercierai jamais assez la science de m’avoir permis de bénéficier de la péridurale… Pour ma part, elle a été parfaitement dosée, en tout cas, comme je le souhaitais. Je n’aurais pas pu me lever je pense mais de toute façon, avant, je ne pouvais déjà pas me lever ni bouger sinon, la douleur m’aurait fait vomir. Peut-être que mon accouchement a duré plus longtemps, je ne le saurai jamais. Mais ce qui est sûr, c’est que même s’il a été rallongé de deux heures, je préférais attendre deux heures de plus (je n’étais plus à deux heures près il faut dire…) mais au calme… Pour ma part, je pense avoir mieux réussi à aider ma fille à naître et à l’accueillir en étant calme que si j’avais dû endurer ce que j’endurais depuis des heures… Et pourtant, j’avais eu une super préparation à l’accouchement avec de la sophrologie, mon mari était très présent et m’aidait à me concentrer pour gérer cette douleur qui pour moi a été insoutenable. La sage-femme était très rassurante aussi… Pour ce qui est de la « peur de l’accouchement », c’est en effet tellement complexe… Notre accouchement nous fait revivre tellement de choses… Ma fille était plus que désirée et son arrivée un bonheur indescriptible. Et pourtant, pour moi, ça a été très très très long… J’ai bien réfléchi à tout ça, j’avais travaillé dessus et pourtant… le jour de l’accouchement, et bien moi, j’ai eu besoin de la péridurale…

    En France, on en fait sûrement un peu « trop » dans le domaine médical… mais combien de femmes dans le monde n’ont pas la chance de pouvoir se poser la question de la péridurale ou non…

    Encore une fois, cela n’engage que moi car j’ai plusieurs amies qui ont accouché sans péridurale, par choix ou non, et qui en ont été contentes. J’en suis bien consciente et c’est tant mieux! J’aimerais que chaque femme puisse choisir tout en ayant à l’esprit qu’il n’y a pas de « bon choix », qu’on est pas une moins bonne ou meilleure mère parce qu’on a fait tel ou tel choix…

    • Sonia

      Reply Reply 28 mars 2017

      Bonjour Emeline,

      merci de partager ton expérience ! Comme tu le dis, il est important que toute femme puisse choisir en toute connaissance de cause et quelques fois, comme pour ton accouchement, la péridurale peut être la meilleure solution. Merci aussi d’avoir souligné qu’il n’y a pas de « bon choix », chaque femme, chaque bébé et chaque accouchement étant différent, l’important est de trouver sa propre voie !

      Finalement, la seule chose importante est d’avoir toutes les clés en main pour choisir librement et en conscience.

      Sonia

      • Ce qui me dérange beaucoup dans cet article (et aussi dans la réponse à mon commentaire…), c’est qu’il est le contraire de quelque chose qui permettrait de choisir librement justement… Il est fortement anxiogène et le titre (avec la photo qui déjà est anxiogène si l’on n’aime pas les piqûres et qui n’a aucune valeur informative): « 10 bonnes raisons de dire non… » sous entend que la péridurale n’est pas une bonne chose. Si l’article avait vraiment été écrit pour aider les femmes, les avantages de la péridurale auraient été détaillés. Et il y en a… plein (cf le commentaire du médecin au dessus).

  • Véronique

    Reply Reply 5 avril 2017

    J’ai lu très attentivement cet article. Il est vrai c’est clair que certains des points sont justes. Mais je trouve que cet article est culpabilisant pour les mamans qui n’ont pas eu le choix.

    Pour ma part, cela devait être un accouchement zen, en maison de naissance. L’accouchement rêvé en quelque sorte. J’ai perdu les eaux dans la nuit de samedi à dimanche, juste après minuit. Les contractions ont débutées le dimanche matin. J’ai vécu deux nuits sans sommeil, car la première nuit, j’ai perdu les eaux et nous avons dû aller en maison de naissance faire les examens pour ensuite revenir à la maison donc ma nuit a été fichue, puis l’excitation de la naissance (c’est mon premier et je l’ai attendu 12 ans !!!), la deuxième nuit j’ai eu des contractions toute la nuit. La sage-femme a fait son maximum, moi aussi j’ai essayé de tenir le coup un maximum pour accoucher en maison de naissance. Mais le lundi à midi, j’ai bien dû accepter que les choses n’allaient pas se dérouler comme je l’avais rêvé … j’étais exténuée, je tremblais, je n’avais pas mangé depuis des heures et ne pouvais rien avaler et surtout j’avais les frissons et je ne supportais plus que l’on m’approche, mes poils s’hérissaient et je tremblais. J’ai accepté que l’on m’amène à l’hôpital. Et on m’a demandé si je souhaitais une péridurale, tellement à bout et en souffrance, je n’arrivais plus à réfléchir et à tenir le coup, j’ai accepté. Cela m’a immédiatement soulagé… Cela m’a fait beaucoup de bien .. j’ai enfin pu respirer, me reposer.

    Il est vrai que j’ai perdu des sensations, que j’étais guidée par les sages-femmes afin de savoir lorsqu’il fallait pousser mais j’ai quand même accouché par voie basse alors que tout me prédisposait à avoir une césarienne.

    J’ai allaité, je suis très attachée à mon enfant, je n’ai pas eu d’autres douleurs, je me suis remise de mon accouchement super rapidement. J’accouchais le lundi soir à 20h15 et le mardi midi je quittais l’hôpital.

    Lire que le bébé perdait ses forces, que l’on lui a fait du mal, que je l’ai « empoisonné » en l’allaitant, etc, je trouve très dur et culpabilisant et difficile à lire et à accepter. Car j’ai fait mon maximum !!!! Je regrette beaucoup de ne pas avoir pu vivre l’accouchement de mes rêves, mais mon enfant est en bonne santé, moi aussi et je crois que c’est le plus important.

    • Sonia

      Reply Reply 15 avril 2017

      Bonjour Véronique,

      merci pour partager ton histoire personnelle et tes ressentis par rapport à l’article.

      Je ne veux surtout pas culpabiliser les femmes comme toi qui ont déjà accouché sous péridurale. De la même manière je ne voudrais pas culpabiliser les femmes qui n’ont pas allaité lorsque j’écris un article en faveur de l’allaitement. Je prends vos remarques pour améliorer ma communication. Encore merci !

  • Elsa

    Reply Reply 7 avril 2017

    Bonjour
    J’ai accouché de mes deux enfants sans péri. Et ça s’est très bien passé ! Oui cet article est orienté et c’est chouette qu’il existe des articles orientés dans les deux sens pour que chacun puisse prendre le temps de le réflexion.
    Pour accoucher sans péri j’ai eu besoin d’avoir mon mari à mes cotés qui avait fait la préparation à l’accouchement avec moi, bonapace et haptonomie. J’ai eu besoin de ses massages entre les contractions, de ses paroles encourageantes, de sa présence active, de ses propositions de positions pour me les rappeler. J’avais été préparée en discutant avec d’autres femmes qui avaient accouché sans péri. Étant donné qu’en France la norme est d’accoucher avec péri il est important de s’être préparé en amont à vivre la souffrance.
    La richesse des échanges vient de la différence de points de vue en toute bienveillance !

    • Sonia

      Reply Reply 15 avril 2017

      Bonjour Elsa,

      merci pour ton expérience différente. Comme toi, je suis contente de différents points de vue au sujet de la péridurale, ceci stimule la reflexion et la recherche pour chacune de trouver sa propre voie !

      Sonia

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